2.8.11

 

[revista-de-prensa-sahara-occidental] Démocratie à la marocaine (Juillet 2011)

 

****PAGE WEB DE LA RASD***
http://www.rasdstate.info/

****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm

S O M M A I R E

1. LA NOUVELLE "CONSTITUTION" DU MAKHZEN

1.1. FRAUDE ET CENSURE DANS LE RÉFERENDUM DU MAKHZEN
- DEMAIN (1-VII-2011): Taroudant : comment les autorités achètent le vote des citoyens
- DEMAIN (1-VII-2011): Un dirigeant de l'USFP (en faveur du « oui ») raconte l'arnaque du vote
- DEMAIN (1-VII-2011): Des Congolais prêts à voter « oui » pour la nouvelle constitution
- DEMAIN (3-VII-2011): « Aswat » et les voix de la censure
- LE SOIR (11-VII-2011): Les ONG contestent la neutralité du scrutin

1.2. MATTONISME (PHYSIQUE ET NUMERIQUE) DU MAKHZEN CONTRE L'OPPOSITION DÉMOCRATIQUE
-YABILADI (18-VII-2011): Manifestations au Maroc : La MAP fait disparaître le 20 février de la carte
- DEMAIN (6-VII-2011): Deuxième attaque contre Demain online en moins d'une semaine
- DEMAIN (1-VII-2011): Le site de Demain online a été attaqué par des « baltajias du net »
- DEMAIN (7-VII-2011): Le Makhzen débordé par ses voyous à Casablanca
- DEMAIN (6-VII-2011): Abdelhamid Amine : Ma sécurité et ma vie sont menacées, prenez vos responsabilités Monsieur le ministre !
- TEL QUEL (No. 483): Marches. Attention les baltajia !

1.3. LA "RÉVOLUTION" DU MAKHZEN ET LA REVOLUTION DU PEUPLE
- LE QUOTIDIEN D'ORAN (27-VII-2011): QUI DOIT DEGAGER… ?
- TEL QUEL (No. 482): La marche du trône
- LAKOME (12-VII-2011): Selon le Think Thank américain Carnegie : «le roi peut toujours décider de tout, s'il le veut»
- YABILADI (22-VI-2011): Jad Siri : Les avancées de la nouvelle constitution marocaine [1è partie]
- YABILADI (23-VII-2011): Jad Siri : Le texte de la constitution ne propose pas un régime politique démocratique [2è partie]
- LE JEUNE INDÉPENDANT (14-VII-2011): A chacun son allégeance
- DEMAIN (12-VII-2011): « Moulay Hicham » : Le référendum aura été un acte de « renouvellement d'allégeance
- DEMAIN (11-VII-2011): Moulay Hicham envoie ses bons baisers de Malaga
- SLATE (13-VII-2011): Le Maroc, une monarchie modèle? Le roi Mohammed VI du Maroc montre l'exemple aux autocrates du Moyen-Orient qui veulent rester au pouvoir.
- SLATE (20-VI-2011): Les réformes en trompe-l'œil de Mohammed VI
- SLATE (27-V-2011): Maroc, la tentation sécuritaire
- SLATE (11-III-2011): Discours royal: le diable se cache dans les détails
- SLATE (3-III-2011): Maroc: la quadrature du trône
- RFI (11-VII-2011): Au Maroc, nouvelles manifestations à Rabat et Casablanca
- AFRI SCOOP (10-VII-2011): Le mouvement du 20 février après le référendum
- DEMAIN (7-VII-2011): Tanger prépare une grande marche nationale le 17 juillet
- LAKOM (30-VII-2011): Occasion manquée, PAR Aboubaker Jamai
- LAKOM (29-VII-2011): La monarchie marocaine cherche à imposer une Constitution absolutiste, PAR Ahmed Benchemssi
- LAKOM (28-VII-2011): Constitution de 2011 : ignorance du peuple et de sa souveraineté
- EL WATAN/DEMAIN (30-VII-2011): République statique et monarchie en mouvement
- DEMAIN (13-VII-2011): Taib Fassi Fihri ne sait pas encore ce que veut le mouvement du 20 février

1.4. LA NATURE TÉOCRATIQUE ET DESPOTIQUE DU MAKHZEN
-DEMAIN (19-VII-2011): A Tétouan, des manifestants ont scandé « Sahib al jalala, houa allah taâla »
-DEMAIN (19-VII-2011): La nouvelle constitution octroyée va-t-elle mettre fin à la prosternation perpétuelle ?
- TEL QUEL (No. 483): Soufisme et Doustour

1.5. <RÉGIONALISATION AVANCÉ>: COMÉDIE DU MAKHZEN
- MAP (26-VII-2011): <Régionalisation avancée>: le Maroc consacre son propre modèle de démocratie participative

2. DROITS HUMAINS-FARCE TRAGIQUE DU MAKHZEN
- SPS/PANORAMAROC/EL PAIS (27-VII-2011): "Ils m'ont frappée à coups de pieds jusqu'à ce que je perde connaissance ", Ilham Hassouni, 21 ans
- DEMAIN (19-VII-2011): Khalid Nacri fidèle à la mémoire de Driss Basri
- TEL QUEL (No. 482): Rapport. L'AMDH accuse
- LE SOIR (13-VII-2011): L'AMDH tire la sonnette d'alarme
- SPS (12-VII-2011): Droits de l'homme : le Maroc n'a pas de volonté politique pour appliquer ses engagements (rapport ONG)
- DEMAIN (13-VII-2011): Pour Driss El Yazami, le Maroc « avance » avec ses « avancées»
- LIBERTÉ (23-VII-2011): à cause d'une caricature de Dilem. "Courrier international" interdit au Maroc
- TEL QUEL (No. 483): Le censeur s'entête
- COURRIER INTERNATIONALE (9-VII-209): Mohammed VI, un roi en or massif

3. LE "PARADIS" PROMIS PAR LE MAKHZEN AUX SAHRAOUIS
- DEMAIN (6-VII-2011): Bienvenue au Maroc !

4. UN CRIME AUX ALENTOURS DU MAKHZEN
- YABILADI (26-VII-2011): Meurtre du garde du corps de Mohammed VI : L'un des agresseurs serait un ancien du Palais
- DEMAIN (13-VII-2011): Qui a tué le garde du corps de Mohamed VI ?
-YABILADI (13-VII-2011): Maroc : Un garde du corps de Mohammed VI victime d'une agression mortelle
-YABILADI (18-VII-2011): Agression du garde du corps de Mohammed VI : Le second suspect aurait fréquenté l'armée
- TEL QUEL (No. 483): Assassinat. Mais qui a donc tué Saïdi ?
- ASSABAH (17-VII-2011): La BNPJ s'invite dans l'enquête sur l'assassinat de l'officier de sécurité du roi

5. ÉTUDES SUR LES TYRANS
- LE NOUVEL OBSERVATEUR (27-VII-2011): L'enquête de l'Obs. Mohammed VI, l'intouchable ?
- SLATE (10-II-2011): Mohammed VI passé au détecteur de dictateurs
- SLATE (2-IV-2011): In bed with Hassan II

6. MAROC-NARCO ÉTAT
- AFP (13-VII-2011): Cinq tonnes de cannabis saisies à la frontière marocaine

7. CORRUPTION DU MAKHZEN
- LE QUOTIDIEN D'ORAN (27-VII-2011): Lettre d'un cadre marocain marginalisé au roi Mohamed VI: Vous protégez «des escrocs et des malfrats !»

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SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL/EN FRANCÉS Y EN ESPAÑOL:
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SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
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SAHARA-INFO ARABE [ARCHIVE]
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1. LA NOUVELLE "CONSTITUTION" DU MAKHZEN

1.1. FRAUDE ET CENSURE DANS LE RÉFERENDUM DU MAKHZEN
http://www.demainonline.com/2011/07/01/taroudant-comment-le-makhzen-achete-le-vote-des-citoyens/

Taroudant : comment les autorités achètent le vote des citoyens

C'est une vidéo instructive. Un vidéaste amateur de Taroudant filme et enregistre les témoignages de deux « manifestantes » anti-mouvement du 20 février et votantes pour le « oui » lors du referendum constitutionnel. Cette vidéo démontre les autorités marocaines profitent de la détresse des Marocains les plus démunis, les deux femmes déclarent être « malades » pour les pousser à manifester contre le mouvement du 20 février et à « bien » voter lors du referendum constitutionnel.
Le tout pour des bricoles comme témoignent ces deux femmes, qui ne savent même pas de quoi il s'agit. Témoignages accablants.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Vq1gv4qtah4

Demain

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http://www.demainonline.com/2011/07/01/un-dirigeant-de-lusfp-en-faveur-du-oui-raconte-larnaque-du-vote/

Un dirigeant de l'USFP (en faveur du « oui ») raconte l'arnaque du vote

Rabat.- Ali Bouabid, le fils d'Abderrahim Bouabid l'un des fondateurs de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), est allé voter aujourd'hui. Ali Bouabid est membre du bureau politique de l'USFP, un parti acquis corps et âme au « oui » à la nouvelle constitution. Lui même défendait aujourd'hui dans les pages du Figaro le « oui » à la constitution.
Voici son témoignage paru dans Facebook, et qui corrobore d'autres dans tout le Maroc, quant à une grande manipulation des bureaux de vote par l'Etat marocain pour « pousser » le oui vers le haut du taux de participation.
« Je viens de voter. Je remets ma carte d'électeur. Je demande si on doit vérifier mon identité. On me dit « on ne fait pas ça ». On trouve mon nom sur les listes. On met une croix en face de mon nom. je vote. Je demande si je dois signer on me dit non. Je dis : mais vous pouvez mettre autant de croix à la place des personnes qui ne sont pas venues voter puisqu'aucune signature n'est requise ! Amer. »
Y a-t-il encore des doutes quant à la validité et à l'honnêteté de ce scrutin sans contrôles ?

B.S.

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http://www.demainonline.com/2011/07/01/des-congolais-prets-a-voter-oui-pour-la-nouvelle-constitution/

Des Congolais prêts à voter « oui » pour la nouvelle constitution

Rabat.- Va-t-on assister au vote des étrangers pour faire pencher la balance de la participation ? Pour le moment, ce n'est pas le cas, mais une information, parue aujourd'hui dans le quotidien espagnol El Pais et signée par son envoyé spécial au Maroc, est assez amusante en ce jour sérieux.
« A Takaddoum, un quartier populaire, il y a eu même des sans papiers subsahariens, de ceux qui restent bloqués au Maroc faute de pouvoir émigrer en Espagne, qui criaient en faveur de la constitution. `Notre roi est un seul roi', scandaient-ils en chœur regroupés derrière une pancarte célébrant l'amitié entre le Congo et le Maroc », écrit l'envoyé spécial de ce quotidien, en se demandant en conclusion : « Qu'est-ce qu'ils ont reçu en échange ? ».

A.G.

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http://www.demainonline.com/2011/07/03/«-aswat-»-et-les-voix-de-la-censure/

« Aswat » et les voix de la censure

Casablanca.- Aswat, la radio du « plaisir de vivre ensemble », n'aime pas qu'on débatte « ensemble ». Jeudi dernier, après avoir invité le journaliste Aboubakr Jamaï à débattre dans une émission en direct, de17h à 19h, la chaîne a subitement changé d'avis et a demandé à Jamaï de rester chez lui.
Cette fois-ci, contrairement à ce qui s'était passé quelques jours plus tôt avec Luxe Radio, Aswat n'a pas mis en avant des problèmes « techniques » pour désinviter ce journaliste contraire à la nouvelle constitution. Elle l'a purement et simplement censuré.
C'est fou ce pays. On met beaucoup d'efforts pour vendre les théories démocratiques qui garniraient l'esprit de la nouvelle loi fondamentale du Maroc, mais quand il s'agit de pratique, on fait appel aux vieilles méthodes de l'ancienne constitution.
En définitif, ce pauvres Aboubakr Jamaï, et sûrement le reste de la dissidence pacifique au Maroc, n'auront pas le Luxe de faire entendre leurs Aswat (Voix) dans ce royaume heureux.

Thami Afailal

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http://www.lesoir-echos.com/2011/07/11/les-ong-contestent-la-neutralite-du-scrutin/

Les ONG contestent la neutralité du scrutin

Maroc | Leïla Hallaoui | 11 juillet 2011 à 13 h 15 min |

Le Collectif associatif pour l'observation des élections vient de rendre son rapport préliminaire sur le référendum. Les ONG estiment que la sincérité du scrutin a été compromise.

Il n'est pas encore définitif, mais ses premières conclusions jettent un lourd discrédit sur le processus du référendum. Le rapport préliminaire du Collectif associatif pour l'observation des élections (CAOE) a porté sur la campagne électorale, le déroulement du scrutin et le dépouillement. Cette mission a été confiée à envion 300 observateurs répartis sur près de 1 000 bureaux de vote dans différentes régions.

Le rapport arrive à la conclusion que les autorités publiques n'ont pas adopté une attitude de neutralité tout au long du processus référendaire.

Résultat : plusieurs défaillances relevées à chaque stade de l'opération remettant en question la transparence de tout le processus.

La contrainte du «&#8201;Oui&#8201;»

Il semble, d'après le CAOE, appuyé dans ce travail par le Collectif démocratie et modernité et par le Forum des alternatives Maroc, que les irrégularités ont émergé dès le début. Le CAOE estime que malgré la position des pouvoirs publics du respect de la pluralité politique et du droit de s'exprimer dans les médias publics et privés des tenants du boycott du référendum, cet «&#8201;accès a été inégal, sinon inéquitable et tendancieux privilégiant l'accès aux tenants du OUI par rapport aux points de vue adverses&#8201;». Et de préciser que le point de vue du boycott a été limité à l'expression de sa position «conformément à la loi électorale» sans qu'il soit libre d'appeler au boycott. Le Collectif souligne aussi une «&#8201; forte mobilisation en faveur du Oui dans les médias publics et privés ainsi que dans la presse écrite et les espaces publics, contre toute norme légale, avec un appui manifeste des autorités publiques censées garder une neutralité&#8201;». Pire, le CAOE affirme que cette mobilisation a été accompagnée d'usage de violence, d'insultes, de diffamation et de menaces à l'encontre des tenants du boycott et du non.

Défaillances

Dans les bureaux de vote, cette fois-ci, aucun incident n'est à à signaler, mais le déroulement n'a pas été non plus neutre à 100%. Et pour cause, les observateurs CAOE font état de difficultés d'accès aux personnes handicapées, d'absence totale des partis politiques et des syndicats censés veiller sur le bon déroulement du scrutin. Plus grave encore, le rapport souligne des défaillances au niveau de la vérification de l'identité et indique que l'on a parfois voté sans carte d'électeur ou de carte d'identité et, dans certains cas une personne a voté à la place des membres de sa famille créant le phénomène du «&#8201;vote collectif&#8201;».
L'électeur a été contraint de voter «&#8201;Oui&#8201;», pour le CAOE qui affirme avoir remarqué l'utilisation de transports publics pour amener des électeurs aux bureaux de vote ou encore le sol de ces derniers jonché de bulletins du NON «&#8201;ce qui constitue une manière d'influencer les électeurs&#8201;». Isoloirs non réglementaires ou vote hors isoloir auquel s'ajoute la fermeture de certains bureaux de vote au-delà ou avant l'heure réglementaire et l'usage non systématique des marques d'encre figurent aussi sur la liste des irrégularités.

Non- respect du code électoral

Sur la phase du dépouillement, le rapport a émis moins de remarques car ses observateurs se sont vu interdire ce droit dans plusieurs bureaux de vote à l'exception d'une centaine. Dans ceux-ci, le CAOE relève le non-respect de l'article 124 du code électoral qui stipule que le président désigne des électeurs parmi les votants présents pour contribuer au dépouillement. A cela, les observateurs ajoutent que certains PV sont signés à blanc et que les enveloppes contenant les décomptes de voix n'ont pas été scellées. «&#8201;Il nous a été signalé des modifications de PV lors de leur transport vers les centres de regroupement des PV&#8201;», indique le rapport.

Le rapport arrive ainsi à la conclusion que les autorités publiques n'ont pas adopté une attitude de neutralité tout au long du processus référendaire. En résulte, pour le CAOE, une défaillance grave au niveau de l'application de la règle de droit et par conséquent l'impunité des auteurs des délits électoraux et des délits de violence et de menaces à l'encontre des citoyens pour infléchir leur choix de vote. Les observateurs estiment que les autorités publiques ont adopté «&#8201;une attitude de complaisance vis-à-vis des pratiques illégales tout au long du processus (affichages non réglementaires, présence d'agents d'autorité dans les bureaux de vote, pressions sur les électeurs…)&#8201;». Dans ces pratiques, affirment les observateurs, nombre de fonctionnaires et agents relevant de ladite administration s'y sont impliqués et à différents stades en faveur du Oui.

Leïla Hallaoui

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1.2. MATTONISME (PHYSIQUE ET NUMERIQUE) DU MAKHZEN CONTRE L'OPPOSITION DÉMOCRATIQUE
http://www.yabiladi.com/articles/details/6215/manifestations-maroc-fait-disparaitre-fevrier.html

Manifestations au Maroc : La MAP fait disparaître le 20 février de la carte
[Date de publication] 18.07.2011 | 18h31

Rim Battal

Une erreur qui serait en passe de devenir la règle ? La semaine dernière, l'agence Maghreb Arabe Presse (MAP), couvrant les manifestations à travers le Maroc du 10 juillet, a attribué le nombre de manifestants du 20 février à Casablanca aux manifestants anti-20 février. Cette semaine, l'agence parle de manifestations, mais mentionne seulement celles du « mouvement du 9 mars » qui célèbrent la nouvelle constitution. Le mouvement du 20 février a disparu, alors qu'il était bien présent dans les rues...

Dimanche 17juillet

La MAP, très active ce dimanche 17 juillet, a couvert presque en direct les manifestations à travers le pays. Une première dépêche mentionnant 70 000 manifestants au niveau national, une seconde 95 000, une troisième 160 000 : la MAP faisait écho aux évènements qui ont secoué les villes du royaume ce dimanche. Sauf que le mouvement du 20 février a cessé d'exister pour les journalistes de la MAP et sa ligne éditoriale, même si le mouvement a manifesté dans plusieurs villes marocaines.

Les chiffres

Après avoir suivi les manifestations à travers plusieurs villes du Maroc, la MAP publiait à 22h que selon un « décompte définitif établi par des sources locales », le nombre de manifestants s'élève à 160 000, le plus grand nombre étant sorti à Casablanca avec 20 000 personnes, suivi de Rabat (15 000 personnes) et de Tanger (12 000). Selon cette même agence, un Mouvement dit du « 9 Mars » a investi les artères des villes principales, avec les adeptes de la Tariqa Boutchichya, pour exprimer leur joie suite à l'adoption à 98,5% du nouveau texte constitutionnel.

Une joie visiblement grande, mais elle n'était pas partagée par tous les manifestants qui étaient dans les rues dimanche. La mobilisation critique au régime était une nouvelle fois importante dimanche, mais cette information ne figure cependant dans aucune des dépêches de la MAP. Sur de nombreuses photos et vidéos qui circulent sur le web, les banderoles déployées dénoncent plutôt la corruption, l'injustice sociale, le chômage et les manifestants scandent « Vive le peuple ». Un détail ? Le Mouvement du 20 février revendique 30 000 participants à Casablanca, 15 000 à Rabat également et 12 000 à Tanger.

A Rabat, pro-constitution et jeunes du 20 se sont d'ailleurs rencontrés, séparés seulement par des cordons de policiers. Si les premiers ont levé un cercueil recouvert d'un drapeau noir du 20 février, les jeunes du 20 levaient le drapeau marocain pour y répondre, informe l'agence de presse EFE.

La MAP dans le déni du 20 février

Comment expliquer que la MAP n'ait pas eu l'information sur les marches du 20 février ? Contacté par Yabiladi, un journaliste de la MAP a refusé de révéler jusqu'à la nature des « sources locales » qui ont établi le « décompte définitif » des manifestants en faveur de la constitution. Une autre journaliste de la MAP nous informe que ces chiffres sont établis à partir d'une moyenne des chiffres fournis par les autorités ainsi que les organisateurs, puisqu'en « tant que journalistes, on doit recouper l'information ». Mais qui organise ces marches festives pour l'adoption de la nouvelle constitution ? La journaliste n'a pas su y répondre. « Au niveau de la centrale (sise à Rabat), on ne fait que rassembler l'information, c'est les bureaux régionaux qui sont sur le terrain » justifie-t-elle. Des bureaux régionaux qui n'avaient d'yeux que pour une partie des manifestants ?

Après les « quelques centaines » de manifestants dont parlait la MAP le 20 février 2011 (alors qu'il s'agissait de dizaines de milliers), la MAP avait entamé un traitement plus nuancé des manifestations des jeunes du 20 février. Ce temps semble révolu. Aujourd'hui, l'agence de presse officielle ignore le Mouvement du 20 février.

Ce dimanche, tu manifesteras !

Dans cette vidéo, qui circule sur le web depuis hier,
http://www.youtube.com/watch?v=GyfNuyWmjqQ&feature=player_embedded

Dans cette vidéo, qui circule sur le web depuis hier, réalisée par un journaliste de Hespress, on voit des imams et fqihs aigris, attendant devant des bus. Dépêchés de plusieurs villes du sud marocain à bord de 50 bus (selon un intervenant dans la vidéo), ces imams ne mâchent pas leurs mots : « on nous a menti, on nous a dit qu'on allait réciter du coran sur la tombe de feu Mohamed V en présence de sa majesté le roi Mohamed VI. Une fois ici, on nous dit qu'il faut manifester » annonce l'un d'eux. Un autre poursuit « J'ai soixante ans moi, et je n'y connais rien aux manifestations, je n'ai rien à voir là dedans ».

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http://www.demainonline.com/2011/07/06/deuxieme-attaque-contre-demain-online/

Deuxième attaque contre Demain online en moins d'une semaine

Rabat.- Bis repetita. Des « Baltajias du net » ont attaqué pour la deuxième fois en moins d'une semaine le site de Demain. Le Security administrator du site d'hébergement nous a signalé que la deuxième attaque a été plus forte que la première. Et comme il n'y a jamais deux sans trois, on s'attend d'un instant à un autre à une troisième attaque.

Nous ne savions pas que nous étions aussi importants pour qu'on se lance ainsi contre nous. Surtout que « grâce » à la nouvelle constitution octroyée dorénavant nous vivons théoriquement dans un « Etat de droit » où toutes les opinions ont droit de cité. Non ?

En fait, nous ne sommes pas dupes. Nous savons que la grande bataille pour la liberté d'expression qui ouvre la porte à toutes les autres libertés ne fait que commencer. Ceux qui lancent ce genre d'agressions savent qu'une presse libre a la capacité de démontrer qu'une constitution qu'on présente comme novatrice n'a aucune valeur si les mentalités n'évoluent pas.

Par exemple, un point de détail, si les généraux Hamidou Laânigri et Hosni Benslimane, ainsi que la patron de la DST, Abdellatif Hammouchi, une panoplie de hors-la-loi dont le passé tortionnaire n'est plus à démontrer, restent en place après la période estivale ce texte constitutionnel sera sans aucune valeur.

Demain ne change pas d'un iota sa ligne éditoriale ni sa manière de voir le Maroc. Et ce en dépit de ces agressions cybernétiques répétées. Elle maintient le cap, et advienne que pourra.

Demain

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http://www.demainonline.com/2011/07/01/le-site-de-demain-online-a-ete-attaque-par-des-baltajias-du-net/

Le site de Demain online a été attaqué par des « baltajias du net »

Le site de Demain online a été victime hier d'une attaque de grande envergure. Des « baltajias du net » dûment payés par « qui de droit », s'en sont pris à ce site et par conséquent au serveur qui nous héberge aux Etats-Unis. Ce dernier a été obligé de bloquer pendant quelques heures l'accès à Demain online afin de préserver la « santé » de tout le système.
Avec l'estimable, généreuse et désintéressée aide fournie par plusieurs amis anonymes, nous avons pu rétablir rapidement la situation.
Voilà l'esprit du régime de l'ancienne et nouvelle constitution. Ça ne me plaît pas ce que tu écris, je te harcèle, je t'espionne, je te diffame, je te colle des procès, je te condamne, je t`envoie en prison, je t'interdis d'écrire et maintenant j'attaque ton site sur Internet. Silence !
Certes, nous ne sommes pas des enfants de chœur, mais nous ne sommes pas non plus des malfaisants. La différence entre nous et le régime de Mohamed VI, qui nomme un outrancier diffamateur à la tête de l'agence officielle de presse, c'est que nous ça ne nous viendra jamais à l'idée d'attaquer « physiquement » un média, écrit, audiovisuel ou électronique, parce que ses idées et opinions ne nous plaisent pas.
Chacun est libre de dire et d'écrire ce que bon lui chante. Et même les insultes et accusations en tout genre des mercenaires de la plume ou du micro entrent par une oreille et ressortent par une autre. Cela n'a aucune incidence sur notre travail d'information.
En fait, nous sommes comme ces virus qui à force d'antibiotiques deviennent plus résistants, plus imperméables aux assauts auxquels ils sont soumis constamment. En résumé, plus on nous tape sur la gueule, plus on devient résistant. « Ce qui ne te tue pas, te rend plus fort« , dit un proverbe européen.
Il y aura sûrement d'autres attaques de ces rustres du cyberespace, mais comme nous ne faisons pas dans le commerce et que nous ne sommes donc soumis à aucune autre obligation que la littérature que nous fournissons à nos lecteurs, nous pouvons résister aux assauts du cybermakhzen.
Ils attaquent notre navire, nous réparons les dégâts, ils le coulent nous construisons un autre.
Ainsi va la vie amis lecteurs.

Demain

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http://www.demainonline.com/2011/07/07/le-makhzen-deborde-par-ses-voyous-a-casablanca/

Le Makhzen débordé par ses voyous à Casablanca

Casablanca.- Les activistes du Mouvement du 20 février à Casablanca l'ont échappé belle la nuit dernière. Alors qu'ils tenaient leur assemblée générale au siège du Parti socialiste unifié (PSU) de Casablanca, un groupe de « Baltagias de Sidna », des voyous recrutés par la DST pour casser le mouvement, les ont violemment attaqués.

Armés d'armes blanches de toutes sortes, ces auxiliaires temporaires du Makhzen ont essayé de pénétrer de force dans le siège du PSU, et faute d'y avoir réussi, se sont adonnés allègrement au saccage des portes et fenêtres du local où étaient réunis les jeunes.

La police, qui n'était pas loin selon un témoin, n'a pas réagi.

Cette action, parfaitement coordonnée et qui bénéficie de complicités dans l'appareil sécuritaire de l'Etat, puisque les forces de l'ordre étaient absentes, risque d'un jour à l'autre de déraper et de terminer très mal. C'est ce que pensent plusieurs politiciens marocains qui ne sont pourtant pas anti-régime.

Le ministre de l'intérieur, Taieb Cherqaoui, aurait diligenté une enquête, mais gageons que comme pour les agressions contre les journalistes Niny, Sakhir et El Hattach, les fins limiers de la PJ n'arriveront pas à identifier les coupables.

Driss Basri est mort, mais ses successeurs le surpassent. Au moins le défunt homme fort du régime de Hassan II ne se cachait pas derrière des voyous pour casser du dissident. Il le faisait faire par sa police, en uniforme ou en civil.

Badr Soundouss

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http://www.demainonline.com/2011/07/06/abdelhamid-amine-ma-securite-et-ma-vie-sont-menacees-prenez-vos-responsabilites-monsieur-le-ministre/

Abdelhamid Amine : Ma sécurité et ma vie sont menacées, prenez vos responsabilités Monsieur le ministre !

Abdelhamid Amine, vice-président de l'AMDH (Association marocaine des droits humains) et coordinateur adjoint du CNAM20 (Conseil national d'appui au Mouvement du 20 Février) a envoyé une lettre au ministre de l'intérieur, Taieb Cherqaoui, après les menaces de mort et les harcèlements auxquels il est soumis depuis un certain temps.

La semaine dernière, il a été violemment pris à partie dans la rue par des « Baltagias ». Ces agressions verbales et physiques de personnes vraisemblablement liées à une police politique, la DST pour ne pas la nommer, tendent à se multiplier. Voici la lettre qu'il a envoyé au ministre de l'intérieur

Rabat, le 1er juillet 2011
Monsieur Le Ministre de l'Intérieur
&#1600;&#1600; Maroc &#1600;&#1600;

Je vous écris en votre qualité de Ministre de l'Intérieur du gouvernement marocain, responsable de la sécurité des citoyennes et citoyens, pour vous informer de ce que j'ai subi – avec d'autres citoyennes et citoyens – comme humiliations, insultes, harcèlements, menaces et violences de la part de personnes – connues sous le nom de « baltagis » – instrumentalisées par des services sécuritaires pour s'attaquer au mouvement du 20 février.
J'ai opté pour que cette lettre soit ouverte, afin de mettre à témoin l'opinion publique sur l'irresponsabilité de ceux qui jouent avec le feu en recourant aux services de ces groupes de « baltagis » pour contrer violemment le mouvement du 20 février avec ses jeunes et leurs appuis ; ces groupes ont été dotés de drapeaux nationaux (dont les bâtons leur servent également de matraques), de photos du roi, et de moyens logistiques énormes (vehicules de transport, hauts parleurs puissants, banderoles de haute qualité, de tracts,…) ; ils bénéficient également del'immunité makhzénienne, puisqu'on n'a jamais entendu que l'un des leurs a été poursuivi ou arrêté suite à ses actes criminels ; ces groupes de « baltagis » sont devenus pratiquement des forces auxiliaires – non officielles – des appareils sécuritaires dont émanent les directives et les ordres et qui leur assurent appui et immunité. Les forces de l'ordre peuvent ainsi sous-traiter une partie de leur boulot répressif à ces « baltagis » et garder le beau rôle d'arbitre s'interposant entre les deux clans. Cela ressemble à une tactique fine, mais en réalité elle est bien grossière ; car seuls les imbéciles peuvent s'y tromper.
On a donc permis à ces « baltagis » qui brandissent les drapeaux marocains et les photos du roi de traiter les militantes et militants du 20 février – dont ma modeste personne – de traitres, de vendus, d'ennemis du roi, d'athées, de mangeurs du Ramadan, de prostituées, d'homosexuels,…
j'ai décidé également d'envoyer une copie de cette lettre au cabinet royal, au premier ministre et au ministre de la justice pour que toutes les parties concernées et responsables – y compris le roi, chef de l'état marocain – soient au courant des plans machiavéliques qui se trament contre le peuple marocain et ses forces démocratiques et vives &#1600;&#1600; en premier lieu le mouvement du 20 février et le mouvement de défense des droits humains &#1600;&#1600; l'instrument étant les groupes de « baltagis » utilisés aujourd'hui comme escadrons de la terreur et pouvant se muer demain en escadrons de la mort !!
En ce qui me concerne personnellement, j'ai été une cible de choix des « baltagis » :

Cela a commencé le 18 mars 2011 quand un groupe de « baltagis », au nombre de 37, sont venus manifester devant le siège central de l'AMDH à Rabat ; ils ont abreuvé et ma personne, et l'AMDH d'insultes au vu et au su de tous et de toutes, y compris des membre des services de police qui étaient présents ; une vidéo sur cet événement est disponible.
Cette manifestation a eu lieu deux jours après ma participation au programme de la 2ème chaine 2M en arabe (« Moubacharatane Maakoum » = « En direct avec vous ») en date du 16 mars 2011 ; les « baltagis » m'en voulaient parce que lors de mon intervention, j'ai critiqué certains archaïsmes du protocole royal consistant à baiser la main ou l'épaule du roi et à se courber devant lui, estimant que ces pratiques moyenâgeuses sont une atteinte à la dignité humaine.
Le dimanche 24 avril, lors du démarrage de la grande marche organisée par le mouvement du 20 février au quartier Yaacoub El Mansour à Rabat, un groupe de « baltagis » – dont faisaient partie certains parmi ceux qui avaient pris part à la manifestation du 18 mars devant l'AMDH – se sont mis à m'insulter et à me menacer ; ils ont tenté de m'agresser mais certains policiers se sont interposés ; et surtout ils en ont été dissuadés par leurs protecteurs tirant les ficelles derrière le rideau.
Le 1er Mai, lors des marches organisées par les différentes centrales syndicales, alors que j'observais leur déroulement, un groupe de « baltagis », qui défilaient avec une des centrales gouvernementales, sont sortis des rangs, m'ont insulté, menacé et tenté de m'agresser ; mais des policiers qui suivaient leurs mouvements sont intervenus pour les replacer dans les rangs.
Lors de la manifestation organisée par le mouvement du 20 février, le dimanche 26 juin à Rabat, les « baltagis » étaient présents avec force, la directive et l'objectif étant de faire échouer notre manifestation par tous les moyens ; les forces de l'ordre leur ont permis de se déplacer comme ils voulaient avec leurs moyens logistiques tout le long de Bab El Had et de l'Avenue Mohamed V. Par contre les manifestants et manifestantes du 20 février ont été encerclés de toute part par les forces de l'ordre sans aucune possibilité de bouger ; les « baltagis » – protégés de la police – ont pu se déplacer librement et bénéficier de hauts parleurs puissants déversant sur le mouvement du 20 février leurs insultes ordurières, brandissant une grande banderole avec 9 portraits et noms de leurs ennemis de choix dont moi-même et Khadija RYADI, présidente de l'AMDH.
De Nouveau un groupe de « baltagis » s'est dirigé vers moi pour m'insulter, me rappelant leur forfaiture contre Khadija RYADI – insultée et agressée, lors de la manifestation du 19 juin au quartier Takaddoum – et en me menaçant du pire, m'annonçant « qu'ils m'ont réservé ma part ».
Le jeudi 30 juin – la veille du référendum sur le projet de constitution amendée – a connu le couronnement des agressions des « baltagis » contre le mouvement du 20 février et contre ma personne en particulier.
Le groupe des « baltagis », plus nombreux que d'habitude, étaient vraiment enragés ; ils portaient un cercueil symbolisant le mouvement du 20 février et des photos de militants de ce mouvement dont encore une fois Khadija Ryadi et moi-même ; l'AMDH est désormais visée directement et constitue une cible de choix.
- La première agression physique contre moi fut perpétrée par les « baltagis » sous le regard bien veillant des forces de l'ordre censées constituer une barrière entre les « baltagis » et les manifestants du 20 février. Alors que j'étais en train de faire une déclaration filmée à l'agence de presse Reuter concernant la position de l'AMDH sur le projet de constitution, j'ai été brutalisé et tout simplement empêché physiquement de terminer ma déclaration. Des preuves concrètes de cet évènement existent.
- Durant la manifestation du 30 juin, les forces de l'ordre étaient de toute évidence en connivence avec l'escadron des « baltagis ». Tout a été programmé pour une agression punitive contre les militantes et militants du 20 février ; notre manifestation, pourtant pacifique et responsable, était encerclée de toute part : personne ne pouvait en sortir et aucun ne pouvait y accéder, alors que les groupes de « baltagis » se déplaçaient en toute liberté, à pied et dans les véhicules, à Bab El Had et dans les boulevards avoisinants.
- La manifestation du mouvement du 20 février était programmée pour durer 90 minutes à partir de 17h30 ; à 19h les jeunes du mouvement ont annoncé par haut-parleur la fin de la manifestation ; les manifestants étaient pressés de partir – surtout qu'un grand nombre d'entre eux voulaient participer à un meeting organisé par les opposants au projet de constitution à partir de 19h dans une salle au quartier Yaacoub El Manssour. Mais à notre grande surprise, les forces de l'ordre ont rompu tout dialogue avec nous et ont maintenu leur encerclement total des participantes et participants à la manifestation du 20 février sans aucune justification apparente. Notre statut a changé : on est rentré visiblement dans une situation de séquestration qui a duré une heure au moins ; cela a permis aux groupes de « baltagis » de se redéployer pour venir derrière les cordons de police nous encercler de toute part à leur tour ; mais alors que les cordons de police étaient infranchissables pour nous, les « baltagis » pouvaient les traverser facilement, venir jusqu'à nous pour nous provoquer, insulter et nous harceler ; les forces de l'ordre qui auraient dû disperser et éloigner les agresseurs « baltagis » et nous permettre de partir sans heurts ont persisté à observer leur neutralité douteuse et à faire la sourde oreille à nos protestations tout en exécutant leur plan infernal.
- A un certain moment, vers 20h les policiers ont décidé l'ouverture d'un petit passage pour nous permettre de partir par petits groupes ; j'ai décidé donc de partir avec 3 ou 4 autres personnes ; soudain je me suis trouvé encerclé par un groupe de « baltagis » dont le nombre allait en grandissant ; ils étaient furieux :ils m'insultaient, me traitant de traitre et de vendu , me crachaient sur le visage, me tiraient par les habits, ils voulaient m'obliger à scander « vivre le roi » ; à un moment et sous les yeux de la police ils m'ont brutalisé, m'ont donné des coups de pieds ; ils ont déversé sur moi un liquide qu'ils avaient dans une bouteille.
Certains policiers ont voulu me faire entrer dans une de leurs estafettes pour soit disant « me protéger » ; j'ai refusé en criant : « je préfère la mort plutôt que de participer à votre cirque ; comment pouvez-vous prétendre vouloir me protéger alors que vous avez tout tramé pour en arriver là ? Si ma protection vous intéresse, commencez par chasser ces criminels qui m'ont agressé devant vous ; et dans tous les cas soyez prêts à témoigner en toute honnêteté de ce que vous avez vu et entendu ».
- au même moment, un autre groupe de « baltagis » était en train d'agresser les partisans du 20 février qui s'apprêtaient à partir ; c'est ainsi que les deux militantes Nidal Salam Hamdache, membre du bureau central et Amina Bridaa membre de la commission administrative de l'AMDH ont été frappées sur la nuque (les agresseurs ayant utilisé des matraques électriques) et ont été transférées par ambulance aux urgences de l'Hôpital Avicenne. Plus grave encore, un groupe de « baltagis » a poussé l'arrogance jusqu'à pourchasser leurs deux victimes au sein même des urgences ; un des « baltagis », canif à la main, a entrepris d'agresser la jeune Nidal à l'intérieur des urgences ; il a fallu l'intervention vigoureuse d'un de ses accompagnateurs pour chasser l'intrus et éviter le pire.
Malgré tout cela, le groupe des « baltagis » est resté planté à côté des urgences jusqu'à l'arrivée des policiers qui leur ont demandé de partir sans interrogatoire, poursuite judiciaire ou arrestation de qui que ce soit parmi eux. Jugez vous-même ce genre de passivité et de tolérance !!
N'est-il pas paradoxal que tout cela arrive la veille du référendum sur le projet de constitution amendée, garnie de nombreuses dispositions sur le respect des droits humains, mais qui en même temps, il est vrai, consacre les valeurs de despotisme et de négation de la volonté populaire ?.
Cette ambiance malsaine, à côté de la persistance de la détention politique (notamment les détenus du mouvement du 20 février dont nos trois camarades de la section de Bouarfa), de la violence exercée contre les manifestations pacifiques, du déni de vérité sur les martyrs du mouvement du 20 février, du monopole des média publiques par le pouvoir avec comme corollaire l'étouffement de la voix de l'AMDH, tout cela est révélateur du caractère non démocratique du projet de constitution soumis à référendum et n'augure rien de prometteur pour un Maroc démocratique.
Monsieur le Ministre

Nous nous sommes rencontrés à diverses occasions dans le passé en ma qualité de président de l'AMDH et dernièrement en tant que vice-président.
Vous connaissez sans doute mon identité et mon parcours militants. Je rappelle toutefois que je suis un militant progressiste œuvrant dans les domaines syndical, des droits humains, politique et autre.
J'adhère sans réserve au combat pour la démocratie, les droits humains et les droits des travailleurs et à l'action de masse ouverte et au grand jour visant à mettre fin à l'ère du makhzen et pour l'émergence de l'ère de la démocratie et des droits humains nécessitant forcément l'édification de l'état de droit et de la société de dignité et de citoyenneté auxquels aspire notre peuple.
Dans ce cadre, personne n'a le droit de faire de la surenchère et de dénigrer ma volonté de servir les intérêts supérieurs de mon pays et de son peuple.
A cause de cela j'ai dû à l'époque de Hassan II, et suite à des accusations fallacieuses, subir la détention arbitraire durant plus de 12 années ; j'ai également fait l'objet de violences policières et d'arrestations – pour de courtes périodes heureusement – à l'époque de Mohammed VI pour mes activités syndicales et de défense des droits humains.
De ce fait, je me suis retrouvé tout naturellement du côté du mouvement du 20 février dès son émergence et j'ai œuvré dans le cadre de l'AMDH à son appui.
Voilà pourquoi les « baltagis », en tant que forces auxiliaires – non officielles – de la police et auxquels on a donné pour mission de combattre les militants du 20 février, n'ont cessé de me pourchasser et de m'agresser physiquement et moralement.
Monsieur le Ministre, me basant sur les données évoquées ci –dessus, et vu les menaces que je continue à recevoir, j'estime que ma sécurité personnelle et mon intégrité physique sont en danger et que ma vie même est menacée ; je considère de ce fait que vous assumez en tant que ministère de l'intérieur, gouvernement et pouvoir la responsabilité de ce qui pourra être tramé contre moi dans l'avenir.
Je termine en criant : assez de jouer avec le feu et respectez vos engagements dans le domaine des droits humains.

Veuillez agréer Monsieur le Ministre l'expression de mes sentiments sincères.
Abdelhamid AMINE

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http://www.telquel-online.com/483/lessentiel_483.shtml

Marches. Attention les baltajia !

Les affrontements entre les militants et les opposants du Mouvement du 20 février prennent des proportions inquiétantes. Les manifestations du dimanche 17 juillet ont d'ailleurs failli mal tourner. "Des centaines de malfrats et de repris de justice, instrumentalisés par les autorités, ont agressé les manifestants au quartier Sidi Othmane à Casablanca", rapporte Hamza Mahfoud, membre de la coordination casablancaise du mouvement. Allégations mensongères ? Pas sûr. Dans des vidéos postées sur Internet, des individus affirment à visage découvert avoir reçu de l'argent des autorités locales pour contrer les manifestations. A Rabat, le ministère des Habous et des Affaires islamiques est allé encore plus loin, en mobilisant des fqihs et des imams, qu'il a transférés à Rabat à bord d'autocars spécialement affrétés. "On nous a dit que nous étions sollicités pour participer à une veillée religieuse au Mausolée Mohammed V, avant de nous retrouver au milieu de la marche", a notamment expliqué l'un des imams sur une vidéo diffusée sur Internet.

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1.3. LA "RÉVOLUTION" DU MAKHZEN ET LA REVOLUTION DU PEUPLE
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5156086&archive_date=2011-07-27

QUI DOIT DEGAGER… ?

par M.Saadoune

Une élection ou un référendum à score soviétique, en dépit des applaudissements des amis occidentaux, n'a pas un réel souci de crédibilité. Son message, unique et sans équivoque, est de signifier aux opposants une obligation de se taire, de courber l'échine et de s'aligner sur le Makhzen.

Personne ne se fait vraiment d'illusion sur le sens de la moubaya'a du 1er juillet dernier au Maroc et qui n'avait rien à envier aux élections organisées par le défunt ministre de l'Intérieur Driss Basri. Le régime marocain s'est offert un score tellement excessif que le souci de crédibilité est passé au second plan.

Le vrai message du système, qui n'a pas hésité à «mobiliser» des baltaguis à cet effet, en direction des jeunes qui veulent le changement est sans équivoque : «dégagez !». C'est une riposte conservatrice et réactionnaire qui cherche à contraindre des jeunes en rupture avec la très médiévale allégeance, à tradition de soumission, au silence forcé.

Tout aussi clairement, chaque fin de semaine, en organisant ses manifestations, le Mouvement des jeunes du 20 février au Maroc montre de son côté qu'il n'est pas près de renoncer.

Dimanche, des milliers de manifestants se sont à nouveau exprimés contre la «corruption et le despotisme». Après des campagnes de presse hostiles et un référendum destiné à les bâillonner, les jeunes du 20 février font preuve d'une endurance remarquable dans leur lutte – difficile en monarchie absolutiste – pour le changement et la démocratie. Ceux qui, au Maroc, tablaient sur un reflux de la contestation populaire ou sur l'efficacité de l'intimidation, doivent réviser leurs pronostics.

Même s'ils ne bouleversent pas encore la donne, ces jeunes Marocains s'inscrivent dans le présent et le futur et maintiennent ouverts des débats que l'establishment partisan traditionnel n'ose jamais aborder. C'est le signe que ces jeunes sont portés par une aspiration réelle pour débloquer une situation figée et qui ne peut se satisfaire du saupoudrage constitutionnel auquel s'est livré le régime marocain.

«Gouvernant, Moukhabarate, Sa Majesté le peuple s'adresse à vous !». Le slogan, iconoclaste et un tantinet subversif des jeunes du Mouvement du 20 février, inverse totalement la problématique. Il est clairement inséré dans la tendance actuelle des jeunes dans le monde arabe à se rebeller contre un ordre obsolète, dont la préservation devient coûteuse pour les peuples. Il reste que le chemin au Maroc, comme dans d'autres pays, vers une réelle modernisation sociale et politique est encore long et parsemé d'obstacles.

Le statu quo n'intéresse pas seulement les tenants du pouvoir au Maroc, il est à l'évidence le choix des puissants sponsors occidentaux qui, malgré un discours hypocrite de soutien aux «révolutions arabes», voient avec inquiétude les régimes vassaux trembler sur leurs bases.

Les commentaires laudateurs sur les résultats du référendum sont l'expression la plus directe du double langage et des intentions réelles des Occidentaux. Les révolutions populaires dans le monde arabe ne se sont pas faites contre l'Occident. Mais en soutenant des régimes discrédités et inefficients, l'Europe et les Etats-Unis alimentent concrètement les frustrations populaires. Les jeunes Marocains estiment que, compte tenu des réalités socioéconomiques et de la démographie, c'est une option à courte vue. Ont-ils tort ?

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http://www.telquel-online.com/482/lessentiel_482.shtml

La marche du trône

La coordination de Rabat du Mouvement du 20 février a décidé d'organiser une nouvelle marche à Rabat le 31 juillet, soit le lendemain de la fête du trône qui marquera cette année le douzième anniversaire de l'intronisation de Mohammed VI. "C'est une pure coïncidence, affirme Najib Chaouki, militant du Mouvement du 20 février. Nous avons pris l'habitude de manifester le dernier dimanche de chaque mois. Il ne faut y voir aucune forme de provocation", conclut-il.

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http://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/533-un-think-thank-americain-lle-roi-peut-toujours-decider-tout-sil-le-veutr.html

Selon le Think Thank américain Carnegie : «le roi peut toujours décider de tout, s'il le veut»

Mardi, 12 Juillet 2011 09:19 lakome.com

Le Think thank américain Carnegie Endowment for International Peace (CEIP) jette un regard, sans concessions, sur les évolutions politiques au Maroc. Synthèse.

«La nouvelle constitution peut apporter de grands changements, seulement si les Marocains continuent de mettre la pression sur le roi», écrit Marina Ottaway, spécialiste de la région MENA et auteur de plusieurs études sur la région. Avant d'ajouter : «L'histoire des réformes au Maroc démontre l'importance de la pression, en témoigne la première vague de changements survenus à la veille du décès du roi Hassan II. À cette époque le roi défunt subissait beaucoup de pressions pour effectuer des changements».

Selon la chercheuse américaine, le roi Mohammed VI poursuivait sur le chemin de son père. Sauf que le rythme du changement était lent car «le roi était en confiance et en position de force». Le printemps arabe et le début des manifestations au Maroc mènent le roi à reprendre le train des réformes.

«Une constitution octroyée»

La réponse de Mohammed VI à la rue sera la préparation d'une nouvelle constitution. «À l'instar des précédentes, ce texte est octroyé et la commission qui l'a écrite a été nommé par le roi», constate la spécialiste de Carnegie.

Pour M. Ottaway ce texte «maintient le volet sécuritaire, religieux et les choix stratégiques des politiques publiques pour le roi. Ce dernier reste l'arbitre final. Avec ces prérogatives, le roi peut toujours décider tout, s'il le veut». Cette spécialiste des évolutions politiques de la région énumère les freins à l'action du roi comme l'obligation de nommer le chef de gouvernement parmi le parti majoritaire dans les élections et l'élargissement du champ d'action du parlement en matière de législation, reste que selon elle «la constitution n'a pas limité de façon claire le pouvoir du roi».

Une victoire royale à courte durée ?

«Le roi a, peut-être, réussi à répondre au mouvement de protestation. Cette victoire est-elle de courte durée, dans le cadre d'une longue bataille ? Ou bien sommes-nous dans un tournant et vers la première monarchie constitutionnelle du monde arabe ?», se demande M. Ottaway. La réponse à cette question dépendra de trois facteurs. Primo, du comportement du roi lors des prochains mois. Deuxio, de la volonté des partis politiques de profiter de la nouvelle constitution. Tertio, des capacités du mouvement de protestations de continuer à mobiliser dans la rue, sachant que le mouvement marocain n'a pu mobiliser autant qu'en Tunisie ou en Egypte.

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http://www.yabiladi.com/articles/details/5916/siri-avancees-nouvelle-constitution-marocaine.html

Jad Siri : Les avancées de la nouvelle constitution marocaine [1è partie]

22.06.2011 | 15h45

Jad Siri, juriste; www.marocconstitution.com

Le juriste marocain Jad Siri a analysé en détail la nouvelle constitution, soumise à référendum le 1er juillet prochain.

En premier lieu, il présente les avancées du texte, surtout en matière de reconnaissance de droits de l'Homme, qu'il nuance toutefois. L'égalité homme-femme changera-t-elle la donne en matière d'héritage au Maroc ?

Une seconde partie, qui sera publiée jeudi, expliquera les limites du projet de constitution. Les avancées en matière de régime démocratique restent timides.

Dans les révoltes, révolutions et mouvements sociaux qui ont cours dans les pays arabes depuis le début de l'année, les Marocains vont être les premiers à se prononcer sur une nouvelle constitution. En effet, la commission ad hoc composée discrétionnairement par le roi, à l'issue de son discours du 9 mars dernier, a rendu son projet de révision de la constitution après qu'il ait été validé par le roi. Ce dernier a par ailleurs annoncé dans son discours du 17 juin que ce projet sera soumis à referendum le 1er juillet, soit tout juste 2 semaines après avoir été rendu public. Il a appelé les Marocains à voter favorablement au texte proposé et a invité les partis politiques à s'engager pour appeler à voter pour ce projet.

La plupart des responsables politiques marocains, répétant les mots du roi, qualifient ce projet d'« historique » et présentant des avancées très importantes. Au-delà de ces commentaires, attardons-nous sérieusement sur le contenu du texte.

Des avancées réelles en matière d'énonciation des droits de l'Homme

Le texte consacre plus de vingt articles à la question. Les principales avancées portent d'abord sur l'interdiction tacite de la peine de mort puisque le texte consacre le « droit à la vie » comme étant « le premier droit de tout être humain » et que « la loi protège ce droit », et la prohibition formelle de la torture et des traitements dégradants et portant atteinte à la dignité et les droits fondamentaux en matière d'arrestation et de détention. Dans ce sens, le projet de constitution inclut le droit de connaître les motifs de l'arrestation et de la détention, le droit de recours de chacun, dans le cadre d'un procès, devant la Cour Constitutionnelle pour faire annuler une loi qui « porte atteinte aux droits et libertés garantis par la constitution », les droits de la défense dans le cadre d'un « procès-équitable » qui doit se dérouler dans un « délai raisonnable ». Le texte organise également des institutions et des mécanismes pour promouvoir et veiller au respect des droits de l'Homme en instituant un Conseil National des Droits de l'Homme et un Médiateur.

Si l'énonciation et l'affirmation de ces droits est certainement une avancée importante, il faut cependant rester vigilant quant aux lois qui devront assurer leur mise en œuvre. En effet, la tentation sera certainement grande chez certains de faire en sorte que les lois de mise en œuvre de ces droits prévoient des mécanismes ou des conditions d'exercice de ces droits tels qu'ils ne seront pas effectifs ! Il sera en effet difficile de faire cesser les réflexes autoritaires et arbitraires de la police et du makhzen, de faire cesser les passe-droits dont ils font régulièrement usage, et de leur faire renoncer à la torture, aux arrestations et détentions arbitraires, aux écoutes illégales etc. Comment ceux qui ont été les commanditaires et les auteurs de violences, d'arrestations arbitraires, de délits d'initiés, d'actes de corruptions, qu'ils soient en haut de la pyramide ou en bas de celle-ci, vont, du jour au lendemain, devenir des personnes respectueuses des droits de l'Homme ? La simple énonciation des droits de l'Homme dans la constitution ne permettra pas de garantir à elle seule des comportements vertueux.

L'Amazigh, l'égalité homme-femme, la participation politique : Attention aux nuances

Ce projet de nouvelle constitution apporte par ailleurs trois autres avancées positives. Premièrement, la reconnaissance du berbère comme langue officielle. Il s'agit bien d'une mesure positive, mais qui ne sera pas sans difficultés dans la mise en œuvre. L'obligation de traduire toutes les lois, tous les jugements, l'ensemble des actes administratifs dans cette langue nécessite un investissement conséquent. Des lois en 2 langues comportent aussi le risque de différences d'interprétation d'un même texte.

D'autre part, l'affirmation de l'égalité homme-femme est significative. Pourtant, le discours du roi du 17 juin laisse planer une ambigüité en affirmant que cette égalité se fait « dans le respect des dispositions de la constitution ainsi que des lois inspirées de la religion musulmane ». L'égalité homme-femme butera-t-elle sur la règle religieuse prévoyant qu'en matière de succession, une femme hérite de la moitié de ce qu'hérite un homme ?

Autre avancée : L'ouverture à des mécanismes de démocratie participative. Le projet prévoit le droit des citoyens de faire des propositions de lois, qui peuvent à leur tour être reprises par les partis politiques ou les groupes parlementaires. Un droit de pétition est également inscrit dans le texte.

Des avancées, mais pas seulement... [à suivre]

Le projet de constitution sur lequel les Marocaines et les Marocains se prononceront le 1er juillet prochain, comporte des avancées importantes, qui sont toutefois à nuancer, comme le démontre Jad Siri. La manière dont elles seront mises en oeuvre sera cruciale pour le pays. Si la problématique de la mise en pratique de principes constitutionnels est propre à toutes les constitutions, aussi avantgardistes qu'elles soient, certaines dispositions du texte proposé aux Marocains laissent planer le doute sur l'avenir démocratique du pays. Dans une deuxième partie de son commentaire, Jad Siri reviendra jeudi sur les aspects qu'il juge négatifs dans la nouvelle constitution, et nous livre ses conclusions.

Lire la suite...

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http://www.yabiladi.com/articles/details/5918/siri-texte-constitution-propose-regime.html

Jad Siri : Le texte de la constitution ne propose pas un régime politique démocratique [2è partie]

23.06.2011 | 08h00

Jad Siri, juriste; www.marocconstitution.com

Le référendum approche, et les Marocains doivent s'informer sur le contenu du projet de constitution proposé. Faisant suite à l'analyse des avancées qu'apporte le texte, publiée mercredi, le juriste marocain Jad Siri fait une série de critiques sur les dispositions institutionnelles prévues dans la constitution. Les pouvoirs exécutifs du roi qui restent importants, un gouvernement encore trop faible, un parlement dominé, une justice dont l'indépendance ne semble pas garantie : le régime politique marocain n'est pas prêt à se démocratiser, juge le juriste.

Le progrès certain qu'offre le projet de constitution en matière d'énonciation des droits de l'Homme [voir première partie de la critique de la constitution, ndlr] ne doit pas cacher les insuffisances majeures en matière d'institutions et de fonctionnement politiques démocratiques.

Un roi qui continue de gouverner et de disposer de pouvoirs exécutifs exorbitants

Au terme du projet proposé, le roi règne mais gouverne aussi tout en bénéficiant d'une immunité totale puisque sa personne « est inviolable, et respect Lui est dû ». Ainsi, manifestement, le roi a droit à un respect supérieur à celui dont ont droit les autres Marocains. Certes, auparavant sa personne était en plus « sacrée », faisant de lui un monarque de droit divin !

Le pouvoir du roi s'étend sur le gouvernement : s'il ne dispose plus de la liberté totale de choisir le chef du gouvernement, puisqu'il doit le choisir au sein du parti politique arrivé en tête aux élections législatives, il nomme les ministres qui lui sont proposés par le chef du gouvernement. Cela obligera ce dernier à négocier avec le roi le choix des ministres de son gouvernement, et ce sera particulièrement vrai avec le ministre de la défense, le ministre du culte, le ministre de l'intérieur, de la justice, des affaires étrangères et de l'économie. Cet ascendant du roi sur le gouvernement est d'autant plus réel qu'il peut discrétionnairement révoquer chacun des ministres sans l'accord du chef du gouvernement. Dès lors, une fois nommés, les ministres verront dans le roi leur chef puisque leur maintien en fonction dépendra de ce dernier, étant précisé que le chef du gouvernement ne pourra révoquer ses ministres sans l'accord du roi.

Par ailleurs, le roi dispose du pouvoir exclusif en matière religieuse et en matière militaire puisque non seulement il « est Chef Suprême des Forces Armées Royales » mais en plus il « nomme (seul) aux emplois militaires ». Le pouvoir de nomination du roi s'étend aux autres domaines : sur proposition du chef du gouvernement, il nomme les walis et gouverneurs (préfets), les directeurs d'administrations chargées de la sécurité intérieure (c'est-à-dire la police, les renseignements généraux, le gendarmerie etc.), les ambassadeurs (étant précisé que c'est lui qui signe les traités internationaux et qui accrédite les ambassadeurs), le directeur de la banque centrale mais aussi les « responsables des établissements et entreprises stratégiques ». Ce dernier point vise, concrètement, la caisse des dépôts marocaine puisqu'il s'agit d'un établissement stratégique, sans compter les grandes entreprises marocaines telle que l'OCP, la RAM, ou encore les directeurs des établissements de mise en œuvre de la politique du tourisme puisque ce secteur est, au Maroc, stratégique. Etant donné qu'il préside le conseil des ministres, le roi aura également son mot à dire notamment sur la loi de finance annuelle puisqu'avant d'être soumise au parlement, elle devra être délibérée d'abord en conseil des ministres.

Par ailleurs, en matière de justice, la nomination des magistrats ne peut se faire sans son approbation, il préside le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et dispose, de manière discrétionnaire, du droit de grâce.

En substance, sont de son ressort exclusif ou quasi-exclusif, l'armée, la police, le champ religieux, et les affaires étrangères. Il a par ailleurs la haute main sur la magistrature ainsi qu'un droit de regard certain sur le champ économique ! En revanche, le projet proposé est muet sur la limitation de l'intervention du roi et de la famille royale dans l'économie. Prévoir un encadrement de cet interventionnisme aurait été de bon aloi. Au-delà du gouvernement et de l'administration, le roi va pouvoir également exercer son ascendant sur le parlement par deux leviers : il dispose de la faculté discrétionnaire de dissoudre le parlement et il peut, avant sa promulgation, demander la relecture d'une loi votée par le parlement. Rappelons que les parlementaires ne peuvent émettre une opinion qui « met en cause la forme monarchique de l'Etat, la religion musulmane ou qui constitue une atteinte au respect dû au Roi ».

Un exécutif et un gouvernement encore trop faible

Face à un roi qui demeure puissant, le chef du gouvernement apparait faible et dépendant. Il est dépendant de la confiance que doit lui donner le parlement mais surtout il doit son maintien au Roi, puisque ce dernier peut le révoquer ou révoquer un ou plusieurs ministres individuellement. Le pouvoir de nomination du gouvernement est restreint puisque il dépend, pour de nombreux domaines, du roi ! Par ailleurs, son pouvoir de créer une norme juridique a été restreint car, le champ des questions qui relèvent de la loi a été étendu.

Le conseil de gouvernement, présidé par le chef du gouvernement, est une nouvelle instance qui a une double fonction. D'une part préparer les questions qui relèvent du conseil des ministres, qui est présidé par le roi, et d'autre part, traiter les questions qui relèvent du gouvernement, c'est-à-dire les nominations qui ne relèvent pas du roi, les décrets d'application des lois, et les projets de lois à soumettre au parlement (sous réserve que certains doivent d'abord être validés par le conseil des ministres), décliner en politiques sectorielles la politique général et stratégique définie en conseil des ministres, puis enfin, prendre position sur des questions d'actualité notamment matière de droit de l'Homme. Enfin, si le projet de constitution lui donne le pouvoir de « superviser l'action des entreprises et des établissements publics » il aura du mal à exercer ce pouvoir sur les administrations, établissements et entreprises publics dont les directeurs seront nommés par le roi !

Un parlement dominé

Si le domaine de la loi est étendu, ce qui renforce a priori le rôle du parlement, d'autres dispositions du projet viennent en partie « annuler » cette extension. Bien que concrètement la menace soit rare, il peut être dissout par le roi. Par ailleurs, la souveraineté du peuple qu'il représente pourra constamment être discutée par le roi qui pourra demander la relecture (comprendre la révision) de toute loi votée par lui. De même, il n'est pas maître de son ordre du jour qui lui est imposé par le gouvernement. Certes, il dispose de la faculté de censurer le gouvernement par la voie d'une motion de censure. Enfin, on ne peut que regretter le texte ne prévoit aucun contrôle de la part du parlement sur les nominations du roi ou du gouvernement.

Une justice par vraiment indépendante

Les dispositions relatives à la justice ne permettent pas de dire que celle-ci est véritablement indépendante ! S'il est affirmé que « le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif » et que « est proscrite toute intervention dans les affaires de la justice » et « que dans sa fonction judiciaire, le juge ne saurait recevoir d'injonction ou d'instruction, ni être soumis à une quelconque pression », d'autres dispositions relativisent ces déclarations! En effet, il est clairement indiqué que « les magistrats du parquet (..) doivent se conformer aux instructions écrites émanant de l'autorité hiérarchique », c'est-à-dire, concrètement, du gouvernement et du roi, puisque ce dernier approuve les nominations des magistrats et préside le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire lequel nomme les magistrats, gère « leur avancement, leur mise à la retraite et leur discipline », étant précisé qu'au moins la moitié des membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire devront leur place dans cette instance à leur nomination par le roi. Ainsi, un procureur sera tenu d'ouvrir une information ou de la clore s'il en reçoit l'instruction du gouvernement ou du roi.

Une liberté de pensée, d'expression et de la presse incertaine

Si le projet affirme que l'opposition parlementaire dispose de « la liberté d'opinion, d'expression et de réunion », que « sont garanties les libertés de pensée, d'opinion et d'expression sous toutes ses formes », que « la liberté de la presse ne peut être limitée par aucune forme de censure préalable » et que « tous ont le droit d'exprimer et de diffuser librement et dans les seules limites expressément prévues par la loi, les informations, les idées et les opinions », il n'en demeure pas moins que la loi peut limiter le droit à l'information, qu'il n'est pas possible d'émettre une opinion qui « remet en cause la forme monarchique de l'Etat, la religion musulmane ou qui constitue une atteinte au respect dû au roi » et qu'il conviendra de réformer le code de la presse qui prévoit des peines de prison lourdes concernant des délits de presse mineur. En outre, le texte ne garantit pas la protection des sources des journalistes. Ainsi, cette liberté d'expression et de la presse reste à confirmer ! Peut-on par exemple dire dorénavant, sans craindre la répression, qu'il n'est pas normal que le roi et la monarchie détiennent des sociétés qui interviennent massivement dans l'économie du pays ? Peut-on, sans craindre la répression, dire clairement son désaccord sur les nominations de certaines personnalités par le roi ? Peut-on écrire et dire qu'il faut réviser la constitution pour restreindre les pouvoirs du roi ?

Droits humains dans un régime non-démocratique

Sans nier certaines avancées non négligeables, notamment dans l'exposé des droits de l'Homme, il n'en demeure pas moins que compte tenu des pouvoirs dont il dispose, le roi règne mais gouverne aussi sans avoir à rendre de comptes, ce qui est contradictoire avec une démocratie où, par nature, celui qui dispose du pouvoir doit rendre compte de son pouvoir et doit être soumis à la critique et au contrôle ! On est loin du modèle Espagnol. Le problème que pose donc ce texte est le suivant : est-ce qu'une constitution qui énonce et veut promouvoir les droits de l'Homme (sous réserve qu'ils soient effectivement mis en œuvre) mais qui n'offre pas des institutions et un fonctionnement politique démocratique et qui n'offre pas une garantie absolue des droits de la presse et des médias, est une constitution démocratique ? Peut-on se contenter de ces avancées et remettre à plus tard, on ne sait pas quand, les réformes qui seront nécessaires pour enfin instaurer des institutions démocratiques. Dire non au texte proposé et prévoir l'établissement d'une constituante pour élaborer un nouveau texte d'ici la fin de l'automne est possible. Nous ne sommes pas à trois mois près ! La Tunisie est sur cette voie. Pour conclure définitivement, une dernière interrogation : pourquoi organiser un referendum aussi vite après la publication du projet (15 jours) si ce n'est pour éviter au maximum, tout débat sur le texte proposé ! Le processus démocratique commence mal !

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http://www.jeune-independant.net/pages/commentaire.htm

N'autre vision

A chacun son allégeance


Le référendum aura été en quelque sorte un acte de «renouvellement d'allégeance», disait le prince Moulay Hicham Ben Abdellah El Alaoui, cousin du roi Mohammed VI, mardi dernier à l'université de Malaga. Une interprétation pertinente qui éclaire sur les arrières-goûts d'un référendum constitutionnel aussi apprécié que le chanvre indien au royaume de Shamharouche. Sauf qu'on ne sait pas si le prince charmant incluait ou non dans ses pensées le Sahara occidental lorsqu'il pensait à cette allégeance. On ne sait pas s'il avait à l'esprit le Maroc dans ses frontières internationales telles que définies par le «Machin» ou le Grand Maroc dont les frontières sont aussi floues et aussi élastiques que celles du Grand Israël. Mais qu'importe, puisque les Sahraouis, les véritables propriétaires de la Seguia El Hamra wa Wadi Edhahab, disent que le référendum sur la Constitution du roi ne les concerne pas et qu'ils tiennent plus que jamais, eux, à un référendum d'autodétermination. A écouter le Makhzen, on pourrait croire que les Sahraouis seraient de zélés Marocains, alors que la réalité du terrain dit que la situation reste tendue dans les territoires sahraouis occupés, particulièrement à El Ayoun, qui connaît un déploiement sécuritaire inhabituel, confirmé de source médiatique marocaine. En envoyant de tels renforts, le souci du Makhzen n'était pas de garantir la sérénité de l'opération référendaire. L'objectif était d'empêcher un Gdeim Izik bis, l'acte II du «camp» qui avait donné en novembre dernier le la aux «printemps arabes». Les Sahraouis comptaient cette fois monter leur camp sur le littoral à Foum el Oued, dans la commune de Lamrissa, à 20 km d'El Ayoun. Un renouvellement d'allégeance au Polisario, comme dirait Moulay Hichem. Les véhicules se rendant vers ces lieux sont fouillés, les tentes à bord saisies et le camping interdit en dehors des endroits désignés. Bref, des trucs qui ne figurent pas dans les mesures de confiance de Christopher Ross, alors que la question des droits humains s'impose davantage dans les pourparlers. Que cela ne plaise pas aux «bienfaiteurs» d'en face n'y changera rien comme on le verra au prochain round de discussions informelles entre le Maroc et le Polisario en tant que «représentant unique et légitime du peuple sahraoui».

M. Z.
mohamed_zaaf@yahoo.fr

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http://www.demainonline.com/2011/07/12/moulay-hicham-le-referendum-aura-ete-un-acte-de-%C2%AB-renouvellement-d%E2%80%99allegeance-%C2%BB-www-marocution-com/

« Moulay Hicham » : Le référendum aura été un acte de « renouvellement d'allégeance

Malaga.- Même si les taux semblent disproportionnés, Moulay Hicham a déclaré ne pas être surpris par les résultats du référendum. Il a néanmoins fait remarquer que, loin de rompre avec le passé et d'être « un acte fondateur d'un nouvel ordre citoyen », le référendum aura été en quelque sorte un acte de « renouvellement d'allégeance »
Le Maroc, a-t-il dit, a besoin d'un gouvernement et d'un premier ministre extrêmement forts s'il veut rentabiliser au maximum les nouvelles dispositions constitutionnelles, soulignant que le contexte politique marocain est marqué par ce qu'il a qualifié de « fatigue générale ».
C'était lors du débat qui a suivi la conférence donnée par le cousin de Mohammed VI, mardi 12 juillet au rectorat de l'université de Malaga, dans le cadre de ses cours internationaux d'été.
Le prince Moulay Hicham Ben Abdellah El Alaoui a mis en garde contre l'islam politique, mais aussi contre l'islam d'Etat, rappelant à cet effet la maladresse des prêches du vendredi, précédant le référendum sur la nouvelle constitution marocaine, appelant dans les mosquées les fidèles à voter « oui ».
Le `'réveil'' que connaît le monde arabe pose à nouveau l'éternelle question de la séparation entre les sphères politique et religieuse. On devrait s'inspirer des processus d'introduction de la laïcité en occident, sans en importer le modèle, a-t-il souligné, précisant que plusieurs changements sont en cours dans ce sens, mais que d'ici 10 ou 20 ans, des sujets hautement symboliques, concernant des questions délicates comme les droits des homosexuels, vont se poser.
L'importance donnée aux réseaux sociaux dans l'avènement des mouvements qui secouent le monde arabe, comme celui du 20 février, est exagérée, ces réseaux étant uniquement des instruments qui, à eux seuls, ne peuvent apporter la démocratie, a souligné Moulay Hicham.
Il a fait remarquer que, lorsque les régimes sont fermés, et qu'il n'y a pas de « structure d'intermédiation », ce genre de mouvement pousse dès le départ les mobilisations à l'extrême, vers « la demande du départ du régime ». Par contre, lorsqu'il y a ouverture, à un moment ou à un autre, il faut dialoguer. Ce qui devrait inciter ces mouvements à s'organiser au niveau national, éventuellement avec un directoire. Et le seul appui dont ils ont besoin, c'est l'appui moral, a-t-il déclaré.

C'était la première fois que le prince Moulay Hicham s'exprimait publiquement en Espagne, et surtout les premières déclarations publiques après la célébration du référendum au Maroc.
Dans l'exposé qu'il avait présenté en anglais, celui qu'on appelle le prince rouge a analysé « le printemps arabe », un printemps qui se convertit en été très chaud ! Les cas tunisien et égyptien d'abord, les problèmes libyen, yéménite et syrien, ou encore les situations au Bahreïn, en Jordanie, en Algérie ou encore au Maroc sont analysés minutieusement par le prince-politologue, présenté à l'auditoire comme « le premier membre d'une famille royale arabe qui se prononce ouvertement pour la démocratie ».
La conférence-débat à laquelle Marocution a assisté a été suivie avec beaucoup d'intérêt par des professeurs universitaires, des journalistes et des étudiants, directement ainsi qu'à travers un campus virtuel sur le net.

Marocution
Le prince et le harrag

Alors que le cousin du roi était en train de discuter avec des participants du débat, un jeune « harrag », un marocain sans papier, s'est approché de lui. « Pensez-vous rentrer un jour au Maroc ?« , lui demanda-t-il. « Non, pas pour le moment« , répondit le prince.
« Zut alors ! Si un prince alaouite ne veut pas rentrer au Maroc, c'est que la situation au Maroc est grave. Et bien moi non plus je ne vais pas rentrer, et tous les sans-papiers avec moi », s'écria le « harrag » .

Demain

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http://www.demainonline.com/2011/07/11/moulay-hicham-envoie-des-bons-baisers-de-malaga/

Moulay Hicham envoie ses bons baisers de Malaga

Tanger.- Coup de tonnerre sous le beau ciel ibérique. Le prince alaouite Hicham El Alaoui, « Moulay Hicham », cousin du roi Mohamed VI, troisième dans la ligne de succession au trône et mouton noir de la famille royale marocaine, donnera demain, mardi 12 juillet, une conférence à l'Université de Malaga. Ce sera dans le cadre des cours d'été de cette université dont le sujet pour cette année tourne autour des « clefs de la révolution politique dans le Monde arabe ».

Le titre de la conférence du prince est : « Une lecture des récents événements politiques autour de la réforme dans le Monde arabe ».

C'est la première fois que ce prince accepte de donner une conférence dans une université espagnole. Et selon l'Université de Malaga, contactée par Demain, le prince va profiter de l'occasion pour donner son princier avis sur la nouvelle constitution octroyée du 1er juillet.

L'Université de Malaga annonce avoir invité, pour l'occasion, un groupe d'experts composés de journalistes et d'académiciens. Des politiciens et des diplomates de différentes nationalités ont également été conviés.

On ne sait pas si le roi Mohamed VI a été invité pour écouter son cousin, mais tous les services de renseignement marocains installés en Espagne convergent actuellement vers Malaga.

Abdellatif Gueznaya

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http://www.slateafrique.com/10987/maroc-le-modele-de-la-monarchie

mise à jour 13/07/2011,

Le Maroc, une monarchie modèle?
Le roi Mohammed VI du Maroc montre l'exemple aux autocrates du Moyen-Orient qui veulent rester au pouvoir.

La leçon que les autocrates semblent avoir retenue de l'Égypte et de la Tunisie a quasiment été l'exacte antithèse de ce qu'espéraient les défenseurs de la démocratie. Au lieu de moins recourir à la force, les dirigeants de la région ont préféré en faire davantage usage, atteignant des niveaux inhabituels de brutalité.

Des récits révoltants de viols massifs et de torture nous proviennent de Syrie et de Libye, où des milliers de personnes ont été tuées. Au Bahreïn, proche allié des Américains et port d'attache de la Cinquième flotte de l'U.S. Navy, des milliers d'individus ont été arrêtés ou forcés à quitter leur emploi.

C'est comme si le «printemps arabe» s'était transformé en «hiver du mécontentement arabe», selon la formule imagée du politologue Gregory Gause.

Un modèle marocain «différent»

A une époque de désillusions croissantes —et de discours télévisés désastreux— l'adresse du roi du Maroc à la nation, le 17 juin 2011, est sortie du lot. Son discours n'a pas été grandiose et n'a pas vraiment répondu aux exigences des manifestants, mais il a marqué un engagement de fond avec l'opposition. Le monarque de 47 ans n'a pas vilipendé son propre peuple et n'a pas non plus dénoncé de complot étranger.

Au lieu de cela, il a annoncé une nouvelle Constitution, qui pourrait restructurer la politique du pays. Tout en conservant un droit de veto effectif sur les décisions les plus importantes, il a promis de donner plus de pouvoir aux institutions élues. Le Premier ministre, issu du parti majoritaire du Parlement, pourra nommer et congédier les ministres —mais aussi dissoudre le Parlement.

Le Maroc offre un «modèle» différent au reste du monde arabe, que les autres monarques regarderont de près. Ce n'est pas un vrai modèle de transition démocratique vers une «monarchie constitutionnelle» à la britannique, comme l'a récemment déclaré le Premier ministre marocain Abbas El Fassi. Rien ne dit que le roi Mohammed VI soit prêt à se contenter d'un règne sans pouvoir. L'histoire de la monarchie marocaine est pavée de promesses de réformes non tenues.

La stratégie de la préemption

Mais c'est précisément là qui repose tout l'intérêt: pour préserver votre pouvoir, vous avez parfois besoin de lâcher un peu de lest. On peut y voir un modèle de réforme «préemptive». Dans ce cas, les autocrates prennent les manifestations au sérieux. Ils annoncent de grandes réformes de premier plan —que ce soit en se dotant de gouvernements élus, ou via des Constitutions recalibrées. Ils libèrent des prisonniers politiques et mandatent de réelles commissions qui font de réelles propositions.

Ils donnent de l'espoir aux gens en choisissant les mots qu'il faut: changement, démocratie, réforme, institutions, responsabilité.

Ce faisant, cette fois-ci, le régime marocain a réussi à prendre l'initiative et à soustraire un peu de sa dynamique aux mouvements protestataires du 20 février, la fragile union des gauchistes, libéraux et islamistes qui a fait descendre des dizaines de milliers de Marocains dans la rue. Avec un «oui» franc et massif au référendum constitutionnel du 1er juillet, la monarchie va pouvoir se targuer du soutien de la masse des Marocains à la Couronne, et asseoir davantage la légitimité du régime en ces temps incertains.

La préemption est une stratégie tout particulièrement adaptée aux monarchies populaires, dont les réserves de légitimité historique et religieuse sont abondantes. Comme feu le roi Hassan II, père de Mohammed VI, l'avait déclaré:

«On ne me fera jamais rentrer dans une équation.»

Les monarques de la région —dans un fort contraste avec les présidents— se tiennent au-dessus de la mêlée, et agissent davantage en arbitres qu'en compétiteurs.

Un tel modèle a beau être séduisant auprès des autocrates assiégés, ce n'est pas pour autant un rempart contre la révolution. Une fois les changements enclenchés, il est difficile de les contrôler. Avec une marge de manœuvre politique plus importante, les groupes d'opposition ont davantage de latitude pour obtenir l'appui et la mobilisation de leurs partisans. Ils peuvent être davantage tentés de défier le roi directement.

Dans leur décisif ouvrage Transitions From Authoritarian Rule, les politologues Philippe Schmitter et Guillermo O'Donnell parlent de «l'incertitude extraordinaire de la transition et ses nombreuses surprises». Pour ceux qui ont le pouvoir, les surprises peuvent se révéler dangereuses. Où vont-elles s'arrêter?
Demain, plus de liberté?

A une époque, les rois et les reines dominaient l'Europe. Mais quand les parlements ont pris de plus en plus de pouvoir, les élus et les notables ont commencé à s'affirmer, au détriment des monarques.

De tels contextes politiques se sont transformés en batailles rangées. Et nombre d'entre elles, s'étalant sur des décennies, ont été ponctuées par des périodes d'instabilité et des effusions de sang (la Révolution d'octobre en Russie et la «Terreur» de la Révolution française n'en sont que les exemples les plus marquants).

Dans un passé plus proche, aussi, les transformations pacifiques des monarchies ont été plutôt rares. Mais ces réalités historiques ne signifient pas que cela se reproduira nécessairement à l'avenir.

Les perspectives de réforme au Maroc ne dépendront pas uniquement du roi et de sa généreuse dévolution du pouvoir, mais aussi d'autres forces qui, au sein de la société, se battront pour plus de liberté et de démocratie, et pourront éventuellement défier le roi sur son propre terrain.

Pour aujourd'hui, cependant, un tel scénario est difficilement envisageable. Les partis politiques traditionnels marocains sont prudents, timides, et d'une bien trop grande déférence à l'égard du roi. En tant que tel, au Maroc, le modèle préemptif de réforme semble bénéfique aux autocrates —peut-être un peu moins à leurs opposants.

Shadi Hamid

Traduit par Peggy Sastre

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http://www.slateafrique.com/2739/reformes-democratie-mohammed-vi

mise à jour 20/06/2011,

Les réformes en trompe-l'œil de Mohammed VI

Le 17 juin, le roi Mohammed VI a présenté son projet de nouvelle Constitution pour le royaume. Constat paradoxal, le nouveau texte pourrait renforcer le pouvoir du monarque.

Il y a trois mois, le roi Mohammed VI promettait de réformer la Constitution du Maroc. Son discours répondait à des manifestations de milliers de jeunes réclamant plus de démocratie et de justice sociale, prenant exemple sur les révolutions arabes.

Dans un nouveau discours à la nation le 17 juin dernier, le roi a présenté son projet de réformes dont il avait confié la mission délicate à une commission d'experts, dont il avait soigneusement choisi les membres. La réaction internationale —et notamment française— a été presque unanime: Mohammed VI, dans un contexte arabe en effervescence, fait figure de modèle en inscrivant son pays dans la voie démocratique.
Un numéro de prestidigitation politique

Pourtant, ces annonces ne satisfont pas certains démocrates, principalement le Mouvement du 20 février, qui parlent d'un simple «toilettage» des institutions. Ils estiment que cette réforme «cosmétique» ne constitue en rien une remise en cause de la Constitution actuellement en vigueur et qui fait du roi, depuis sa première mouture de 1962, un monarque de droit divin.

«Voilà ce que c'est de faire des manifestations à tempérament, le dimanche après la sieste, la plage, la glace et le petit noir! A présent dégustons le résultat!», régissait avec cynisme un «facebookien» après le très attendu discours royal.

La monarchie marocaine a-t-elle réussi un numéro de prestidigitation politique hors pair? Mohammed VI a-t-il parié sur l'essoufflement des révolutions arabes pour faire des promesses qu'il n'était pas, au fond, disposé à tenir? Ce sentiment est largement partagé au Maroc parmi ceux qui rêvaient d'une rupture avec l'ancien régime et d'un rendez-vous à ne pas manquer avec l'Histoire, prenant pour modèle la monarchie espagnole qui avait choisi d'enterrer le franquisme avec l'avènement de Juan Carlos.

Avec cette nouvelle «loi suprême», le souverain marocain conserve toutes ses prérogatives de chef de l'Etat et demeure l'autorité ultime en matière religieuse. On est donc loin «d'une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale» comme l'a annoncée le roi, et qui devait consacrer une véritable séparation des pouvoirs, gage d'un renoncement à l'autocratie.

Le roi préside le conseil des ministres

Si la nouvelle Constitution prévoit la suppression de la disposition qui considère le caractère «sacré» de la personne du roi —remplacé par son inviolabilité—, celui-ci continuera de bénéficier de pouvoirs exorbitants. Les démocrates appelaient de leurs vœux cette désacralisation pour ne préserver que le versant protocolaire et culturel du trône. Mais c'est le contraire qui est proposé.

Sur le plan politique, le roi préside le Conseil des ministres au sein duquel les grandes stratégies de l'État sont déterminées, nomme et révoque le chef du gouvernement et ses ministres. Il peut dissoudre les deux chambres du Parlement. C'est également lui qui dirige la diplomatie du pays et commande les forces armées.

De plus, Il se voit confirmé sur le plan religieux en tant que Commandeur des croyants, un statut que la nouvelle Constitution renforce puisqu'elle en fait la seule autorité religieuse légitime du royaume à la tête d'un Conseil de théologiens (Oulémas) transformé en clergé inscrit pour la première fois dans un texte constitutionnel, ce qui même en Islam est sujet à controverse. Cette double casquette (temporelle et spirituelle) constitue un verrouillage absolu et inédit dans la conduite du pouvoir.

Un chef de gouvernement «par délégation»

Si le roi devra désormais obligatoirement choisir le futur chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections —alors qu'il pouvait jusqu'ici désigner qui il voulait— le «super Premier ministre» n'aura en réalité qu'une marge de manœuvre réduite, puisqu'il n'exercera sa fonction que sous la tutelle effective du roi. La conduite des affaires de l'Etat ne se fera que «par délégation», dans le cadre d'un agenda et d'un ordre du jour du Conseil des ministres qui devront être approuvés au préalable par le roi —qui continuera d'ailleurs à le présider. Si le chef du gouvernement pourra proposer et démettre les membres de son gouvernement et choisir certains autres responsables, cela ne se fera qu'avec l'aval du Palais.

D'ailleurs, la nomination des puissants gouverneurs des provinces demeure une prérogative royale. Dans la pratique, les pouvoirs réels du Premier ministre et de son gouvernement sont placés sous la coupe du monarque et de ses conseillers, comme c'est le cas aujourd'hui. Mieux, les mécanismes de tutelle sont désormais vissés. Les décisions stratégiques sont prises au Cabinet royal et au sein de la kyrielle de Commissions consultatives que le roi a institué depuis des années et qui ont servi à effeuiller les prérogatives du gouvernement.

La justice, un pouvoir sous tutelle

Les pouvoirs du Parlement demeurent limités, malgré un léger renforcement en matière d'enquête et de motion de censure contre les ministres, mais c'est en matière de justice que la Constitution ne garantit pas de séparation des pouvoirs de manière pour le moins flagrante. Arguant de son rôle d'arbitre des institutions, le roi, qui est de fait un «monarque exécutif», garde la haute main sur la justice. Il préside directement le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (dévolu jusqu'alors au ministre de la Justice), exerce le droit de grâce et nomme les magistrats. La justice demeure rendue en son nom.

Mohammed VI a proposé d'inscrire dans la Constitution l'égalité entre hommes et femmes, ainsi que la protection des droits de l'homme reconnus universellement. Ceci dit, puisque l'islam demeure religion d'Etat, ces droits ne sont acceptés que dans le cadre de ce qu'il appelle lui-même les «constantes de la nation», c'est-à-dire la religion musulmane.

Une bien mauvaise nouvelle pour les laïques qui espéraient (au moins) l'instauration d'un Etat civil garanti par une Constitution d'essence libérale prévoyant la liberté de croyance —une notion à laquelle le roi a préféré celle du «libre exercice du culte», déjà prévue par l'actuelle Constitution et qui restreint la foi à la filiation. Les lois religieuses demeureront donc celles qui organisent la vie sociale dans le cadre d'une «monarchie islamiste».

L'armée et le pouvoir sécuritaire sanctuarisés

Le roi demeure également chef des armées et présidera un Conseil supérieur de sécurité qui aura pour mission de «gérer les questions sécuritaires internes, structurelles et imprévues». S'il comptera parmi ses membres les chefs des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, cette instance au simple caractère consultatif ne permet pas au pouvoir civil de contrôler des appareils sécuritaires, souvent accusés de violations répétées des droits de l'homme, et qui relèveront plus que jamais de la seule autorité royale. Il n'existera pas de ministère de la Défense sous l'autorité du chef de gouvernement, et les chefs des agences de renseignement ne relèveront que du roi.

«Le roi exerce ses missions régaliennes de garant et d'arbitre», a affirmé Mohammed VI, dont le projet de réformes sera soumis à référendum le 1er juillet prochain. Faux, répondent ses détracteurs, qui considèrent ces missions comme contradictoires avec ses promesses, voire trompeuses.

Ce qui est certain, c'est qu'elles n'ouvriront pas la voie à une monarchie parlementaire: Mohammed VI n'a pas renoncé à une partie de ses prérogatives; il les a a contrario intégralement gravées dans le marbre, au risque de provoquer bien plus qu'une crispation politique. Des manifestations continuent d'être organisées dans toutes les villes du royaume et, fait nouveau, les slogans appellent même parfois au renversement du trône.

Ali Amar

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http://www.slateafrique.com/2271/maroc-la-tentation-securitaire-manifestations-reforme

Maroc, la tentation sécuritaire

mise à jour 27/05/2011,

Maroc, la tentation sécuritaire

Alliance stratégique avec les monarchies du Golfe, normalisation tactique avec l'Algérie... Le royaume chérifien se prépare-t-il à faire passer une réforme constitutionnelle a minima?


Les autorités marocaines sont elles au bord de la crise de nerfs? Si comparé aux autres pays arabes aux prises avec des révoltes populaires, le Maroc avait eu l'avantage de gérer le mécontentement de la rue avec un certain doigté, la crispation semble avoir repris le dessus dans les rangs du pouvoir, tant les promesses de changement du roi lui-même lors de son discours du 9 mars 2011 n'ont pas réussi à calmer la fronde.

Le roi chahuté, la police se lâche

Depuis quelques semaines, la police antiémeutes use d'une rare brutalité pour contenir les manifestants, comme ce fut le cas le 22 mai dans les principales villes du royaume, au motif qu'ils avaient enfreint l'interdiction formelle de se rassembler. Les figures de proue du Mouvement du 20 février ont d'ailleurs pour la plupart reçu des courriers nominatifs dans ce sens.

«Manifester est un droit, de quoi le Makhzen a-t-il peur?», «Dehors le Makhzen. Non au despotisme», criait la foule à Casablanca, relate l'AFP.

Fait nouveau, les langues se délient dans la rue pour interpeller directement Mohammed VI. Le 25 mai, à la sortie de la mosquée Sounna de Rabat (située à un jet de pierre du palais royal) où le roi venait d'accomplir sa prière hebdomadaire, des diplômés chômeurs ont chahuté Sa Majesté. «On veut de l'emploi!», criaient-ils. Une première au Maroc, où personne n'avait osé braver le monarque lors de ses déplacements.

Toujours dans la capitale, les manifestants avaient l'intention de camper devant le parlement mais les autorités les en ont empêchés, craignant qu'ils ne rééditent le scénario de la place Tahrir au Caire.

Selon diverses sources, six personnes ont été blessées mais d'autres témoins avancent des chiffres bien plus élevés. L'un des meneurs, déjà battu par la police la semaine précédente, souffrirait d'une commotion cérébrale, d'après un témoignage recueilli par l'AFP.

Islamistes et gauchistes accusés de complot

Quatre mois après le début des marches pacifiques pour plus de démocratie, le camp contestataire tend à se radicaliser, à l'approche de la présentation par la Commission royale chargée de la réforme constitutionnelle de la nouvelle mouture de la Constitution, qui devra faire l'objet d'un référendum.

Les observateurs craignent un nouveau tour de vis sécuritaire au Maroc, mais aussi que cette réforme ne soit qu'un simple lifting. Les autorités accusent le Mouvement du 20 Février d'être «manipulé par les islamistes et les gauchistes» pour justifier l'usage disproportionné de la force à leur encontre. Les autorités marocaines mettent régulièrement en cause des mouvements islamistes comme Justice et bienfaisance, interdit mais toléré depuis des années, ainsi que les milieux de l'ultragauche. Pour Fouad Abdelmoumni, économiste et militant associatif, ce mouvement islamiste, l'un des plus importants au Maroc, utilise les revendications démocratiques «pour servir son propre agenda», rapporte l'AFP.

Lors d'un sit-in organisé par des centaines de médecins urgentistes de Rabat, les blouses blanches ont été tabassées par des forces de l'ordre déchaînées, causant la stupeur parmi la population qui s'interroge sur la fébrilité de l`Etat face à tout mouvement contestataire —y compris lorsqu'il s'agit de revendications à caractère purement social.

La stratégie des monarchies du Golfe

Un autre fait alimente la suspicion sur la réelle volonté de l'Etat à réformer ses institutions. Le 10 mai, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et Qatar créait la surprise en se déclarant favorable à une adhésion de la Jordanie et du Maroc à ce groupement régional.

Pour nombre d'analystes, cette proposition suggère que les monarchies du Golfe cherchent à se prémunir contre une contagion des révoltes arabes, mais aussi contre la menace que représenterait l'Iran. La Jordanie et le Maroc sont effet les seuls royaumes arabes ne faisant pas encore partie de leur club et qui disposent d'armées et d'appareils sécuritaires expérimentés.

Il faut croire que les monarchies du Golfe ne considèrent plus les Etats-Unis comme un allié indéfectible, au regard de l'attitude de ces derniers vis-à-vis des dictatures de la région. Dans son dernier discours, consacré au monde arabe, le président Obama a confirmé leurs craintes en annonçant son soutien aux réformateurs.

S'il est aisé de comprendre que l'assimilation de la Jordanie au CCG peut être considérée comme naturelle par sa proximité géographique, son régime monarchique et ses liens économiques avec les pays de la région, l'invitation faite au Maroc, pays du Maghreb qui bénéficie d'un statut privilégié avec l'Union européenne, n'a pu être envisagée que par la vague des révoltes arabes.

Le Maroc a d'ailleurs réagi positivement à l'offre du CCG, même s'il a indiqué que ce processus devait se faire graduellement. On peut supposer que cette coopération se traduira d'abord par un alignement des vues diplomatiques, une solidarité dans les moyens de défense, des accords commerciaux de libre-échange et enfin la mise en place de mécanismes régulant le déplacement sans entrave des personnes.

Sur le volet diplomatique, ce rapprochement a toutefois commencé bien avant le printemps arabe. Le 6 mars 2009, le Maroc annonçait la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran. L'explication marocaine n'avait pas convaincu: officiellement, Rabat rompait avec Téhéran par solidarité avec le Bahreïn, après qu'un haut responsable iranien a qualifié le petit royaume de «quatorzième province iranienne».

La raison de la rupture était ailleurs, et c'est un diplomate égyptien qui va la fournir à son collègue américain en poste à Rabat:

«Les Marocains ont rompu avec l'Iran à l'instigation de l'Arabie saoudite», lui confie-t-il, ainsi que le montre le câble obtenu par WikiLeaks et révélé par la presse. Les Saoudiens, explique-t-il, «ont mobilisé personnellement le roi Mohammed VI dans sa stratégie globale d'opposition à l'influence iranienne».

Et le diplomate égyptien d'ajouter:

«En contrepartie de son soutien actif, l'Arabie saoudite va assurer au Maroc un flux continu de pétrole à un prix d'ami»

Riyad, ajoute-t-il, pourrait aussi mettre de l'argent dans la balance et se substituer à d'autres états du Golfe qui, malmenés par la crise financière internationale, ne sont plus à même de tenir leurs promesses d'investissements au Maroc. Finalement, juge le diplomate égyptien, l'opération n'est pas très coûteuse pour le Maroc, qui a peu de relations économiques avec l'Iran —alors qu'elle pourrait s'avérer très rentable pour lui.

«La clef de la réussite pour nous demeure dans la démocratie et l'égalité devant la loi pour tout un chacun, nul besoin du CCG, nous pouvons avancer seuls sans nous atteler à des gens qui ont surement des dollars mais qui, il faut bien le reconnaître, maintiennent des régimes politiques arriérés. Il ne faut pas se laisser attirer par tout ce qui brille, cela peut être trompeur et dangereux», réagit un internaute.

Le New York Times a révélé que les Emirats arabes unis ont conclu un contrat avec Erik Prince, fondateur de la société Blackwater (rebaptisée Xe Services) pour former une armée de mercenaires sur son territoire. Une information vite interprétée au Maroc comme une collusion sécuritaire du royaume avec ses alliés du Golfe.

Rabat-Alger, des intérêts bien compris

Chose impensable il y a de cela quelques mois —tant les différends entre les deux voisins maghrébins sont profonds, notamment autour du conflit du Sahara occidental— Rabat et Alger semblent vouloir enterrer la hache de guerre en ces temps troubles. Selon des sources diplomatiques, des tractations secrètes sont en cours entre le Maroc et l'Algérie en vue d'une réouverture prochaine de la frontière terrestre entre les deux pays, fermée depuis 1994 après l'attentat de l'hôtel Atlas Asni à Marrakech. La date du 2 juin a été mentionnée.

Depuis quelques semaines, habitués à adopter une ligne éditoriale offensive, les médias officiels algériens et marocains et ceux réputés proches de leurs régimes respectifs ont radicalement changé d'attitude. Un signe d'apaisement? Selon eux, cette décision de realpolitik aurait deux raisons principales: l'Algérie veut donner un bol d'oxygène à sa population rétive à visiter la Tunisie pour «changer d'air», et le Maroc désire lui compenser la baisse de son activité touristique causées par les révolutions arabes et l'attentat du café Argana à Marrakech, et détourner sa population des sujets qui fâchent.

Ali Amar

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http://www.slateafrique.com/813/discours-royal-mohammed-vi

mise à jour 11/03/2011,

Discours royal: le diable se cache dans les détails

Mohammed VI a annoncé une «réforme constitutionnelle globale». Reste à savoir si son allocution à portée historique apaisera pour autant la contestation.

Dans un audacieux discours à la Nation, le roi du Maroc a apporté sa réponse à la plus importante revendication exprimée dans le royaume: une réforme globale de la Constitution que le monarque place avant tout dans le sillage «grands chantiers» qu'il a initiés pour la «modernisation [...] (des) institutions» et qui est, a minima, censée corriger les «dysfonctionnements» de l'architecture institutionnelle actuelle.

La promesse d'un séisme institutionnel

Cette anticipation du Palais a néanmoins été imposée par le vent de révolte qui a déjà balayé plusieurs pays arabes. Le 20 février, plusieurs centaines de milliers de Marocains, inspirés par les révolutions tunisienne et égyptienne, étaient descendus dans les rues pour réclamer des réformes politiques majeures, dénoncer la prédation économique et les abus de pouvoirs de l'entourage royal et du gouvernement.

Une première dans le royaume, car jamais la Couronne n'avait été ainsi mise sur la sellette par la rue.

Mohammed VI avait d'abord répondu par la fermeté et fait savoir qu'il refusait de «céder à la démagogie et à l'improvisation». A contrario, son discours du 9 mars, le plus prospectif qu'il a eu à prononcer depuis son accession au trône en 1999, promet un véritable séisme institutionnel.

Il constitue incontestablement un tournant dans l'histoire du Maroc moderne. Le roi a ainsi annoncé la formation d'une commission chargée de préparer des propositions d'ici le mois de juin en concertation avec les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile.

L'émergence de la notion de citoyenneté

La future Constitution devra répondre à un catalogue précis d'impératifs de séparation et d'équilibre des pouvoirs: un Parlement issu d'élections libres, un gouvernement émanant de la volonté populaire exprimée à travers les urnes, un Premier ministre aux prérogatives renforcées et chef d'un Exécutif effectif nommé au sein du parti politique arrivé en tête des élections, une justice élevée au rang de pouvoir indépendant, des instances locales réellement représentatives et la garantie des libertés individuelles et collectives dans leur acception universelle.

Tout cela va dans le sens du renforcement de l'Etat de droit, consacrant ainsi l'émergence de la notion de citoyenneté, en opposition au statut actuel du Marocain, toujours considéré comme un sujet de Sa Majesté.

Faut-il rappeler que si le Maroc se définit comme une monarchie constitutionnelle, celle-ci demeure dans les faits de droit divin, et que le roi, personne sacrée et inviolable, dispose de pouvoirs considérables, dont celui de dissoudre le Parlement, de décréter l'état d'urgence et de choisir le Premier ministre?

L'allocution royale pourra-t-elle apaiser les actions de protestation?

Les revendications exprimées notamment par le «Mouvement du 20 février» auxquelles répond indirectement le roi —il fait en effet référence à la jeunesse— sont en réalité anciennes. Elles ont été portées par la majorité des partis constituant ce que l'on appelait jusqu'à récemment l'opposition historique.

La réponse royale abonde dans leur sens parce qu'elle rompt, sur le principe, avec le concept de monarchie exécutive, le cœur du mode de gouvernance défendu jusqu'ici par Mohammed VI. Cependant, il n'est pas question de changement de régime: ce que propose le roi n'est pas une monarchie parlementaire.

Des non-dits qui appellent à la vigilance

Mais le diable se cache dans les détails concernant cette proposition de «compromis» dans la continuité, comme la définit Mohammed VI lui-même.

Il n'y aura pas de Constituante qui mettrait à plat le régime (révocation de l'actuel gouvernement, dissolution du Parlement, etc.) et redéfinirait les contours d'un nouveau pacte social, mais la mise en place d'une commission ad hoc d'experts choisis par le roi, perpétuant la tradition féodale du principe d'imposition par le haut.

Peut-on penser que sa marge de manœuvre est déjà réduite puisqu'elle devra remettre sa copie à l'appréciation du roi avant d'être soumise à référendum? Dans ce cas, le débat public sera-t-il ouvert —sous la coupole du Parlement et dans les médias notamment— pendant sa genèse, ou se limitera-t-il à des tractations en coulisses?

Le Premier ministre, quoiqu'issu d'un processus électif —ce qui, dans la pratique, est déjà le cas— sera toujours nommé par le roi «au sein» du parti vainqueur des législatives, malgré une promesse de «consolidation» du principe de séparation des pouvoirs.

Le Conseil du gouvernement sera certes «constitutionnalisé», mais quid du Conseil des ministres, présidé par le roi? Quel sera le rôle de la kyrielle de Commissions royales consultatives et des Fondations en charge de missions régaliennes?

Les ministères de souveraineté seront-ils bannis? La puissance effective de la Maison royale et du Cabinet royal sera-t-elle confinée aux seules affaires et attributions de la famille régnante?

La sacralité du roi est gravée dans le marbre et demeure non négociable. A qui s'applique alors le "principe de reddition des comptes" ? Le roi définit lui-même le périmètre des réformes acceptables, et la laïcité est écartée puisque l'islam demeure la religion d'Etat.

Sur ce point, le roi parle plutôt de «religion de l'Etat garant de la liberté du culte». Est-ce à dire que le choix confessionnel n'est plus verrouillé à la naissance? C'est-à-dire de naître forcément musulman et de le rester, à défaut d'être juif?

Le roi parle d'«élargissement du champ des libertés individuelles et collectives» et du «renforcement du système des droits de l'Homme». Elargir un champ ou renforcer un système n'implique pas forcément leur consécration totale, telle que définie dans la déclaration universelle des droits de l'Homme, ou telle qu'inscrite dans les chartes onusiennes.

Pourra-t-on dans ce cas considérer que les libertés seront acquises dans les choix de vie, les lignes rouges effacées du Code de la presse, les délits d'opinion abrogés?

La pluralité de l'identité marocaine sera inscrite dans la Constitution, mais les langues amazighes seront-elles pour autant élevées au rang de langues nationales? Qu'en sera-t-il de l'identité «arabo-musulmane» de la nation, qui va de pair avec le socle de légitimité du monarque, Commandeur des Croyants?

Les recommandations de l'Instance équité et réconciliation (IER) seront-elles totalement appliquées, que ce soit par l'établissement de toute la vérité sur les exactions passées, par la reconnaissance et le pardon prononcés par le chef de l'Etat et par le jugement des tortionnaires et des responsables (dont certains occupent encore des fonctions importantes dans l'appareil sécuritaire)?

Mohammed VI parle de ne retenir que les recommandations «judicieuses» de l'IER, laissant encore possible la sanctuarisation des corps constitués et de l'armée, dont il resterait sans doute le chef suprême.

Enfin, l'option médiane entre large autonomie au Sahara Occidental et régionalisation poussée suffira-t-elle à calmer les ardeurs identitaires? Le cadre d'un modèle d'Etat mi-régional, mi-fédéral voulu par Mohammed VI, et dans lequel des régions autonomes sont scellées au royaume par leur allégeance au monarque pourra-t-il mettre un terme à l'enlisement du dossier saharien?

Autant de questions et bien d'autres encore, comme celle de la gouvernance économique et de l'affairisme de certains au sein des premiers cercles du pouvoir appellent à la vigilance, tant cette «révolution de Palais» n'est que la charpente d'un rééquilibrage des pouvoirs institutionnels attendu depuis des lustres.

Il faudra à ses concepteurs un doigté d'orfèvre pour concilier les ambitions du peuple avec ce qu'est disposé à concéder le roi.

En attendant, le temps de répit que se donne Mohammed VI sera comblé par la relance du débat populaire, y compris dans la rue.

Ali Amar

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http://www.slateafrique.com/637/maroc-la-quadrature-du-trone

Maroc: la quadrature du trône
La rue marocaine réclame une limitation des pouvoirs du roi et son retrait du monde des affaires. Mohammed VI y répond par la fermeté. Une posture à haut risque.

Le Maroc est à son tour touché par la fièvre démocratique qui secoue le monde arabe. A la suite d'un appel lancé sur le réseau social Facebook et sur YouTube, des milliers de personnes ont manifesté pacifiquement le 20 février dans les principales villes du pays pour réclamer de profondes réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi aux cris de «A bas la dictature!» et «Le peuple réclame un changement de régime!».

Des incidents ont néanmoins été provoqués par des casseurs à l'issue de manifestations dans plusieurs villes du royaume, notamment à Marrakech dans le sud, et Tanger, Larache, Tétouan et Al-Hoceima dans le nord, causant la mort d'une quinzaine de personnes et d'importants dégâts matériels. Fait notoire et paradoxal, parmi les auteurs de ces troubles beaucoup scandaient des slogans favorables au roi, une manière probablement de discréditer la contestation, certains de ces jeunes ayant commis leurs forfaits en présence de forces de l'ordre étonnamment passives.

A la différence des mouvements de contestations en Egypte et en Tunisie, il ne s'agit pas d'une révolution mais d'une demande d'évolution. Elle est cependant de taille: pour la première fois au Maroc, la rue réclame ouvertement une nouvelle Constitution consacrant la séparation des pouvoirs, une limitation drastique des prérogatives royales dans le cadre d'une monarchie parlementaire à l'espagnole et, fait totalement nouveau dans la bouche du peuple, le désengagement du monarque des affaires.

Le roi, à travers les holdings qu'il contrôle a le quasi-monopole de certains produits de première nécessité comme l'huile, le sucre ou le lait, des denrées pour la plupart subventionnées par le contribuable et dont l'envolée des prix en cette période de crise a des répercussions directes sur la vie quotidienne des Marocains.
«Roi des pauvres» devenu patron de «Maroc SA»

On se souvient encore des rumeurs qui circulaient au début du règne de Mohammed VI sur l'éventualité d'un retrait de la famille royale du monde des affaires. A l'époque, l'opinion publique lui prêtait l'image d'un jeune «roi des pauvres» désintéressé par l'enrichissement personnel, et qui comptait résolument se retirer du business hérité de son père Hassan II.

A l'époque, le marché spéculait déjà sur d'éventuels repreneurs, comme le richissime prince saoudien Walid Ibn Talal, dont le nom avait été évoqué par les médias. En douze ans de règne, de l'eau a coulé sous les ponts et de rumeur de retrait, il n'en est plus question depuis longtemps. Bien au contraire, aujourd'hui le roi est plus que jamais présent dans le paysage économique du pays.

La prévalence de la monarchie dans le monde des affaires n'a jamais été aussi forte. Elle s'est fortement accentuée depuis la mort d'Hassan II. Plus imposante fortune du pays estimée par le magazine américain Forbes à 2,5 milliards de dollars (1,8 milliards d'euros), le roi est à la fois premier entrepreneur, premier banquier et premier exploitant agricole. Le fer de lance de la fortune royale reste sans conteste le groupe ONA-SNI et son chapelet de filiales, une sorte de «Maroc SA» ainsi qu'on le surnomme dans les milieux économiques.

Nimbé de mystères, ce conglomérat contrôle, par un jeu complexe de participations, un large pan de l'économie. Et pour cause; ses sociétés interviennent dans pratiquement tous les secteurs vitaux de l'économie nationale —agroalimentaire, finance, mines, distribution, télécoms, énergie, etc.

Pouvoir absolu et affairisme: un cocktail explosif

«Monarque exécutif», comme il insiste à le rappeler dans certains de ses discours, ses pouvoirs constitutionnels lui confèrent de plus le statut hégémonique de juge et parti. Une situation qui suscite de plus en plus de commentaires appuyés d'investisseurs étrangers, mais aussi de la part de grands patrons nationaux, à l'image du milliardaire Miloud Chaâbi, connu pour son franc-parler et qui n'a pas hésité à descendre dans la rue aux côtés des manifestants à Rabat. Il leur a même distribué une cargaison de bouteilles d'eau minérale dont il est le producteur.

D'ailleurs, le patronat lui-même, par la voix de sa puissante confédération a exprimé sa compréhension des revendications portées par le «mouvement du 20 février» et a solennellement appelé à ce que le gouvernement réponde dans l'urgence à l'appel des manifestants. Un signe révélateur d'un ras-le-bol qui dépasse de loin les seuls Facebookiens ou les formations politiques et syndicales qui appellent au changement.

Depuis le 20 février, des «focos» ont ravivé les feux de l'insurrection populaire qui couvent depuis des années dans des villes moyennes comme Khemisset, Sefrou ou Dakhla (où un festival de musique a été annulé). A Souk Sebt, une mère de deux enfants s'est immolée par le feu après qu'un logement social lui a été refusé. De nouveaux rassemblements ont eu lieu, notamment à Rabat, Casablanca, Agadir, Mohammedia, Marrakech et Fès et qui ont été cette fois-ci durement réprimés.

Les réseaux sociaux continuent d'être le théâtre de joutes enflammées entre détracteurs du monarque, comme ce Marocain de Denver qui invective le roi sur son train de vie, et thuriféraires de Sa Majesté qui promettent de les châtier. Cyberattaques sur Facebook où des comptes sont piratés et des pages vérolées, intimidations verbales et agressions physiques visant des sympathisants du «20 février» sont devenues courantes.

Et pour cause, la caste des «managers du roi», ceux-là même qui ont orchestré sa toute-puissance économique —à l'image de son secrétaire particulier Mohamed Mounir Majidi, et le «clanisme de sang» au sein de l'administration, comme celui largement décrié de la famille du Premier ministre Abbas El Fassi— sont directement pris pour cible par les internautes.

L'argument qui voulait que le chef de l'Etat soit aussi aux commandes de l'économie et du business pour jouer la locomotive d'un royaume à la croissance poussive, et face à une classe des affaires jugée rétive à donner l'exemple, est plus que jamais fustigé.

En réalité, certaines industries des holdings royales, (notamment dans l'agro-industrie) devenues vétustes au contact de la mondialisation, ont vu leur rentabilité fondre comme neige au soleil et ne survivent que de manière artificielle grâce à l'aide publique et à un endettement massif.

Les «stratèges» de Mohammed VI ont depuis longtemps compris que cette situation était devenue intenable, et cherchent par tous les moyens à jeter leur dévolu sur des secteurs plus porteurs car favorisés par la politique de l'Etat dans les services, les nouvelles technologies, les ressources naturelles et l'énergie —s'attirant ainsi davantage de critiques acerbes. Pire, la manière souvent peu orthodoxe avec laquelle sont menées ces affaires a fini par exaspérer la population qui y dénonce «une prédation économique des richesses du pays».

Un choix cornélien pour un roi divin

De nombreux intellectuels, journalistes et politiques avaient pointé du doigt cette anomalie de gouvernance du trône marocain, où pouvoir absolu et affairisme font mauvais ménage. La presse indépendante avait même qualifié cet état de fait d'«alaouisation de l'économie», du nom de la famille régnante. Mais le Palais a toujours été sourd à leurs arguments.

A la veille des manifestations du 20 février, Nourredine Ayouch, un publicitaire connu pour ses entrées au Palais, avait opportunément rappelé lors d'une conférence-débat à Rabat que le roi allait se désengager de certaines de ses activités commerciales, la banque Lazard ayant été discrètement chargée de cette opération.

Effet de manche d'un «spin doctor» envoyé sur le front médiatique pour calmer la colère qui gronde, ou suite logique d'un «assainissement» en cours, censé renflouer un commerce de moins en moins florissant? Probablement les deux à la fois.

Toujours est-il que les revendications populaires pressantes, exaltées par un contexte arabe en pleine effervescence, requièrent plus que jamais, non pas simplement «une accélération des réformes», comme le reconnaît l'Etat lui-même, mais un véritable séisme institutionnel au cœur du régime marocain.

Et il faudra à Mohammed VI un courage politique et une humilité hors normes pour y répondre: régner sans gouverner et se détourner du business, étant pour le moins que l'on puisse dire, un choix cornélien pour un monarque qui se veut de droit divin et dont la puissance est aussi celle de l'argent.

Pour le moment, et malgré des rumeurs véhiculées par la presse sur un éventuel remaniement ministériel prélude à des réformes de fond, Mohammed VI a choisi de maintenir une posture de fermeté refusant la «démagogie et l'improvisation». Mais a-t-il encore vraiment le choix de s'y tenir?

Ali Amar

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http://www.rfi.fr/afrique/20110711-maroc-nouvelles-manifestations-rabat-casablanca

Au Maroc, nouvelles manifestations à Rabat et Casablanca

Par RFI

Au Maroc, les journées de manifestations se suivent et se ressemblent. le dimanche 10 juillet 2011, plusieurs milliers de personnes ont de nouveau battu le pavé à Tanger dans le Nord, mais aussi à Rabat et Casablanca. Deux semaines après l'adoption de la nouvelle Constitution avec plus de 98% de oui, ils veulent continuer à faire pression pour qu'il y ait de vrais changements au Maroc. Ils demandent notamment moins de corruption et plus d'emplois pour les jeunes.

Ils scandent « Nous ne lâcherons pas » tout en levant le poing. Ils sont descendus une nouvelle fois dans la rue, deux semaines après l'adoption d'une nouvelle Constitution pour dire que ce texte ne suffit pas à régler les problèmes.

Leïla brandit un panneau : « Touche pas à l'argent de mon pays ». « Je suis là pour lutter contre la corruption, explique-t-elle. On ne fais pas confiance aux réformes qui ont été faites ». Pas confiance, voilà des mots qui reviennent régulièrement à la bouche des manifestants. Fouzia, une militante islamiste, ne croit pas au changement : « Tant qu'il y a les mêmes visages qui sont dans les hautes responsabilités, on va construire les mêmes produits avec une autre Constitution ».

Evidemment, tout le monde n'est pas d'accord. Tout d'un coup, un groupe de fervents défenseurs du roi tente de bloquer le cortège de 1 000 personnes. Ils brandissent des drapeaux et de petits panneaux. « 20 février, dégage », peut-on lire dessus. « On est pour le changement, mais dans la continuité. On ne veut pas une révolution mais une évolution. Ils veulent faire tomber le gouvernement, le Parlement, qu'est-ce que c'est que ça ? », s'emporte l'un d'eux.

Au final, les manifestants, plus nombreux, reprennent leur marche avec toujours le même slogan : « Liberté et dignité ». Tandis que sur le bord de l'avenue, des centaines de badauds regardent le cortège passer.

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http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve7254

dimanche 10 juillet 2011
Maroc | Le mouvement du 20 février après le référendum

(Opinion Libre) — Au départ, ce mouvement n'avait aucune revendications politiques .Ces revendications étaient uniquement d'ordre sociale. Cependant, les jeunes contestataires de ce mouvement, se réclamant laïc et tolérant, ont été rapidement récupérés par les islamistes intégristes, les extrémistes de gauche, les anarchistes et les nihilistes. Constituant boite de résonnance par excellence pour manifester et faire passer leurs messages d'intolérance en toute impunité, il a été phagocyté par ces derniers.

Il suffit de visionner les vidéos qui circulent sur youtube, facebook et twitter pour constater que le gros des manifestants sont des islamistes du groupe Adl Wal Ihssane, des nostalgiques de l'époque léniniste, maoïste, trotskyste, stalinienne, d'option révolutionnaire, d'Ilal Amam, 23 mars, qaiidiyine et j'en passe. Ces derniers romantiques des années 60 à 80, se sont, d'ailleurs, trouvé une nouvelle jeunesse en faisant des déclarations ou donnant des interviews à des quotidiens étrangers qui feraient retourner dans leur tombe les précurseurs ces idéologies.

Conscient de ce dérapage, les véritables initiateurs du mouvement du 20 février ont absolument voulu exclure les extrémistes politiques et religieux lors de l'assemblée générale tenue le 06 juillet au siège du PSU. Une Assemblée générale (AG) qui avait pour but de faire le bilan de leur action

Les partisans du PSU, soutenus par les adeptes de l'association islamiste, non reconnue d'Al Adl Wal lhssane ont recouru à la force et la violence pour les empêcher d'assister à cette assemblée générale.

En conséquence, force est de constater que le mouvement du 20 février, qui sollicitait à l'origine des réformes sociales et une meilleure gouvernance, avait suscité, au départ, espoirs et sympathie, a été dévoyé à des fins politiques par des traitres qui ne savent plus aujourd'hui à quel Saint se vouer après la fessée magistrale qui leur a été infligée par le peuple marocain. Meilleure preuve de leur non représentativité du peuple marocain ne peut être faite après les résultats du référendum. L'ensemble du peuple marocain les considère dorénavant comme des imposteurs et des agents à la solde des ennemis du Maroc, qui se trouvent « l'Est d'Eden », sans vouloir les désigner. Ils ont déjà assez de problèmes chez eux !

Aussi, il n'est donc pas étonnant de constater que la majorité des membres de la section Tanger-Tétouan du Mouvement du 20 février ont intégré dernièrement le parti du Rassemblement National des Indépendants. Une intégration qui n'est que le prélude à de nombreuses autres au plan national. Ces jeunes ont justifié leur décision par des dissensions au sein du Mouvement, qui est sorti des objectifs fixés au départ depuis son noyautage par les islamistes intégristes d'Al Adl WaI Ihssane et les nostalgiques de la gauche radicale.

Il me semble que ces extrémistes ne peuvent plus prétendre parler de démocratie et de tolérance lorsqu'ils refusent aux autres le droit à la parole dans un dialogue constructif pour le bien du peuple marocain et de la Patrie. Ils se sont dévoilés face au peuple marocain et l'opinion internationale.

En vous demandant de bien vouloir publier et diffuser ce papier. Une réponse, par courriel, à cette demande serait appréciée. Merci.

Une contribution de Farid Mnebhi

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http://www.demainonline.com/2011/07/07/tanger-prepare-une-grande-marche-nationale-le-17-juillet/

Tanger prépare une grande marche nationale le 17 juillet

Tanger.- Le mouvement du 20 février et les coordinations locales qui l'appuient envisagent d'organiser une grande marche nationale centralisée la semaine prochaine à Tanger.

Consultée par Marocution, une source au sein du mouvement a confirmé l'information qui circule sur facebook, indiquant que la manifestation nationale aura lieu, selon toute probabilité, le samedi 16 ou le dimanche 17 juillet courant.

Des contacts sont en cours « pour mettre au point tous les détails logistiques » avant la convocation définitive de cette grande marche, ajoute la même source.

En attendant, le mouvement du 20 F et la coordination locale qui l'appuie ont décidé de se contenter d'un sit-in pour ce dimanche 10 juillet à 20 h, à la place « attaghyir » (Changement), en face de cinéma Tarik à Bénimakada.

Marocution (Tanger)

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http://fr.lakome.com/opinion/57-edito/504-occasion-manquee.html

Occasion manquée

Jeudi, 30 Juin 2011 15:57 Aboubaker Jamai

Cette constitution, comme ses précédentes, établit le tutorat de la monarchie sur le peuple marocain. On connaît l'argument. Le peuple marocain n'est pas assez mûr pour accéder à la démocratie. Il a besoin d'être cornaqué, mené vers cette terre promise des hommes libres qu'est la démocratie véritable. Sauf qu'accepter cet argument et appeler à voter cette constitution est contradictoire. Demande-t-on à un mineur s'il a besoin d'un tuteur? N'est-il pas contradictoire de juger un peuple incapable de choisir, de contrôler et de sanctionner les véritables dépositaires du pouvoir, et lui demander en même temps de se prononcer sur un document aussi vital que la constitution?

L'argument le plus sérieux en faveur de cette constitution est celui du gradualisme. Selon cet argument, la nouvelle constitution est un bon premier pas vers un système démocratique accompli. Le texte répondrait à une volonté de changement en douceur et éviterait un changement trop brusque susceptible de déstabiliser le pays. Séduisant en apparence, cet argument ne tient pas pour plusieurs raisons.

Si la condition principale pour entamer des changements constitutionnels est de le faire dans une atmosphère pacifique et apaisée, qui nous garantit que l'on aura à l`avenir des conditions aussi apaisées, un mouvement démocratique aussi mobilisateur tout en étant pacifique et articulé pour faire évoluer les institutions du pays vers plus de démocratie?

Aboubaker Jamai
Cet argument présuppose que les détenteurs du pouvoir, la monarchie et ses réseaux d'intérêts politiques et économiques, vont abandonner leurs prérogatives alors que rien, si ce n'est leur propre volonté de démocratisation, ne les y oblige. C'est une vision pour le moins naïve de la chose politique. Et d'abord, n'est-ce pas sous la contrainte des révolutions tunisienne et égyptienne, la mobilisation populaire autour du mouvement du 20 février, que la monarchie a consenti à entamer le processus de réforme constitutionnel? Le roi aurait-il fait le discours du 9 mars sans toutes ces conditions? Quel genre de crise devrons-nous attendre pour que les détenteurs de l'autorité soient assez faibles pour accepter de changer la constitution? N'est-ce pas cela jouer avec la stabilité du pays?

Enfin, admettons que le peuple soit mineur, quid du tuteur? Est-il qualifié pour prendre en charge, sans répondre de ses actes, l'avenir d'un peuple ? Ce tuteur, ces élites au pouvoir, nous ont donné une croissance économique qui n'était guère meilleure que celle atteinte par les régimes de Benali et de Moubarak. Ce tuteur a laissé la corruption corroder un peu plus l'Etat. Ces élites au pouvoir se sont enrichies en exploitant leurs prérogatives politiques. Sous l'égide de ce tuteur, la situation de la liberté de la presse est pire aujourd'hui qu'elle ne l'était en 1999. On a abusé des outils de l'Etat pour faire taire la dissidence sous ce tuteur. On a torturé sauvagement sous l'autorité de ce tuteur. L'administration fiscale est devenue un outil de répression des réfractaires à la gouvernance de ce régime.

Ce tuteur est-il qualifié pour qu'on lui accorde les pouvoirs religieux exorbitants que cette constitution lui octroie? Ceux qui espèrent qu'il n'en abusera pas ont déjà eu leur réponse: La campagne en faveur du oui dans les prêches de la prière du Vendredi et la mobilisation de la Tariqa Boutchichiya. Et puis, elle est belle l'élite «religieuse» qui soutient la constitution. Un conseil des oulémas qui a toujours pris parti pour le régime, n'a jamais dénoncé ses exactions. Des prêcheurs vedettes qui autorisent le mariage des petites filles de neuf ans (maghraoui) ou encore la nécrophilie (Zemzami), ou enfin un Benkirane qui redevient le Takfiriste qu'il n'a probablement jamais cessé d'être.

Que l'Islam soit dans la constitution est acceptable lorsque l'on sait qu'il constitue un élément structurant de la vie d'une grande majorité de Marocains. Mais quelle insulte pour cette belle religion qu'on la prenne comme prétexte à l'autoritarisme!

Il faut lire et relire cette constitution pour mesurer à quel point ce texte, censé être notre contrat social, notre ciment, le lien qui consacrerait notre volonté de vivre ensemble, CONSACRE plutôt l'autoritarisme. Ce texte reconduit les principes médiévaux d'une monarchie de droit divin qui règne et gouverne. La nouvelle constitution parle de reddition de compte. Mais qui rend des comptes? Pas l'institution qui contrôle directement ou indirectement toutes les institutions de l'Etat: la monarchie. Elle parle de séparation des pouvoirs. Sauf que tous ces pouvoirs sont contrôlés directement ou indirectement par cette même monarchie.

Mais ce texte ne fait pas que consacrer l'autoritarisme: Il est malhonnête. Il ressemble à ces polices d'assurance qui vous promettent monts et merveilles, et lorsque l'accident survient et que vous souhaitez collecter votre dédommagement, vous vous rendez compte que vous n'aviez pas lu le texte en petits caractères en bas de page. En fait, vous n'aviez pas droit à grand chose.

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http://fr.lakome.com/opinion/62-chroniques-dopinion/501-la-monarchie-marocaine-cherche-a-imposer-une-constitution-absolutiste.html

La monarchie marocaine cherche à imposer une Constitution absolutiste

Mercredi, 29 Juin 2011 10:58
Ahmed Benchemssi

"Voici ma voie ! J'appelle d'évidence au chemin d'Allah, moi et ceux qui me suivent." C'est sur cette harangue prophétique tirée du Coran (12 : 108) que s'est achevé, le 17 juin, le discours du roi Mohammed VI appelant les Marocains à soutenir son projet de nouvelle Constitution lors d'un référendum prévu le 1er juillet. Le message est subliminal, mais tout de même. S'identifier au prophète Mahomet et assimiler sa propre réforme au "chemin d'Allah", voilà qui est culotté… et paradoxal, pour un monarque sensé renoncer au droit divin.

La prochaine Constitution, en effet, ne stipulera plus que le roi du Maroc est"sacré". A la place, le peuple devra lui manifester respect et tawqir — terme arabe évoquant une "attitude à mi-chemin entre la révérence et l'adoration". Pas sûr, tout compte fait, qu'on change vraiment de registre…

Le 9 mars 2011, en réponse à une vague de contestation populaire sans précédent, Mohammed VI avait pourtant promis une Constitution "démocratique". Mais depuis, bien des choses ont changé. Après avoir fait chuter les présidents tunisien et égyptien, la fièvre révolutionnaire arabe est retombée, refroidie par la guerre civile en Libye et la répression sanglante en Syrie.

Au Maroc même, le Mouvement du 20 février, porte-flambeau de la contestation, a perdu de son élan initial. Incapable de produire des leaders, des structures centralisées et un mot d'ordre unique et mobilisateur, il s'est finalement révélé peu menaçant pour le trône. Faute de ressentir une pression forte et constante, le Palais royal, cornac de la commission de réforme constitutionnelle, a fini par produire un texte en trompe-l'œil : dès qu'un article instaure un progrès démocratique, un autre, plus loin, réduit sa portée jusqu'à l'insignifiance.

On attendait ainsi une diminution des pouvoirs du roi au profit de ceux du premier ministre. Mais la seule promotion réelle dont a bénéficié ce dernier est d'ordre sémantique, puisqu'il est désormais "chef du gouvernement". Pour le reste, et même si le roi est contraint de le nommer "au sein du parti politique arrivé en tête"aux élections, rien ne change : pieds et poings liés face au Palais, le chef du gouvernement n'a même pas barre sur sa propre équipe. C'est toujours le roi qui nomme et démet souverainement les ministres.

Le chef du gouvernement peut tout au plus "proposer" une liste de ministres ou "demander" que l'un d'eux soit congédié – mais dans les deux cas, rien n'oblige le roi à accepter. En revanche, le roi peut remanier le gouvernement quand il veut. Il doit simplement "consulter" son chef au préalable – mais sans que rien ne l'oblige à tenir compte de son avis.

Autres nouveautés constitutionnelles : le chef du gouvernement peut nommer les gouverneurs de provinces et même dissoudre le Parlement… mais à condition d'obtenir l'aval du Conseil des ministres, présidé par le roi.

Bref, tout comme la sacralité, l'absolutisme sort par la porte et revient par la fenêtre. Les pouvoirs politico-religieux du roi sont toujours illimités, et il les applique toujours par dahirs (décrets royaux non susceptibles de recours). Seuls les numéros des articles constitutionnels ont changé : du 19, 23 et 29, on est passé au 41, 42 et 46. On se demande bien où Nicolas Sarkozy voit ces "avancées capitales" dont il s'est félicité. De plus, le président français devrait relire Montesquieu, lui qui parle de "stricte séparation des pouvoirs" alors que le Conseil supérieur judiciaire est présidé par le roi…

Les plus optimistes mettront en avant l'officialisation du Tamazight (langue berbère) ou quelques innovations constitutionnelles comme le droit d'accès à l'information publique. Mais il reste à produire des lois ad hoc, faute de quoi ces belles idées resteront lettre morte. Il se trouve que le régime a un passif en matières de promesses non tenues. Mohammed VI n'avait-il pas promis, en 2001 déjà, l'introduction du Tamazight dans les programmes scolaires ? Dix ans plus tard, rien de sérieux n'a été fait dans ce sens.

Au Maroc, les actes contredisent souvent les intentions, même si ces dernières ont valeur constitutionnelle. Comment donner du crédit, par exemple, à l'article 36 du nouveau texte suprême qui "interdit" (là aussi en l'absence de lois précises) le conflit d'intérêt et l'abus de position dominante… quand le roi lui-même continue d'écraser l'économie marocaine à travers sa holding personnelle qui, à elle seule, réalise chaque année jusqu'à 8 % du PIB ?

S'il fallait ne retenir qu'une seule raison de douter de cette Constitution, ce serait le rythme effréné de sa validation : les partis ont eu moins de 24 heures pour réviser le texte avant que le roi ne le propose à référendum. Visiblement, le Palais cherche à faire passer sa réforme à la hussarde, sans laisser à la société civile le temps de s'organiser (par exemple, pour observer le déroulement du référendum dans des conditions convenables). Le Mouvement du 20 février, quant à lui, a immédiatement organisé des marches de protestation à travers le royaume pour dénoncer la nouvelle Constitution "imposée".

Contrairement à ce qui s'est passé en mai, la police n'a pas brutalement dispersé les manifestants. En revanche, ceux-ci se sont retrouvés face à de nouveaux adversaires, recrutés par les agents du ministère de l'intérieur : des hordes de voyous, improbables défenseurs de la Constitution prêts à faire le coup de poing en beuglant, torses nus, que Mohammed VI est leur "roi unique"… Les imams des moquées et une confrérie soufie sont également embrigadés par l'Etat pour promouvoir le oui, tandis que des vidéos sur Internet démontrent que de faux manifestants sont payés pour crier "vive le roi !" L'ambiance devient délétère.

La campagne référendaire officielle, pendant ce temps, est outrageusement déséquilibrée. Un partage égalitaire du temps d'antenne entre le oui et le non était pourtant réclamé par un collectif regroupant soixante-dix associations, en plus du collectif Mamfakinch !, relais sur Internet du Mouvement du 20 février.

Mais le gouvernement a fait la sourde oreille. Passé en catimini, un décret ministériel a décidé à la va-vite de répartir le temps d'antenne sur les médias publics entre les seuls partis politiques et syndicats agréés par l'Etat. Sachant leur degré d'inféodation au Palais, autant dire que la quasi-totalité de la campagne référendaire est réservée à la défense de la Constitution royale.

Grâce à la propagande de masse déjà en œuvre, la victoire du oui ne fait aucun doute. La participation, en revanche, reste la grande inconnue – et l'enjeu majeur – de ce scrutin. Pour obtenir un taux de 80 % (seuil au dessous duquel il sera malaisé d'affirmer que le "peuple soutient unanimement la monarchie") les autorités se préparent déjà à affréter des milliers de bus et de camions, pour transporter illégalement des légions de citoyens vers les bureaux de vote.

Du coup, Mamfakinch ! (en marocain, "Nous ne céderons pas !") est devenu Mamsawtinch ! ("Nous ne voterons pas !"). C'est le nouveau cri de guerre des manifestants, qui appellent désormais au boycott du référendum constitutionnel. Et c'est aussi le nom d'un nouveau site Web (mamsawtinch.com) notamment destiné à centraliser les vidéos des "mouvements de troupes" frauduleux le jour J. La bataille continue…

Ahmed Benchemssi, fondateur du magazine marocain "TelQuel" et chercheur à l'Université de Stanford (Etats-Unis)

• Source: lemonde.fr

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http://fr.lakome.com/opinion/62-chroniques-dopinion/498-constitution-de-2011-ignorance-du-peuple-et-de-sa-souverainete-.html

Constitution de 2011 : ignorance du peuple et de sa souveraineté

Mardi, 28 Juin 2011 12:38
Azeddine Akesbi, Economiste

Une occasion ratée pour une monarchie parlementaire et pour débarrasser le maroc de la gangrène de la corruption.

Azeddine Akesbi, Economiste

Le projet de constitution prétend répondre aux attentes du peuple marocain, mais il est surprenant que, en 2011, le peuple et sa souveraineté soient totalement évacués et non reconnus dans la loi fondamentale du pays. A la place on trouve la « Oumma » et une référence aux Tawabit qui ne sont l'objet d'aucune discussion (art 2). Cette substitution va permettre d'introduire une logique de délégation (« expropriation ») du pouvoir au détriment de la souveraineté du peuple marocain.

Le problème de l'actuelle constitution commence avec la démarche et la méthode de sa préparation : du choix de la composition des membres de la commission, en passant par la concertation très limitée et formelle aux chefs de partis et syndicats, prolongée par l'absence de débat sur le projet et les délais extrêmement réduits de la campagne pour son adoption. La première conséquence immédiate est celle de priver le pays d'un débat public sérieux – dont les enseignements pouvaient enrichir le projet – sur un texte qui hypothèque l'avenir de générations de marocains.

Des points positifs dans une architecture sans fondement démocratique

En comparaison avec la constitution de 1996, le texte ne manque pas d'améliorations positives sur certains aspects des droits humains et des libertés publiques. L'incrimination et la punition de la torture sous toutes ses formes (art. 22), le rôle de la société civile et des ONG (Article 12 à 15) sont reconnus.

Des progrès sur les droits humains affichés, accompagnés par une longue série d'exceptions :

Dans de très nombreux cas, des principes et des droits énoncés sont immédiatement limités sinon vidés de toute substance. On parle des droits humains tels qu'ils sont reconnus universellement, mais les écarts par rapport aux standards des droits humains sont nombreux : la liberté de la croyance n'est pas admise ni garantie. L'article 19 parle de l'égalité homme / femmes, mais dans le même article on se presse de la lier aux tawabits du royaume et de ses lois. L'article 43 fait l'impasse sur l'égalité introduite par l'article 19 du projet de constitution actuelle (transmission par héritage selon la lignée male). L'article 25 précise que la liberté de pensée, d'opinion et de l'expression est garantie sous toutes ses formes. Mais de nombreuses dérogations à ces principes existent explicitement dans le texte de la constitution. Tel est le cas de l'article 64 qui enlève l'immunité aux parlementaires s'ils discutent le système monarchique (retour du sacré en rapport avec la liberté d'expression)), de l'islam ou porte atteinte au non respect dû au roi. Cette rédaction est susceptible d'être interprétée de manière très large : elle souligne la contradiction qui existe entre la liberté d'opinion proclamée et sa pratique très restrictive même pour un parlementaire et en rapport avec des questions politiques. Comment peut-on assurer la démocratie quand un parlementaire est menacé dans son droit d'expression et la liberté du commentaire. Très grave, c'est quoi un représentant du peuple qui n'a pas de liberté d'exprimer ses opinions politiques ? Le contenu du discours du roi adressé à l'une ou aux deux chambres ne peut faire l'objet d'aucune discussion au sein des ces institutions.

Sur le registre des droits individuels, l'article 30 considère que le vote est un « droit individuel et une obligation nationale ». Demain la loi pourra se baser sur cet article pour obliger les marocains non convaincus par la sincérité des élections à voter contre leur volonté (« devoir national oblige). L'Etat chercherait-il à résoudre le gravissime problème de la faible participation par cet article ?

Il en est de même de l'article 28 qui traite de la liberté de la presse et de sa garantie, ne pouvant être contrainte par n'importe quelle forme de censure préalable sauf par les limitions définies par la loi. Or la loi fondamentale (le projet de la constitution) introduit des lignes rouges – de nature politique – que les personnes et les journalistes ne peuvent franchir.

Le droit d'accès à l'information est consacré par l'article 27, mais des limitations sont envisagées par un texte de loi. Il y a lieu de signaler que le nombre des lois à adopter ou à adapter à la suite de l'adoption de cette constitution donne le vertige. Et que c'est à l'occasion de l'élaboration de ces lois que les principes énoncés connaitront une concrétisation. L'expérience nous apprend que des principes généreux peuvent-être détournés et que des lois peuvent-être mal formulées, mal conçues et en définitive non effectives (loi sur la déclaration du patrimoine par exemple).

Normalement en cohérence avec l'article 27 (droit d'accès à l'information) les séances des commissions parlementaires devraient-être ouvertes au public et aux journalistes et que le secret reste l'exception. C'est le contraire qui a été retenu : les séances des commissions parlementaires sont secrètes sauf dérogation dont les conditions seront définies par le règlement intérieur des deux chambres (article 68).

Les questions de gouvernance et le risque de corruption

Dans le projet de la constitution, il est dit que la loi punirait les actions illégales (Moukhalafats) ayant un rapport avec les situations de conflit d'intérêt (art 36). Ce qui couvre également l'abus de pouvoir, l'octroi de privilèges indus et les situations de rentes.

Dans le chapitre 12 qui traite spécifiquement de la bonne gouvernance, il est question d'accès juste au service public, d'un code d'éthique des services publics (Article 157) ainsi que de l'obligation de la déclaration du patrimoine (article 158) par tous les élus et les personnes nommées qui exercent une fonction publique au début, en cours et à la fin e l'exercice de leur fonction.

L'instance centrale de l'intégrité, de la prévention et la de lutte contre de la corruption est prévue par l'article 167, qui précise qu'elle aura des fonctions d'initiative, de coordination, de supervision, de suivi des politiques de lutte contre la corruption, mais aussi d'information et de participation à la moralisation de la vie publique… Cependant, il est incroyablement surprenant que l'indépendance du conseil de la Concurrence soit spécifiée explicitement, alors que l'indépendance et l'investigation ne soient pas évoquées dans le cas de l'instance de lutte contre la corruption, malgré la demande insistance portée par la société civile et récemment consignée dans le rapport de l'ICPC.

Mais au-delà de ces lacunes importantes, comment est-il possible de mettre les principes de la bonne gouvernance dans une constitution qui ignore les fondements de la démocratie : le peuple et sa souveraineté, Al moussaala de toutes les fonctions et responsabilités et leur soumission au contrôle des électeurs. Ces failles majeures traversent toute l'architecture du texte constitutionnel.

Le contrôle par les nominations

La séparation des pouvoirs est soulignée ainsi que les principes de bonne gouvernance. Il est spécifié que la responsabilité se conjugue avec la redevabilité (mouhassaba) (l'article 1), mais ce principe de base de bonne gouvernance n'est même pas respecté dans les articles et responsabilités mentionnés dans la constitution.

Par rapport à l'actuelle constitution, il y a eu la suppression du mot sacré associé au roi, mais sa personne demeure inviolable (art 46). Cependant, la sacralité a-t-elle disparue pour autant. Pas du tout. Les lignes rouges sont présentes un peu partout et notamment dans l'article 7. Ce dernier interdit que les objectifs des Partis politiques « portent atteinte » au système politique monarchique, aux principes constitutionnels… Or ces Tawabits sont définis de manière vague et interprétable. Ce que la constitution aurait dû interdire clairement et fermement c'est l'utilisation politique de la religion qu'elle soit d'origine étatique ou pratiqueé par toute autre institution. C'est l'instrumentalisation politique de la religion qui soulève le plus de problèmes, ce n'est pas la religiosité des marocains. Au lieu de progresser dans le sens de la séparation de la politique de l'Etat de la religion – dans le respect total de l'Islam et de sa pratique par les marocains -, il y a eu la consécration claire de l'Etat théocratique.

Le texte affirme que les pouvoirs publics sont tenus par la neutralité totale vis-à-vis des candidats et la non discrimination entre eux (art 11). Par contre, il n'est pas question du tout d'un organisme indépendant chargé des élections, alors que la neutralité de l'Etat et du Ministère de l'Intérieur en particulier est une chimère. La satisfaction de la demande d'une commission indépendante en matière d'organisation des élections est une condition indispensable pour redonner un minimum de crédibilité à toute opération électorale. Pour le moment, « les autorités concernées veillent sur l'organisation des élections » et l'aboutissement « heureux » du référendum actuel !

Dans le cas de certains articles nous sommes en présence d'un risque de transfert ou de dilution de la responsabilité. En effet, dans le projet de constitution actuel, l'Etat, les organismes publics, les collectivités locales - sur le même pied d'égalité - sont tenus d'agir pour assurer les besoins de la population, notamment de santé et de protection sociale, d'assurer un enseignement moderne et de qualité et le travail ….etc. (Art 31). Le texte ne dit pas qui est responsable et de quoi ? Dans la situation présente, peut-on imaginer que les collectivités locales et les communes soient chargées d'assurer le travail à la population et aux jeunes, d'assurer la protection sociale et tous le reste. A signaler que 80 % de la population marocaine ne bénéficie d'aucune protection sociale. L'ambigüité est introduite même dans le cas de l'enseignement fondamental – non défini en termes de durée – dont la responsabilité doit-être à assurée par la famille et l'Etat. Or dans ce domaine comme dans bien d'autres domaines la loi existe (depuis 1962, reprise en 2002) et elle est claire et précise, il reste à l'appliquer.

Le roi chef de l'Etat et de l'exécutif

La disparition de l'article 19 de la présente constitution est une simple illusion d'optique. En réalité, cet article a été scindé et remplacé par deux : les articles 41 et 42.

Le roi dispose du titre de commandeur des croyants (l'article 41) (cet article assure la pratique religieuse dans un Etat islamique mais pas la liberté de croyance).A ce titre, il préside le conseil des oulémas dont la composition et les modalités de fonctionnement seront définies par Dahir. Il s'agit d'un domaine totalement réservé. En matière religieuse l'interprétation est pleinement ouverte et l'institution chargée de cette mission est sous le contrôle royal.

La seconde partie de l'article 19 de l'actuelle constitution est abordée par l'article 42 qui précise que le roi est le chef et le représentant de l'Etat ; il est en outre le garant de l'indépendance du pays, le symbole (suprême) de l'unité de la nation ; il assure sa continuité et assume un rôle d'arbitre entre les institutions.

Ici nous avons clairement une concentration des pouvoirs considérables qui sont normalement incompatibles du point de vue des principes de bonne gouvernance et de la référence à la souveraineté du peuple : Chef de l'exécutif et arbitre. L'autorité d'un arbitre est généralement morale ; sa force provient du fait qu'elle n'est pas partie prenante dans la prise de décision, ni associée à un acteur politique ou économique. Ce qui n'est évidement pas le cas.

Le roi au sommet de la pyramide de l'exécutif

Le roi préside, convoque (ou autorise) le conseil des ministres à son initiative ou à la demande du chef du gouvernement (Article 49). Le champ de délibérations du conseil des ministres est très étendu. Il englobe les domaines stratégiques : les orientations stratégiques de la politique de l'Etat, les projets de révision de la constitution, les lois- cadres, les orientations de la loi de finances, les lois organiques, la loi d'amnistie, l'Etat d'exception, les textes relatifs au domaine militaire, l'Etat de guerre…. mais également les nominations, notamment de Wali Bank Al Maghrib, des Ambassadeurs, des Wali et gouverneurs, des responsables chargés de la sécurité intérieure et des organismes publics stratégiques.

Une loi est prévue pour définir la liste exacte des autres nominations à soumettre au conseil des ministres. La nomination des présidences des nombreuses institutions constitutionnelles se feront-elles par dahir ?

L'énumération des attributions du conseil des ministres soulignent que cette institution occupe une position stratégique et déterminante dans l'élaboration de la politique de l'Etat. Dans ces conditions le peuple marocain est invité à consacrer une monarchie exécutive. Le roi préside le conseil des ministres qui se situe au sommet de la pyramide de l'exécutif. Ce conseil a une fonction de tutelle et de contrôle sur l'essentiel. Si tel n'était pas le cas, il n'y a aucune justification pour qu'il soit maintenu en aval et à un niveau supérieur du conseil du gouvernement. En outre, le président du conseil des ministres dispose de plusieurs atouts dont notamment l'utilisation de l'article 47 : celui de révoquer un ministre ou plusieurs ministres. Il peut également dissoudre les deux chambres (ou l'un deux) par dahir (Article 51).

Par ailleurs, le nouveau conseil supérieur de sécurité – organe de consultation – porte sur la stratégie de la sécurité intérieure et extérieure (et certainement les services de renseignement). Il est présidé par le roi (Article 54) qui est le chef suprême de l'armée et à ce titre il dispose du monopôle exclusif des nominations dans les fonctions militaires (Article 52). La présence des deux présidents des deux chambres est symbolique.

L'équilibre et séparation des pouvoirs introuvables

En ce qui concerne le système judiciaire, le roi préside aussi le conseil supérieur du « pouvoir » judiciaire (Article 56). Il approuve par dahir la nomination des juges par le conseil supérieur (article 57). Il exerce l'amnistie de manière totalement discrétionnaire (article 58). Fait nouveau, le parlement peut également proposer l'amnistie en passant par le conseil des ministres, présidé par le chef de l'Etat. Dans le même sens, le projet de constitution, permet au roi de déclarer l'Etat d'exception par dahir (article 59). Il est autorisé à déclarer l'Etat d'urgence pour 30 jours par dahir (Article 74).

Le roi préside et nomme le président délégué du conseil supérieur du pouvoir ; il désigne aussi 9 autres membres : le procureur général et le président de la première chambre de la cour de cassation, un représentant du CNDH, le médiateur ainsi que 5 personnalités. Les représentants élus des juges sont au nombre de 10 (article 115). Cette composition montre que le contrôle du pouvoir judiciaire demeure entre les mains du roi.

Autre institution importante garante de la constitutionnalité des lois, le tribunal constitutionnel (nouvelle appellation) est composé de 12 personnes nommées pour 9 années dont 6 sont désignés directement par le roi (article 130). Parmi ces six membres un est proposé par le conseil des oulémas (présidé par le roi). Les décisions du tribunal constitutionnel sont irrévocables, ce qui souligne l'importance que sa composition soit équilibrée et qu'elle émane d'une véritable séparation des pouvoirs. L'équilibre des pouvoirs, l'indépendance de la justice auraient pu être assurés si le roi n'était pas au sommet de l'exécutif : chef de l'Etat et du conseil des ministres, commandant des croyants…

La quasi impossibilité de la réforme constitutionnelle à l'initiative du parlement

Le roi peut proposer des modifications de la constitution en les soumettant directement au parlement (après consultation du chef du gouvernement) (article 174). Alors que toute proposition de réforme constitutionnelle présentée par un membre ou plusieurs des deux chambres ne peut être acceptée que si elle est votée par les deux tiers des membres de la chambre concernée et soumise à la seconde chambre et votée dans les mêmes conditions. La proposition de réforme suggérée par le chef du gouvernement est soumise au conseil des ministres. Une fois de plus le conseil fonctionne comme un verrou et un mécanisme de blocage potentiel (article 173). Les projets de réformes (ou de modification) de la constitution sont soumis à la révision par dahir. Au-delà des limitations draconiennes imposées à la révision constitutionnelle, l'article 175 vient introduire l'interdiction absolue de toute révision qui porte sur « les règles de la religion islamique, le régime monarchique, le choix et les acquis démocratiques mentionnés dans la constitution. En fait, ce qui est demandé au fond par cet article c'est que le peuple accepte la limitation de sa propre souveraineté y compris dans sa dimension relative aux droit humains. Les droits, les droits acquis évoluent, il est insensé de stipuler dans la constitution qu'ils ne peuvent faire l'objet de modifications ni évoluer.

De cette modeste lecture du texte du projet de la constitution, nous pouvons conclure que l'équilibre, la séparation des pouvoirs, la protection des droits individuels, la redevabilité des responsables au mandat des électeurs sont problématiques et ne permettent pas de définir les bases de la démocratie. C'est très regrettable que notre pays rate encore une occasion pour construire une monarchie parlementaire où le roi joue véritablement un rôle d'arbitre pour sortir le pays de ces multiples problèmes et d'un système qui souffre de la gangrène généralisée de la corruption.

25 juin, 2011

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http://www.demainonline.com/2011/06/30/republique-statique-et-monarchie-en-mouvement-el-watan/

République statique et monarchie en mouvement

On est nombreux en Algérie à suivre, non sans envie, les poussées d'adrénaline à Casablanca, Rabat, Tanger et Nador. Depuis quelques mois, on a pris rendez-vous chaque dimanche avec ces fringants jeunes du 20 Février, qui ont réussi, avec une incroyable audace, à commettre, pour de vrai, un crime de lèse-majesté. Vouloir remettre le monarque alaouite à sa place, celle d'un souverain qui règne mais qui ne gouverne pas. C'en est, en effet, une formidable aventure que mènent ces jeunes qui ne veulent plus être des sujets corvéables à merci. Le makhzen, jadis intouchable dans sa carapace, montre désormais des signes de panique malgré l'appui sans réserve de Paris qui se charge de «vendre» un royaume libre et moderne, et où il ferait bon vivre…
Mais cette littérature distillée par certains médias français intéressés, et assumée par l'Elysée, sonne faux chez la majorité des Marocains qui ne font pas partie de la jet-set de Casa. Ces derniers captent mieux les mots d'ordre des jeunes du 20 Février, qui appellent à un Maroc libéré du joug du palais et où le souverain n'aurait plus le droit de vie ou de mort sur ses compatriotes. Dimanche prochain, ils seront encore des milliers de Marocains à défier les «baltaguis» de sa majesté pour dénoncer le marché de dupes qui leur est proposé, plutôt imposé via la réforme constitutionnelle. Forts de leurs convictions et armés de leur volonté, les jeunes du 20 Février vont refaire la démonstration de force pour signifier au palais que plus rien ne sera comme avant.
C'est que, au Maroc, le mur de la peur s'est écroulé et la personne du roi est désacralisée par le fait d'une formidable vitalité d'une société civile digne des grandes démocraties. C'est à peu de choses près, l'exact contraire de ce qu'on observe en Algérie. Pendant que des dizaines de milliers de Marocains battent le pavé pour dire leur étouffement sous une monarchie absolue, des dizaines d'Algériens, qui réclament juste quelques avantages sociaux, faute de mieux, sont tabassées comme des malpropres sous la «république» de Bouteflika. Comble du paradoxe, la monarchie absolue chez nos voisins s'avère moins tyrannique que notre République. Chez nous, la chronique quotidienne est rythmée par la répression musclée de petits rassemblements, sur fond d'un décor détestable de longues files de fourgons antiémeute filant à toute allure comme si l'Algérie était en guerre.
C'est curieusement cette Algérie complexée et étouffée que le ministre des Affaires étrangères tente, vainement, de présenter à l'étranger comme un parangon de la stabilité et du bien-être. Mais le cercle démocratique qui se dessine à Tunis et à Rabat risque de se refermer sur le régime d'Alger. Il s'en ira alors forcé, mais surtout sans gloire.

Hassan Moali
(El Watan)

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http://www.demainonline.com/2011/07/13/taib-fassi-fihri-ne-sait-pas-ce-que-veut-le-mouvement-du-20-fevrier/

Taib Fassi Fihri ne sait pas encore ce que veut le mouvement du 20 février

Tanger.- Comme le bon diplomate qu'il est, même s'il n'a jamais exercé ce métier à l'étranger, le ministre marocain des affaires étrangères, Taib Fassi Fihri, nous a donné cette semaine une bonne leçon de filouterie politique. Interviewé par le quotidien espagnol La Vanguardia lors de l'investiture de Youssef El Amrani à la tête de la moribonde Union pour la Méditerranée (UMP), ce responsable gouvernemental nous donné la pleine mesure de son talent.

Premièrement, il a affirmé que contrairement aux autres dictatures arabes le Makhzen a été « moins pris au dépourvu » par le surgissement du printemps arabe. Quand on se rappelle le grand désarroi qui a envahi le palais royal après la chute de Ben Ali puis celle de Moubarak, et les tonnes de bicarbonate livrés par camion à Dar Makhzen par la suite, on peut légitimement se permettre un petit ricanement.

Et ce ricanement devient fou rire quand notre ministre se permet de donner une leçon de démocratie aux dictatures arabes, surtout en ce qui concerne les « régimes tunisien, libyen, syrien et yéménite (…) qui ont perdu leur légitimité avec des mandats qui se succédaient avec un parti unique ».

Certes au Maroc, nous n'avons pas de parti unique, mais nous avons deux familles « uniques » en leur genre. La première, c'est la famille régnante alaouite, avec un souverain qui règne, gouverne et commerce à sa guise. De la même manière que Ben Ali, Kadhafi, Bachar El Assad et Ali Abdellah Salah.

Et la deuxième, c'est la famille des Fassi Fihri, dont justement notre ministre est un éminent membre. Si La Vanguardia s'était penchée sur le nombre de Fassi Fihri et compagnie qui parasitent le gouvernement et la haute administration, elle aurait pris la juste mesure de l'accaparation de l'Etat par cette tribu.

« Pourquoi il a fallu qu'il y ait des révoltes ailleurs pour que vous accédiez à faire des réformes ? » lui demande La Vanguardia. « Nous avons initié les réformes il y a plusieurs années. Nous avons lu le passé, établi l'Instance équité et réconciliation, et impulsé la décentralisation en 2008 », lui répond alors le ministre.

Sauf que la lecture du passé par l'actuel régime ne l'a pas empêché de commettre les mêmes erreurs du passé. Les prisons marocaines sont pleines de prisonniers politiques, torturés et pour beaucoup d'entre eux, selon les nombreux témoignages, violés avec des bouteilles par les agents de la DST

Pour ce qui est de l'Instance équité et réconciliation (IER), une fois le spectacle médiatique terminé, les recommandations de cette instance n'ont pas été mises en marche. Et surtout, les tortionnaires du passé, comme certains généraux bien en vue au palais, sont toujours en poste.

Quant à la décentralisation, c'est un vieux serpent de mer qui ne veut ni se noyer ni sortir de l'eau. Le conflit du Sahara est là pour rappeler qu'il n'y a aucune décentralisation réelle et effective depuis…2008.

Bien sûr, comme le dit Taib Fassi Fihri, pour vendre l'idée qu'il y a eut des réformes, c'est le roi « qui a fixé les lignes de la réforme constitutionnelle et a mis ensuite en marche le processus d'élaboration qui incluait un mécanisme de réflexion, avec une commission de spécialistes, et en parallèle un mécanisme de concertation politique avec tous les partis et syndicats ».

Mais il n'explique pas que ce sont deux proches du roi, son principal conseiller et un constitutionnaliste qui compare Mohamed VI à Louis XIV, qui ont mené la danse, les partis et les syndicats n'étant que des comparses.

A une question sur le véritable taux de participation, « comment se fait-il que des 23 millions de Marocains en âge de voter seulement 10 millions ont voté, ce qui est loin des 75% de participants ? », notre bon ministre a bien évidemment répondu à côté : « Notre système électoral a toujours fonctionné avec des carnets. Le carnet a été électoral a été offert à tout le monde. Et nos listes non seulement ont inclus ceux qui se sont enregistrés pour le référendum mais également ceux qui y étaient déjà ».

Il n'en reste pas moins que 10 millions de marocains, rameutés par les mokadems, les caïds, les pachas, les walis, les partis politiques et les syndicats, ainsi que les consuls, cela ne fait pas du tout 75% de l'électorat….

Mais le meilleur de l'interview de La Vanguardia était pour la fin. Dans l'une de ses réponses, Taib Fassi Fihri s'est demandé le plus sérieusement au monde : « nous ne savons pas ce que veulent » les jeunes du mouvement du 20 février.

Réponse du berger à la bergère : ils veulent, par exemple, que la famille des Fassi Fihri, et toute la smala des pique-assiettes qui tourne autour, n'accaparent pas de manière hégémonique les postes et les dignités au gouvernement, et que les membres de l'exécutif, comme par exemple le ministre des affaires étrangères, soit élus et non désignés du doigt par l'autocrate alaouite.

Enfin, la dernière rigolade avant la fin de l'interview nous arrive quand le ministre assure que le mouvement du 20 février est majoritairement islamiste. Pourtant, nous pensions sincèrement que c'est plutôt son patron qui l'est. Quand on est « commandeur des croyants », autoproclamé descendant du prophète, patron des oulémas et contrôleur de fatwas, on est assurément plus qu'un islamiste. On est le premier d'entre eux.

Allez, une dernière note d'espoir avant la fin. Pour conclure sa longue interview, Taib Fassi Fihri a affirmé à La Vanguardia, que dorénavant en matière de justice « le gouverneur local ne pourra plus appeler le procureur« .

Mais, saperlipopette, nous croyions pourtant qu'il ne pouvait pas le faire avec l'ancienne constitution

Abdellatif Gueznaya

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1.4. LA NATURE TÉOCRATIQUE ET DESPOTIQUE DU MAKHZEN
http://www.demainonline.com/2011/07/19/a-tetouan-des-manifestants-ont-scande-sahib-al-jalala-houa-allah-taala/

A Tétouan, des manifestants ont scandé « Sahib al jalala, houa allah taâla »

Tanger.- Dimanche dernier à Tétouan des manifestants pro-démocratie ont scandé sans aucune appréhension dans les rues de cette cité du nord : « Sahib al jalala, houa allah taâla » (Sa Majesté c'est dieu tout puissant ».

Les pro-Makhzen purs et durs, les « moukhabarates »et leurs bras armés, les » Baltagias de Sidna », s'en sont émus. Surtout que le souverain ne se trouvait pas loin.

Pourquoi donc ? Si le roi est tout au Maroc, s'il règne, gouverne, commerce et commande les croyants, personne ne doit s'offusquer à ce qu'on le compare à dieu. Surtout qu'il se prétend, comme son lointain cousin libanais Hassan Nasrallah du Hezbollah, descendant direct du prophète Mohammed.

A tout seigneur, tout honneur !

Abdellatif Gueznaya

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http://www.demainonline.com/2011/07/19/la-nouvelle-constitution-octroyee-va-t-elle-mettre-fin-a-la-prosternation-perpetuelle/

La nouvelle constitution octroyée va-t-elle mettre fin à la prosternation perpétuelle ?

Rabat.- La cérémonie de prosternation qui humilie, aux yeux du monde, l'être humain marocain va-t-elle disparaître avec la nouvelle constitution octroyée ? La beiaâ, est un héritage d'un autre âge où le Marocain en se prosternant devant le sultan faisait annuellement acte d'allégeance et de fidèlité au trône.

Mais cette dernière avait une durée de vie de 12 mois, jusqu'à la prochaine cérémonie d'allégeance. Si une majorité de prosternés de l'année dernière, mécontents par le règne du sultan, se rebellaient, ils avaient la possibilité de faire élire un autre sultan de la dynastie des Alaouites par un conseil de oulémas. C'était la démocratie avant l'heure.

Mais, après l'indépendance, le roi Hassan II, malin comme quatre comme on le sait, a trouvé la parade pour ne pas se faire dérober le juteux trône par un concurrent.

Il a institué la beaia perpétuelle. Quand on fait acte d'allégeance une fois, c'est pour la vie. La cérémonie annuelle de la beiaâ devenant juste un acte de confirmation. Comme une recharge téléphonique quoi !

Sur ce vidéo,
http://www.youtube.com/watch?v=LdMyJ_FVSYM&feature=player_embedded
http://www.demainonline.com/wp-content/uploads/Maroc-prosternation.jpg

un exemple de cet acte d'allégeance devant un palais royal (Tétouan) qui fait de nous la risée de la planète, les crieurs chargés de présenter les dignitaires des différentes provinces du royaume au sultan, répètent inlassablement « Allah ibarek fe âmar sidi », en rajoutant imperturbablement « gal'koum sidi » deavant une mer de prosternation.

A la vue de cette scène digne d'un film hollywoodien, on se demande comment font les sujets qui ont des problèmes de dos.

T.A.

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http://www.telquel-online.com/483/lessentiel_483.shtml

Soufisme et Doustour

La Zaouïa Boutchichia poursuit sa campagne en faveur de la nouvelle Constitution. Après la grande marche de Casablanca, la confrérie organise le 23 juillet une veillée religieuse pendant laquelle les disciples de Cheikh Hamza prieront pour la stabilité du pays. "L'Etat, qui a progressivement politisé la Zaouïa depuis 2005, cherche ainsi à contrer les islamistes qui veulent s'approprier le Mouvement du 20 février", analyse le politologue Mohamed Darif.

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1.5. <RÉGIONALISATION AVANCÉ>: COMÉDIE DU MAKHZEN
http://www.map.ma/fr/sections/politique/regionalisation_avan/view

<Régionalisation avancée>: le Maroc consacre son propre modèle de démocratie participative

Rabat, 26/07/11 - Avec le lancement du projet de régionalisation avancée, le Maroc marque un tournant historique et déterminant dans le processus de réformes et de modernisation des structures de l'Etat, permettant au Royaume de se doter de son propre modèle de démocratie participative.

-Par Imad EL HONSALI-

Ce chantier, un des projets phares initiés sous le règne de SM le Roi Mohammed VI, constitue en effet le prélude à une profonde réforme des structures de l'Etat, à travers la mise en Œuvre résolue et graduelle des stratégies de décentralisation et de déconcentration conséquentes et effectives, de démocratisation poussée, de modernisation sociale, politique et administrative et de bonne gouvernance.

+ COURONNEMENT D'UN PROCESSUS DE DECENTRALISATION ENTAME AU LENDEMAIN DE L'INDEPENDANCE +.

La régionalisation avancée qui constitue également un tournant majeur dans les modes de gouvernance territoriale est le couronnement d'un processus entamé au lendemain de l'indépendance avec la mise en place de la politique de décentralisation, devenue depuis un choix stratégique irréversible.

En effet, l'expérience de la décentralisation est passée par plusieurs phases depuis l'élaboration d'un premier cadre juridique qui a été mis en place dès 1959 et qui a connu par la suite, avec la pratique de la gestion locale, des changements profonds. Cette évolution du droit des collectivités locales allait dans le sens d'attribuer à ces collectivités plus d'autonomie, plus de compétences, plus de moyens et une orientation économique efficiente.

La deuxième phase dans ce processus a commencé avec l'adoption de la charte communale du 30 septembre 1976 qui a constitué une avancée importante dans le processus de décentralisation au Maroc et a été marquée par l'organisation des élections communales du 12 novembre de la même année.

Cependant, le processus de décentralisation est entré dans une nouvelle étape avec la Constitution du 13 septembre 1996 qui a fait de la région une nouvelle collectivité locale.

La région devient donc un cadre propice pour la promotion et le développement de nouveaux mécanismes et de nouvelles méthodes susceptibles de permettre une meilleure valorisation des ressources humaines, naturelles et écologiques.

La décentralisation s'est davantage raffermie avec les élections communales du 13 juin 1997, puis celles de 2003 pour que ce processus devienne à orientation plus économique, sociale et culturelle.

+ DISCOURS DU 6 NOVEMBRE 2008 : AMORCE D'UNE NOUVELLE PHASE DE REFORMES GLOBALES+

Le Maroc a franchi un cas décisif dans le processus de consécration de la régionalisation, le 6 novembre 2008. Ce jour-là, SM le Roi Mohammed VI a annoncé, dans un discours à la Nation à l'occasion du 33ème anniversaire de la Marche verte, le lancement de la dynamique d'une régionalisation avancée et graduelle, englobant toutes les régions du Royaume avec, à leur tête, la région du Sahara marocain.

"Aussi avons-Nous décidé, avec l'aide de Dieu, d'amorcer une nouvelle phase dans le processus continu des réformes globales que Nous conduisons, en lançant la dynamique d'une régionalisation avancée et graduelle, englobant toutes les régions du Maroc, avec, à leur tête, la région du Sahara marocain", avait souligné le Souverain.

Le 3 janvier 2010 constitue une autre date à retenir dans ce processus puisqu'elle a été marquée par l'installation des membres de la commission consultative de la régionalisation par SM le Roi.

Dans Son discours à cette occasion, le Souverain avait affirmé que la régionalisation élargie escomptée n'est pas un simple aménagement technique ou administratif, mais elle "traduit, plutô t, une option résolue pour la rénovation et la modernisation des structures de l'Etat, et pour la consolidation du développement intégré".

+LA REGIONALISATION AVANCEE, CLE DE VOUTE DES REFORMES CONSTITUTIONNELLES+

L'intérêt accordé par SM le Roi à la réussite de ce grand chantier de réforme a été réaffirmé dans le discours royal historique du 9 mars dernier lorsque le Souverain avait décidé d'inscrire ce processus dans le cadre d'une réforme constitutionnelle globale.

"Attaché à ce que la régionalisation dispose des atouts nécessaires pour atteindre sa pleine efficience, Nous avons décidé d'inscrire ce processus dans le cadre d'une réforme constitutionnelle globale vouée à la modernisation et la mise à niveau des structures de l'Etat", avait indiqué le Souverain. Trois mois plus tard, SM le Roi réitère une nouvelle fois son engagement en faveur de la réussite de ce chantier en annonçant, dans son discours du 17 juin dernier, que "tout un chapitre de la Constitution est consacré aux collectivités territoriales et à la régionalisation avancée, sur la base du cadre référentiel que Nous avons annoncé dans Notre discours historique du 9 mars, étant entendu qu'une loi organique fixera les compétences de l'Etat et des Régions, ainsi que les ressources, les mécanismes et l'organisation de la régionalisation". C'est ainsi que la nouvelle Constitution, plébiscitée le 1er juillet par le peuple marocain, à près d'un mois seulement de la célébration du 12è anniversaire de l'accession du Souverain au Trô ne de Ses glorieux ancêtres, considère donc dans son article premier que "l'organisation territoriale du Royaume est décentralisée, fondée sur une régionalisation avancée".

Ainsi, tout un titre (Titre IX) et douze articles (135-146) sont consacrés aux régions et collectivités locales, de même qu'elle prévoit de nouvelles attributions pour ces entités.

Dans cette optique, l'article 137 de la nouvelle Loi fondamentale énonce que "les régions et les autres collectivités territoriales participent à la mise en oeuvre de la politique générale de l'Etat et à l'élaboration des politiques territoriales à travers leurs représentants à la Chambre des Conseillers". L'article 142 insiste, de son cô té, sur le principe de la solidarité entre les régions en prévoyant la création d'"un fonds de solidarité interrégionale visant une répartition équitable des ressources, en vue de réduire les disparités entre les régions".

La nouvelle Constitution laisse la porte grande ouverte pour le raffermissement de la démocratie participative. A cet effet, elle stipule, dans son article 139, que "des mécanismes participatifs de dialogue et de concertation sont mis en place par les conseils des régions et les conseils des autres collectivités territoriales pour favoriser l'implication des citoyens et des associations dans l'élaboration et le suivi des programmes de développement".

Décidément, la dynamique enclenchée par le processus de régionalisation avancée témoigne, encore une fois, que le Royaume continue de faire l'exception dans la région à la faveur de son propre modèle de démocratie et de la parfaite communion entre le Trô ne et toutes les forces vives de la Nation.

Dernière modification 26/07/2011 10:31

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2. DROITS HUMAINS-FARCE TRAGIQUE DU MAKHZEN
http://panoramaroc.ma/fr/index.php/presse-internationale/espagne/1500-qils-mont-frappe-a-coups-de-pieds-jusqua-ce-que-je-perde-connaissance-q-ilham-hassouni-21-ans
http://www.spsrasd.info/fr/content/ils-mont-frapp%C3%A9e-%C3%A0-coups-de-pieds-jusqu%C3%A0-ce-que-je-perde-connaissance-ilham-hassouni-21-ans
http://www.elpais.com/articulo/internacional/golpearon/dandome/patadas/perdi/conocimiento/elpepuint/20110725elpepuint_9/Tes

"Ils m'ont frappée à coups de pieds jusqu'à ce que je perde connaissance ", Ilham Hassouni, 21 ans

Créé le Mercredi, 27 juillet 2011 15:45

Par Ignacio Cembrero

Lire l'article, en espagnol, sur elpais.es

"La carte postale magnifique de Jamaâ el Fna", le centre touristique de Marrakech, "cache une obscurité où échouent les maudits du régime", écrit la journaliste marocaine Zineb Ghzioui. Parmi ces "maudits", à quelques mètres des charmeurs de serpents et des femmes qui tirent les touristes pour leur dessiner sur la peau des tatouages au henné, se trouvait il y a quelques mois une jeune gauchiste, Ilham Hassouni, 21 ans, que Ghzioui décrit comme "la plus jeune prisonnière politique au Maroc".
Hassouni a passé en octobre 48 heures dans les caves du commissariat de la plus célèbre place du pays, avant d'être transférée à la prison de femmes de Boulmharez à Marrakech. Si le procès n'est pas à nouveau reporté, elle sera jugée ce mardi pour la vingtaine de charges retenues contre elle par le ministère public . En théorie elle encourt la prison à perpétuité.

Le dortoir bourré de détenues a semblé à Hassouni presque luxueux, comparé au "sous-sol humide et obscur " où elle a dormi dans le commissariat, entre deux interrogatoires. Parfois les agents qui l'entouraient "n'attendaient même pas les réponses aux questions", se rappelait la prisonnière dans un récit qu'elle a réussi à faire sortir de prison. "Ils me frappaient à coups de pied jusqu'à ce que je perde connaissance". Les premiers coups lui ont été assénés lors de son arrestation à son domicile familial d'Essaouira le 12 octobre par cinq policiers en civil. «"Au moment de monter dans la voiture, j'avais déjà le vertige à cause des coups reçus" pendant que les policiers l'insultaient en la traitant de "fille de pute", de "traitresse" etc… "Dès que vous avez l'estomac plein, vous vous rebellez", lui a alors lancé un policier.

Plus tard, à Marrakech, ils ont commencé à l'interroger, après l'avoir menottée à une chaise, sur ses opinions politiques, ses amis, ses sources de financement, etc... Elle est restée, comme elle l'a raconté, deux jours sans manger ni boire jusqu'à ce qu'on la fasse comparaître devant le juge, qui l'a inculpée de destruction de bâtiments publics, trouble de l'ordre public, participation à une manifestation violente et insultes à fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions. "Elle n'est coupable de rien de tout cela", assure Mohamed Massoudi, un célèbre avocat de détenus politiques qui défend Hassouni. "Ils ne possèdent pas de preuves contre elle, excepté le témoignage d'un policier qui dit l'avoir vue commettre des actes criminels", ajoute-t-il.

Militante de la Voie démocratique baasiste, un groupe gauchiste, et de l'Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), Hassouni étudiait le droit à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech. Son père avait demandé un crédit pour financer la carrière de l'aînée de ses quatre filles et elle a répondu à cet effort en devenant la meilleure élève de sa classe. Mais le recteur l'a expulsée après les troubles d'il y a deux ans et la jeune fille est rentrée chez elle. Les faits qui lui sont reprochés remontent à mai 2008. Une intoxication provoquée par des repas à la cantine universitaire a indisposé des dizaines d'étudiants, obligeant certains d'entre eux à partir aux urgences. Les jeunes sont alors sortis dans les rues pour exiger que l'Université s'acquitte des factures hospitalières, et se sont heurtés aux forces de l'ordre. Une vingtaine d'étudiants ont été arrêtés, jugés et condamnés. Parmi eux l'autre jeune gauchiste, Zahra Boudkour, qui avait alors 21 ans ; c'est elle qui avait été attachée, déshabillée, à un radiateur alors qu'elle avait ses règles, devant d'autres militants syndicaux, dans le commissariat de Jamaâ el Fna. Elle avait été condamnée à deux ans de prison et libérée en mai 2010. La police a laissé encore passer cinq mois avant qu'elle ne se décide à arrêter Hassouni, qui avait aussi participé à ces mainfestations.

Taieb Hassouni, le père de la prisonnière, a vu sa fille pour la dernière fois le 19 juillet, sur le banc des accusés de la salle du tribunal de Marrakech, mais le procès a encore une fois été reporté. "Il m'a été difficile de la reconnaître", déclare-t-il au téléphone. "Elle a perdu beaucoup de poids", poursuit-il la voix entrecoupée par l'émotion. "Ses conditions d'emprisonnement sont pénibles parce qu'Ilham est une grande lectrice, mais elle est interdite de livres, et de journaux ; ils lui refusent même du papier pour écrire". Probablement, pour qu'elle ne recommence plus à faire sortir ses écrits de prison…

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http://www.demainonline.com/2011/07/19/khalid-nacri-fidele-en-aux-enseignements-de-driss-basri/

Khalid Nacri fidèle à la mémoire de Driss Basri

Rabat.- Le bureau de l'Agence France presse (AFP) de Rabat a enfin un directeur. Le nouveau responsable s'appelle Henri Mamabachi, c'est un Français d'origine syrienne qui a servi à Londres et au Caire. Il prendra ses fonctions le 1er septembre prochain.

C'est la fin d'un bras de fer entre l'agence de presse française et le ministère marocain de la communication.

Le bureau de l'AFP à Rabat est sans directeur depuis le 1er janvier 2010, date du recrutement par cette agence du journaliste marocain Omar Brouksy. Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a fait pression sur l'AFP pour que M. Brouksy, ancien rédacteur en chef du Journal hebdomadaire ne soit pas recruté, et faisant preuve de son sectarisme habituel il lui a refusé l'accréditation. L'AFP a refusé le chantage et décidé de ne pas nommer un directeur tant que la situation d'Omar Brouksy n'était pas régularisé.

Finalement, c'est le ministère de la communication dirigé par Naciri, un ex-communiste devenu monarchiste virulent, Naciri, qui a dû céder. Brouksy a reçu son accréditation en avril de cette année et immédiatement après l'AFP a nommé un directeur à Rabat.

Cette histoire est une répétition de ce qui s'était passé au début des années 90 quand l'ancien ministre de l'intérieur Driss Basri a fait également pression sur le bureau de l'AFP, dirigé alors par Ignace Dalle, pour qu'il ne recrute pas le regretté Abdelfettah Fakihani, un ex-prisonnier de conscience qui venait de démissionner du quotidien istiqlalien Al Alam.

Driss Basri avait proposé à Dalle son candidat. Un certain Khalil Hachimi Idrissi, actuel directeur général de la MAP, dont la trajectoire professionnelle convenait parfaitement au rôle qu'il devait jouer à l'intérieur de ce bureau. Dalle refusa, et c'est Fakihani qui fut recruté.

Comme tous ses prédécesseurs, Henri Mamabachi arrive au Maroc dans un contexte difficile pour la presse. Le ministère de la communication tout en assurant respecter la liberté de travail des correspondants étrangers ne cesse d'utiliser le chantage à l'accréditation à chaque fois que ce média sort des sentiers battus institués par le Makhzen.

Récemment, l'organisation internationale de défense des journalistes, Reporters sans frontières (RSF) a accusé nommément Khalid Naciri d'avoir « obtenu, le 21 juin dernier, le licenciement de deux journalistes de Dubaï TV : Jalal Makhfi, correspondant de la chaîne au Maroc, et son frère, Omar, rédacteur en chef principal basé à Dubaï ».

Comme quoi si Khalid Naciri a réussi quelque part c'est d'avoir pu garder intactes les méthodes musclées de coercition du défunt Driss Basri contre la presse.

Thami Afailal

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http://www.telquel-online.com/482/lessentiel_482.shtml

Rapport. L'AMDH accuse

L'AMDH dresse un tableau noir de la situation des droits de l'homme au Maroc. Dans son rapport 2010 présenté le 12 juillet, l'association note "une régression sur le registre des acquis en matière des droits humains". Selon l'association, "le Maroc ne tient toujours pas compte des éléments constitutifs de l'État de droit et n'a pas de volonté politique véridique quant à l'application de ses engagements en matière des droits humains". Le rapport de l'AMDH revient également sur le référendum constitutionnel du 1er juillet. Une consultation marquée par "la violation de l'obligation d'impartialité des autorités qui ont utilisé la religion et les médias pour promouvoir le oui", peut-on notamment lire dans le rapport de l'organisation.

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http://www.lesoir-echos.com/2011/07/13/l%e2%80%99amdh-tire-la-sonnette-d%e2%80%99alarme/

L'AMDH tire la sonnette d'alarme

Maroc | Reda Mouhsine | 13 juillet 2011 à 15 h 46 min | |

La conférence de presse, animée hier par l'AMDH, a été l'occasion pour l'association de dresser son rapport annuel à plusieurs volets. Sur la question des droits de l'Homme, l'AMDH brosse un tableau plutôt accablant.

Khadija Riyadi, présidente de l'AMDH, lors d'une manifestation devant l'ambassade d'Egypte à Rabat, le 31 janvier dernier.

L'Association marocaine des droits humains (AMDH) vient de publier une série de rapports. Le premier concerne la situation des droits humains au Maroc au cours de l'année 2010, tandis que les autres examinent la campagne référendaire et «les violations des droits humains» contre les activistes du 20 février. Concernant la situation des droits humains en 2010, l'association tire sans surprise un bilan négatif.

De nombreux cas de violations de droits humains ont été recensés, englobant tous les domaines : droits civils et politiques, droits économiques, sociaux et culturels, droits de la femme et de l'enfant, droits des immigrés, ainsi que le droit à un environnement sain.

Les nombreuses manifestations organisées par les jeunes du 20 février ont, pour quelques unes au moins, été émaillées de «violations des droits à manifester pacifiquement».

Outre les nombreux cas de torture, dont les auteurs, déplore l'AMDH, ne sont pas poursuivis et ne répondent généralement pas à leurs actes, l'association dresse pas moins de 9 cas de détention politique, dont les plus notoires demeurent les détenus du dossier «Bellirej» et le groupe de détenus du démantèlement du camp de Gdim Izik. A l'instar du rapport du CMDH, dont un article a été publié la semaine dernière dans les colonnes du Soir échos, l'association présidée par Khadija Riyadi met à son tour en lumière l'état catastrophique de nos prisons, dont les premières victimes restent les prisonniers eux-mêmes.

Visser, contrôler

L'association rappelle que la quasi-totalité des médias et des organisations des droits de l'Homme sont interdites d'accès aux institutions pénitentiaires. Des médias qui, selon le rapport, continuent toujours de souffrir de restrictions majeures, alors que l'Etat continue de contrôler l'audiovisuel public, contrairement au devoir d'impartialité auquel il devrait s'en tenir. Une impartialité qui manquerait cruellement à la justice. « Des violations flagrantes du droit à un procès équitable » ont été recensées par l'organisation ; «sont particulièrement visés : les syndicalistes, les journalistes, et les militants droits-de-l'hommistes», peut-on lire dans le rapport. Compte tenu de l'ébullition sociale qu'a vécue le Maroc lors des six premiers mois de l'année en cours, l'AMDH a ajouté un rapport traita nt des violations des droits humains lors du premier semestre de 2011.

Une série de violations a été enregistrée par l'association depuis le début de l'année en cours. « Printemps Marocain » oblige, les nombreuses manifestations organisées par les jeunes du 20 février ont, pour quelques-unes au moins, été émaillées de « violations des droits à manifester pacifiquement » ; on se souvient de la sanglante répression du 13 mars, et des autres qui se sont déroulées plus récemment. Pire, l'AMDH relève de nombreux cas d'enlèvement et de détention politique, dont l'arrestation de leur militant Seddik Kabbouri, président de la section de l'AMDH à Bouarfa, mais aussi de dizaines d'autres personnes dont de nombreux jeunes du Mouvement du 20 février. Ceux-ci n'ont pas été les seuls à être inquiétés par l'appareil de répression, les journalistes ont à leur tour été visés.

Des bulletins négatifs «oubliés»

Plus proche de nous, la campagne référendaire, qui a souffert de nombreuses violations, regrette l'association. La première des violations, déplore l'AMDH, a été enregistrée « à l'annonce officielle du référendum », lorsque le roi avait annoncé sa propre intention de vote, 2 jours avant le début officiel de la campagne. Plusieurs autres violations ont émaillé la campagne référendaire, la plus grave d'entre elles étant « la violation flagrante de l'obligation d'impartialité des autorités », précise le rapport. L'association regrette l'implication des agents de l'administration : moqaddems et autres, dans la campagne menée en faveur du « oui», de même que l'utilisation de biens publics affin d'appuyer le projet constitutionnel. Présente dans un certain nombre de bureaux de vote lors du scrutin, l'AMDH n'a pas manqué de relever plusieurs irrégularités, dont la plus grave était l'absence de bulletins négatifs dans quelques bureaux de vote.

Reda Mouhsine

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http://www.spsrasd.info/fr/content/droits-de-l%E2%80%99homme-le-maroc-n%E2%80%99-pas-de-volont%C3%A9-politique-pour-appliquer-ses-engagements-rappor

Droits de l'homme : le Maroc n'a pas de volonté politique pour appliquer ses engagements (rapport ONG)

mar, 12/07/2011 - 18:46

Rabat, 12 juillet 2011 (SPS)- Une organisation marocaine des droits de l'homme a estimé mardi que le Maroc ne tenait pas compte des éléments constitutifs de l'Etat de droit et n'avait pas de volonté politique quant à l'application de ses engagements en matière des droits humains.
L'Association marocaine des droits humains (AMDH) a souligné dans son rapport annuel sur la violation des droits humains au Maroc en 2010 et dont l'évaluation générale était basée sur le référentiel universel que "la situation des droits humains se caractérise par l'élargissement de l'écart entre le discours officiel (à) et la pratique réelle des appareils de l'Etat".
Ce rapport annuel présenté lors d'une conférence de presse affirme que cette absence de volonté politique "s'est avéré principalement dans le désengagement de l'Etat quant à la mise en oeuvre des principales recommandations de l'Instance équité et réconciliation (IER) et l'orientation de la politique de l'Etat sur la voie de la régression pour ce qui est des acquis en matière des droits humains".
Le rapport constate "la poursuite des violations graves des droits humains, la dégradation de la situation dans les prisons, de la justice et ceux qui en découle comme violation quotidienne des droits des citoyennes".
Il relève ainsi "la détérioration des droits économiques, sociaux et culturels, en plus de la persistance de la discrimination contre les femmes, la dégradation de la situation des enfants, la violation croissante des droits des immigrés et des demandeurs d'asile subsahariens et l'absence effective de la protection du droit à un environnement sain".
S'agissant du chapitre "droits politiques et civils", l'AMDH a indiqué qu'"elle a suivi de nombreuses violations portant atteinte au droit à la vie et où la responsabilité de l'Etat s'est avérée soit directement soit indirectement et ce à cause de la violence infligée aux citoyens dans les centres de police, les lieux publics, les centres de santé du fait de la négligence, les prisons à cause du surpeuplement et de l'absence des conditions de sécurité sanitaire".
"Les violations de ces droits sont des pratiques sans cesse répétées par l'autorité ce qui se reflète de par les aspects de la violence, la torture et les traitements dégradants et humiliants pratiqués par les différentes forces publiques à l'encontre des citoyens lors des manifestations et des sit-in, ou pendant la garde préventive ou lors de leurs arrestations par les patrouilles de sécurité", note le rapport de l'AMDH.
Le rapport estime que "la détention politique constitue toujours un phénomène essentiel illustrant la violation grave du système des droits humains au Maroc (à) malgré le discours sur le respect des droits humains et sur la prétendue clôture du dossier des violations graves du passé".
En outre, l'AMDH note dans son rapport qu'en 2010, la situation des libertés publiques au Maroc a connu de sensibles régressions et le rythme des violations (à) s'est accentué notamment pour ce qui est du droit de création des associations, de liberté de rassemblement, de liberté de la presse, de la liberté syndicale et de la liberté de déplacement".
Sur le plan judiciaire, le rapport conclut que "l'année 2010 a connu des violations flagrantes du droit à un procès équitable et particulièrement ceux des victimes de répression de la liberté d'opinion, d'expression, de la liberté de la presse, des syndicalistes et des victimes des protestations sociales ainsi que des militants droits-humanistes".
Concernant les droits économiques, sociaux et culturels, le rapport mentionne des violations en ce qui concerne les droits du travail, le droit à la santé, le droit au logement, le droit à l'éducation, les droits de la femme, les droits de l'enfant.
L'AMDH estime que les politiques suivies sont caractérisées par "le manque d'harmonie, la prévalence de l'approche théocratique, l'incompatibilité des méthodes adoptées avec les objectifs ciblés et l'absence d'un plan de développement intégré (à) ce qui a conduit à la détérioration des droits économiques, sociaux et culturels".
Par ailleurs, l'Organisation non gouvernementale marocaine a consacré rapport sur les données principales caractérisant la situation des droits humains durant les six premiers mois de l'année 2011.
L'ONG a relevé dans son chapitre sur les droits civils et politiques que les violations en rapport avec "l'action populaire créée par le Mouvement du 20 février, la répression atroce et la violence exercées à son encontre ont porté atteinte à la vie".
Elle relève également que durant ces six premiers mois "l'appareil judiciaire est encore utilisé par les appareils exécutifs" pour qu'il prononce à l'encontre notamment de journalistes (Rachid Nini, Mustapha Alaoui) des peines "abusives dans des procès où les normes équitables sont inexistantes". Enfin, le rapport de l'AMDH constate p lusieurs violations concernant le déroulement du référendum sur le projet de la constitution amendée par notamment "l'utilisation horrible de la religion dans la lutte politique de la part de l'Etat en utilisant les mosquées et les zaouias pour appuyer la position officielle et l'exploitation de la domination des médias publics par l'Etat, le recours à la pression, au chantage et à l'intimidation des citoyens".
"Les normes d'intégrité, de transparence et d'égalité des citoyens ont été violées durant toutes les phases et les étapes du processus référendaire ce qui a eu des répercussions sur la crédibilité et la validité des résultats annoncées", conclut le rapport de l'AMDH. (SPS)

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http://www.demainonline.com/2011/07/13/qui-a-tue-le-garde-du-corps-de-mohamed-vi/

Pour Driss El Yazami, le Maroc « avance » avec ses « avancées »

Driss El Yazami quand il sévissait à la FIDH

Rabat.- Le président du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), Driss El Yazami, se trouve actuellement aux Etats-Unis pour, comme ses prédécesseurs avant lui, vendre la « démocratie marocaine ».

Selon la MAP, El Yazami a emporté avec lui une copie de la nouvelle « feuille de route » qui attesterait que les réformes « lancées depuis bien longtemps et qui connaissent ces derniers mois une nette accélération ».

Le Maroc, a déclaré le patron de la boutique droits-de-l'hommiste du Makhzen a « lancé des réformes avant même l'avènement du Printemps arabe ». Il a ensuite énuméré ces « avancées » en matière de droits de l'Homme.

Ce qui est extraordinaire c'est qu'avec des pénitenciers pleins à craquer de prisonniers politiques, certains ayant été violés par des agents de la police politique (Merci YouTube !), et de pauvres bougres condamnés pour atteinte à l'ancienne sacralité, quand il ne s'agit pas de journalistes incarcérés ou interdits d'écriture, on trouve encore au Maroc des responsables qui parlent encore d' « avancées » dans les droits de l'homme.

Surtout après la mascarade du référendum de la nouvelle constitution octroyée où l'Etat a « avancé » tous ses moyens, humains et matériels, pour faire « bien » voter le peuple.

Mais bon, le fonctionnariat a de bon le fait qu'on peut pérorer des tonnes de bêtises sans être tenu pour responsable des non-sens débités.

Badr Soundouss

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=159714

(Samedi 23 Juillet 2011)

à cause d'une caricature de Dilem
"Courrier international" interdit au Maroc

Par : Rubrique Radar

Le dernier numéro de Courrier international daté de la deuxième quinzaine de juillet a été interdit à la vente au Maroc pour cause de propos et caricature diffamatoires à l'égard du roi Mohammed VI.
En effet,
- un dessin de notre caricaturiste Dilem intitulé "Le Roi Mohammed VI est prêt à partager le pouvoir avec son premier ministre"
- ainsi que deux articles l'un intitulé "Mohammed VI, un roi en or massif" et l'autre "Mohammed VI, toujours aussi riche" semblent être tombés sous le coup de l'article 29 du code marocain de la presse qui autorise le ministre marocain de la Communication à interdire des publications "lorsqu'elles portent atteinte à la religion islamique, au régime monarchique, à l'intégrité territoriale, au respect dû au Roi ou à l'ordre public".

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http://www.telquel-online.com/483/lessentiel_483.shtml

Le censeur s'entête

L'hebdomadaire Courrier International a été interdit de diffusion au Maroc, sur décision du ministère de la Communication. L'édition du 13 juillet reprenait un récent éditorial de TelQuel accompagné d'un dessin du roi Mohammed VI par le caricaturiste algérien Dilem. "L'article de TelQuel ne nous pose aucun problème, mais la caricature est excessive et insultante pour la personne du roi", commente un responsable au ministère de la Communication.

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http://www.courrierinternational.com/article/2009/07/09/mohammed-vi-un-roi-en-or-massif

Presse: Le Courrier International interdit de vente au Maroc

Mohammed VI, un roi en or massif

Au pouvoir depuis dix ans, le souverain marocain serait, selon le magazine financier Forbes, l'un des hommes les plus riches du monde. Et sa fortune aurait doublé au cours des dernières années.

09.07.2009&#8195;|&#8195;Fédoua Tounassi&#8195;|&#8195;Le Journal hebdomadaire

Selon Le Journal hebdomadaire, "le budget de l'Etat marocain prévoit une pension et une rente mensuelles de 1,8 million de dirhams [160 000 euros] au profit de la famille royale. Ce montant englobe les pensions versées au roi Mohammed VI et à ses frère et sœurs. Le frère du roi, Moulay Rachid, et ses sœurs ont leurs propres `salaires', versés par l'Etat marocain en contrepartie de leurs fonctions officielles."

Alors que la crise économique mondiale a eu des répercussions généralement négatives sur les fortunes des monarques du monde entier, Mohammed VI s'en tire plutôt bien : il a vu ses revenus presque doubler, contrairement aux autres. Il est à la tête d'un joli pactole s'élevant à 2,5 milliards de dollars [1,8 milliard d'euros] et il caracole à la septième place des rois les plus aisés du monde sur une liste comprenant quinze souverains. C'est ce que révèle le dernier palmarès du magazine américain Forbes. La publication spécialisée dans l'évaluation des fortunes des grandes célébrités de ce monde, notamment les monarques, place le roi du Maroc à la tête du classement relatif à l'accroissement des richesses pour l'année 2008. Sa fortune dépasse ainsi la fortune de l'émir du Qatar et elle est six fois supérieure à celle de l'émir du Koweït. Il laisse à la traîne les fortunes du prince de Monaco, Albert II, de la reine d'Angleterre, Elisabeth II, et de la reine Beatrix des Pays-Bas. La même source attribue cette augmentation à la hausse importante des prix du phosphate sur les marchés mondiaux de matières premières. "Ce qui est complètement faux, puisque l'Office chérifien des phosphates (OCP) est une entreprise publique et que le roi n'y possède pas de participations", nuance un retraité de l'OCP. "Il est vrai que, dans le temps, une partie des bénéfices des phosphates était réservée à la monarchie, notamment durant le début du règne de Hassan II, en application d'un décret qui existait depuis le protectorat. Mais, depuis, ce décret a été abrogé", poursuit-il.

Une telle augmentation de la fortune royale paraît peut-être tirée par les cheveux, mais les faits sont pourtant là : être aussi fortuné dans un pays où plus de 5 millions d'habitants vivent avec 10 dirhams par jour [0,88 euro], où le salaire minimum légal est de 55 dirhams par jour [5 euros], est plutôt troublant. Rappelons que le Maroc est toujours à la 126e place dans le classement du rapport mondial sur le développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et que le taux de pauvreté au Maroc est passé à 18,1 %. La dette extérieure publique du Maroc a enregistré une augmentation de 10 % par rapport à 2007, pour atteindre la somme de 11,9 milliards d'euros. Cela représente 20 % du PIB et 39 % des recettes courantes de la balance des paiements. Cette situation critique rend le train de vie fastueux du roi plus que choquant. Celui-ci perçoit une liste civile de 40 000 dollars mensuels non soumis à l'impôt. Dans son article, Forbes souligne également que l'entretien et la maintenance des douze palais royaux, répartis sur tout le territoire marocain, nécessitent une dépense évaluée à 1 million de dollars par jour. Car le palais est un gros employeur, avec pas moins de 1 100 postes budgétaires pour une masse salariale annuelle d'environ 70 millions de dollars. Le budget dédié au parc automobile est de 7 millions de dollars, auxquels s'ajoutent quelque 2 millions de dollars de dépenses vestimentaires. "Mohammed VI a amassé, depuis qu'il a succédé à son père Hassan II, en 1999, une importante fortune qui fait de lui l'un des monarques les plus riches de la ­planète", confie une source ayant requis l'anonymat.

La fortune de Mohammed VI a été multipliée par cinq

"Jamais Hassan II ni la famille royale ne sont apparus dans les classements des fortunes mondiales, établis notamment par le magazine américain Forbes", ajoute cet observateur. Alors qu'elle était estimée à 500 millions de dollars au début des années 2000, la fortune de Mohammed VI a en effet été multipliée par cinq, à en croire le magazine américain. Et encore, ce n'est que la partie visible de l'iceberg. La fortune royale a toujours été enveloppée d'un halo de mystère. Rares sont les personnes qui ont osé faire des estimations de cette fortune. Dans les années 1990, Abdelmoumen Diouri, un opposant au régime, avait tenté de faire l'inventaire des biens de Hassan II. L'estimation, fortement contestée par le palais, établissait la fortune royale à quelque 10 milliards de francs en dépôt dans différentes banques européennes et américaines. Elle comprend, au Maroc, une vingtaine de palais, plusieurs milliers d'hectares de terres agricoles qui ont été pour la plupart confisquées aux colons à la suite de la "marocanisation" instaurée par Hassan II, le groupe Omnium nord-africain (ONA : mines, agro-industrie, communications, assurances, distribution), la Sevam (emballage, embouteillage), Primarios (mobilier), la Compagnie chérifienne des textiles (CCT : textiles, films de serre agricole)… Plusieurs immeubles à Paris et à New York, de nombreuses propriétés en France et aux Etats-Unis. Au début de son règne, l'entourage du monarque avait peaufiné pour lui une image de "roi des pauvres", qui a vite cédé la place à celle d'un roi amasseur de fortune. Aujourd'hui, il est plus que jamais présent dans le paysage économique du pays. Détenteur de la plus imposante fortune du pays, le roi est à la fois premier entrepreneur, ­premier banquier, premier exploitant ­agricole, etc. "Monarque exécutif", comme il insiste pour le rappeler dans certains de ses discours, il bénéficie de pouvoirs constitutionnels lui conférant le statut hégémonique de juge et partie. Cette situation suscite de plus en plus de commentaires appuyés de la part d'investisseurs nationaux et étrangers. On se souvient du coup d'éclat de Miloud Chaâbi, patron d'Ynna Holding, qui a appelé à ce que le monarque "sorte des affaires". La prévalence de la monarchie dans le secteur économique n'a jamais été aussi forte. Elle s'est accentuée depuis la mort de Hassan II. L'argument qui veut que le chef de l'Etat soit aussi aux commandes de l'économie pour mener la locomotive d'un royaume à la ­croissance présente plusieurs limites. La manière déséquilibrée dont sont menées ses affaires et la prédation de ses holdings depuis son accession au trône battent en brèche cette argumentation. La fortune royale a toujours été un grand tabou. L'estimation de Forbes est bien en deçà de la réalité. Et pour cause : du peu que l'on connaît à travers la cotation en Bourse (holdings ONA, SNI et autres), on atteint allègrement 1,5 milliard de dollars. Qu'en est-il du patrimoine foncier hérité de Hassan II, des nombreuses propriétés en France, aux Etats-Unis et en Amérique latine ? "C'est plutôt grâce à ce patrimoine foncier que la fortune du roi a été presque multipliée par deux en l'espace d'une année", déclare un observateur. La flambée de l'immobilier qu'ont connue le Maroc et le reste du monde en 2006 et 2007 a fortement contribué à remplir les caisses de la monarchie. La montée en puissance du roi dans les affaires ces dernières années n'est que le prélude à des visées plus gargantuesques.

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3. LE "PARADIS" PROMIS PAR LE MAKHZEN AUX SAHRAOUIS
http://www.demainonline.com/2011/07/06/bienvenue-au-maroc/

Bienvenue au Maroc !

Lieu : Hôpital Sidi Bennour, province d'El Jadida, Maroc. Date : Juillet 2011

Casablanca.- C'est une photo insupportable. Cette jeune femme, selon un témoin qui l'a photographiée, a dû attendre durant trois longues heures, oubliée, dans un couloir de l'hôpital de Sidi Bennour, une petite ville située à quelques kilomètres d'El Jadida, dans la région de Doukkala-Abda.

Comme personne ne venait, et que les douleurs devenaient insupportables, la femme a opté par faire sortir elle-même son bébé.

Devant des témoins ahuris, et en l'absence de médecins et d'infirmiers, dans une indifférence quasi aboslue, le bébé est finalement venu au monde. Baigné dans le liquide amniotique et le sang de sa mère.

Bienvenue au Maroc !

Thami Afailal

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4. UN CRIME AUX ALENTOURS DU MAKHZEN

Meurtre du garde du corps de Mohammed VI : L'un des agresseurs serait un ancien du Palais

[Date de publication] 26.07.2011 | 13h07
Oumar Baldé

Le garde du corps de Mohammed VI, Salim Abdellah Saïdi, aurait été victime des coups de feu d'un de ses amis. Ce dernier, un ancien élément de la Garde royale, aurait même évolué au Palais pendant des années avant d'y être écarté. Reconverti dans le vol, il serait bien connu des services de sécurité pour ses fréquents séjours en prison. Le second suspect, lui, serait toujours en fuite.

De nouveaux éléments ont été apportés concernant l'enquête sur la mort de Salim Abdellah Saïdi, le garde du corps du roi Mohammed VI, décédé des suites de ses graves blessures après son agression à son domicile dans la soirée du vendredi 8 juillet dernier. L'un de ses deux agresseurs présumés, en soin à l'hôpital Ibn Sina de Rabat, aurait eu des liens d'amitié avec le défunt. Selon le quotidien arabophone « Al Massae » (de ce mardi 26 juillet), ce supect s'appelle Mohammed Bidaoui, et a exercé pendant des années au Palais royal avant d'y être débarqué pour faute professionnelle.

En effet, l'homme est présenté comme étant un ancien élément de la garde royale et le fils d'un ancien militaire qui a quitté les rangs de l'armée à l'âge de la retraite. L'agresseur présumé n'était pas inconnu des services sécuritaires, du fait de ses antécédents judiciaires et de ses fréquents séjours en prison. Selon la même source, il habite le quartier Akkari de Rabat et c'est là qu'il aurait été le dernier à rencontrer le second suspect le soir de leur forfait. Ce dernier, également présenté comme un ancien militaire, serait encore en fuite et activement recherché par les différents services sécuritaires impliqués dans l'enquête.

Les deux hommes, à en croire la Direction générale de la sûreté nationale, se sont introduits le soir du 8 juillet au domicile du défunt agent de la sécurité royale « avec l'intention de le cambrioler, obligeant ce dernier à faire usage de son arme à feu blessant un des agresseurs avant d'être lui-même victime d'un coup de feu ». Il avait, par la suite, subi plusieurs interventions chirurgicales à l'hôpital Ibn Sina, en vain. Dans un premier temps, sa famille avait eu du mal à accepter cette version officielle, refusant même de réceptionner le corps de la victime, avant de se résigner et de faire savoir qu'elle faisait confiance à la justice. Salim Abdellah Saïdi a été inhumé le mercredi 13 juillet dernier au cimetière « Achouhada » de Rabat.

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http://www.demainonline.com/2011/07/13/qui-a-tue-le-garde-du-corps-de-mohamed-vi/

Qui a tué le garde du corps de Mohamed VI ?

Rabat.- Le garde du corps du roi Mohamed VI, Abdellah Salim Saïdi, est décédé hier, mardi 12 juillet, à l'hôpital Avicenne de Rabat. L'homme qui veillait à la sécurité physique du souverain avait reçu plusieurs balles dans le ventre vendredi dernier dans son appartement de Rabat, au quartier Hassan. Il avait depuis subi plusieurs opérations chirurgicales dans cet hôpital.

Saïdi, qui était âgé de 47 ans, était un professionnel de la sécurité. Outre Mohamed VI, il avait dans le passé assuré la sécurité du roi Abdallah d'Arabie saoudite et de l'ex-président français Jacques Chirac.

Selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), l'agression aurait été commise par deux hommes armés, dont l'un a été blessé et arrêté durant l'attaque contre l'officier de police.

Alors que de depuis quelque temps de mystérieuses agressions physiques sont menées, par des professionnels qui ne craignent pas de le faire à visage découvert, se multiplient contre des journalistes et des dissidents, cette agression qui a frappé l'homme qui doit protéger le chef de l'Etat pose une série de questions.

1°/ Abdellah Salim Saïdi a-t-il réellement été agressé là où on dit ?

2 °/ Et si oui, pourquoi a-t-il été agressé ?

3 °/ Par qui ?

4 °/ Qui dans ce pays peut oser attaquer le garde du corps personnel du roi ?

5°/ Comment ses agresseurs ont pu obtenir son adresse privée ?

6°/ Qui porte des armes au Maroc ?

A moins qu'on soit revenu à l'époque du western marocain, c'est-à-dire aux temps troubles de la Siba, il est évident que quelque chose cloche dans cette histoire.

D'autant plus que selon le site arabophone Goud, la famille de Saïdi aurait refusé de réceptionner le corps de la victime jusqu'à ce que la lumière soit faite sur cette ténébreuse affaire.

Badr Soundouss

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http://www.yabiladi.com/articles/details/6153/maroc-garde-corps-mohammed-victime.html

Maroc : Un garde du corps de Mohammed VI victime d'une agression mortelle

[Date de publication] 13.07.2011 | 18h50

Oumar Baldé

Victime d'une agression vendredi dernier, Abdellah Salim Saïdi, garde du corps du roi Mohammed VI est finalement décédé des suites de ses graves blessures. Un des deux agresseurs est toujours en fuite, alors que la famille de la victime semble avoir hésité dans un premier temps à croire à la version officielle des circonstances de l'attaque qui a conduit à la mort de l'agent de sécurité.
Abdellah Salim Saïdi (à droite sur l'image)

Une agression qui fut fatale au garde du corps du roi Mohammed VI. Abdellah Salim Saïdi, le commissaire, qui assurait la sécurité du roi, est mort des suites de blessures subies lors d'une « tentative de cambriolage », le vendredi dernier, dans son appartement du quartier Hassan à Rabat. Transporté à l'hôpital, il a subi plusieurs interventions chirurgicales, en vain. Il a finalement rendu l'âme dans la soirée de ce mardi 12 juillet à l'hôpital Ibn Sina de Rabat.

Le vendredi 8 juillet dernier, vers 23h, deux individus se sont introduits chez le défunt « avec l'intention de le cambrioler, obligeant ce dernier à faire usage de son arme à feu blessant un des agresseurs avant d'être lui-même victime d'un coup de feu », rapporte la MAP, qui cite un communiqué de la Direction générale de la sureté nationale. Selon la DGSN toujours, un des agresseurs blessé durant les échanges de tirs, est admis à l'hôpital, mais son état de santé ne lui permet pas d'être interrogé. Son complice en fuite est activement recherché. Une enquête est en cours, sous le contrôle du parquet général de la cour d'appel de Rabat.

Cette version officielle des faits, semble avoir été mise en doute par des membres de la famille d'Abdellah Salim Saïdi. En effet, selon le site arabophone Goud.ma, les proches du défunt auraient refusé, dans un premier temps, de réceptionner le corps de la victime avant que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Par la suite, la famille a cependant fait savoir par voie de communiqué, qu'elle faisait « confiance à la justice ». Le garde du corps du roi devait finalement être inhumé ce mercredi après midi, au cimetière « Achouhada » de Rabat.

Abdellah Salim Saïdi, décédé à l'âge de 47 ans, a exercé pendant plus de 20 ans dans les milieux sécuritaires et a notamment été en charge de la sécurité du roi Abdallah d'Arabie Saoudite lors de son dernier séjour au Maroc. L'ex-président français Jacques Chirac a également bénéficié de ses services.

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http://www.yabiladi.com/articles/details/6207/agression-garde-corps-mohammed-second.html

Agression du garde du corps de Mohammed VI : Le second suspect aurait fréquenté l'armée

[Date de publication] 18.07.2011 | 11h50
La rédaction

L'enquête sur l'agression mortelle d'Abdellah Salim Saidi, l'un des gardes du corps personnel du roi Mohammed VI se poursuit toujours.

Selon le quotidien arabophone « Assabah » dans sa livraison de ce lundi 18 juillet 2011, le second suspect en fuite aurait fréquenté les services de l'armée. « Assabah », qui cite en ce sens des sources sécuritaires, ajoute que c'est cet homme en cabale, sachant manier l'arme à feu, qui aurait tiré sur le défunt commissaire.

Plusieurs services de la police nationale sont impliqués dans la traque de ce second suspect. Il est le dernier à avoir rencontré le premier suspect, dans la soirée du vendredi 8 dernier, au quartier Aqari de Rabat, avant la « tentative de cambriolage » du domicile du garde du corps de Mohammed VI. Ces informations ont été obtenues du premier suspect, toujours soigné à l'hôpital Ibn Sina de Rabat. Le quotidien arabophone ajoute par ailleurs que des rumeurs font état de l'arrestation du second homme. Une nouvelle non encore confirmée auprès des services sécuritaires.

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http://www.telquel-online.com/483/actu_maroc4_483.shtml

Assassinat. Mais qui a donc tué Saïdi ?

L'affaire de l'assassinat de Abdellah Saïdi, garde du corps de Moham?-med VI, n'en finit pas de connaître des rebondissements. Les deux assaillants qui se seraient introduits dans son appartement dans la nuit du 8 juillet "avec l'intention de le cambrioler", seraient, selon certaines sources citées par le site d'information goud.ma, des amis de la victime. L'un d'entre eux, blessé par balle durant l'accrochage qui a conduit à la mort de Saïdi, est toujours dans un état critique et ne peut encore subir d'interrogatoire. Le deuxième, lui, a été identifié mais les services de police ne seraient pas encore parvenus à l'appréhender. L'assassinat de ce responsable de la sécurité royale a constitué un véritable feuilleton durant la semaine. Les rumeurs les plus folles ont circulé autour de son implication dans un réseau de trafic de drogue. On parle aussi d'un règlement de comptes. Les services de police auraient complètement écarté cette piste, mais l'affaire n'a pas encore été tirée au clair.

Yousra Khalis

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http://panoramaroc.ma/fr/index.php/presse-quotidienne/societe/faits-divers/1324-la-bnpj-sinvite-dans-lenquete-sur-lassassinat-de-lofficier-de-securite-du-roi

La BNPJ s'invite dans l'enquête sur l'assassinat de l'officier de sécurité du roi

Créé le Dimanche, 17 juillet 2011 21:16

La Brigade nationale de la Police judiciaire est entrée à son tour dans l'enquête sur l'assasinat de l'ancien officier de sécurité du roi, Salim Abdallah Saâïdi, mort mardi dernier de la suite des blessures occasionnées lors de son agression chez lui vendredi soir 8 juillet. Ainsi, les enquêteurs de la BNPJ se sont transportés au quartier Akkari, où réside le premier suspect, blessé pendant l'agression et hospitalisé au CHU Ibn Sina, sous étroite surveillance policière, mais toujours inconscient. Ce suspect, surnommé el Bidaoui, reste la seule personne capable actuellement de fournir des informations sur ce qui s'est passé, Saâïdi étant décédé et le second suspect toujours en fuite.

Par ailleurs, on apprend que d'autres services se sont impliqués, comme la DST qui a reçu pour mission de trouver ce second suspect, et qui aurait déterminé son identité et l'aurait même arrêté, ce qui n'est pas confirmé par des sources au sein de la police. La DST aurait identifié ce suspect malgré le fait qu'elle ne dispose pas d'éléments précis ; mais la maîtrise des armes à feu par cette personne, laisse supposer qu'il s'agirait d'un militaire, ajoutée au fait qu'elle est la dernière à avoir rencontré el Bidaoui avant l'agression, en font un suspect idéal pour les policiers de la DST. Les convictions de cette dernière sont renforcées par la probabilité d'un second revolver dans l'appartement, à part celui de Saâïdi, celui-ci ayant été touché par une balle qui ne provenait pas de son arme de service et que n'aurait pas tirée el Bidaoui.

L'enquête continue donc, avec l'audition par les policiers des différents services des voisins de Saâïdi, ainsi que de son collègue qui était venu le conduire à l'hôpital après que Saâïdi, blessé, l'ait appelé pour venir à son secours.

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5. ÉTUDES SUR LES TYRANS
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110728.OBS7785/l-enquete-de-l-obs-mohammed-vi-l-intouchable.html

L'enquête de l'Obs. Mohammed VI, l'intouchable ?

Publié le 28-07-11 à 13:44 Modifié à 22:02
par Le Nouvel Observateur

Le 30 juillet, malgré la contestation qui a agité le pays, les dignitaires du régime feront allégeance au roi comme à chaque fête du Trône.

Par Sara Daniel

Mohammed VI avec son fils Moulay el-Hassan et son frère Moulay Rachid le 9 mars 2011 (SIPA) Mohammed VI avec son fils Moulay el-Hassan et son frère Moulay Rachid le 9 mars 2011 (SIPA)

"Vous n'allez pas écrire que le roi aime le risotto ?", supplie le cuisinier du restaurant italien d'un grand hôtel de Marrakech, éperdu d'avoir laissé échapper ce secret défense devant une journaliste. Et cet habitué du palais qui regrette d'en avoir trop dit : dans un moment d'exaltation, il vient en effet de louer la bonté de Mohammed VI, qui fait la lecture tous les jours à un ami malade. Mais surtout, qu'on ne le cite pas : "Sa Majesté pourrait me soupçonner de flagornerie..." A l'heure où les faits et gestes de la plupart des têtes couronnées sont aussi médiatisés que ceux des stars de cinéma, il est interdit de parler du monarque marocain, même pour en dire du bien.

Dans son royaume, il est l'objet d'une étrange vénération

Qui est cet homme de 48 ans qui règne depuis près de douze ans sur le royaume chérifien ? Regard noir, cheveux ras, toujours l'ombre d'une barbe sur un visage impénétrable. Alors que le Maroc est à son tour gagné par la fièvre démocratique qui s'empare du monde arabe, il sera peut-être le seul dirigeant de la région à avoir su désamorcer la révolte à temps. En Occident, il incarne la modernité et l'ouverture. Mais, dans son royaume, il est l'objet d'une étrange vénération. "Faire un portrait du roi, vous n'y pensez pas '.C'est impossible. Le rencontrer ? Il serait plus facile de voir Dieu...", s'exclame un diplomate proche du palais. Le roi est le secret le mieux gardé du royaume. Le sujet tabou par excellence, l'une des dernières lignes blanches - avec la question du Sahara occidental - que la presse ne doit franchir sous aucun prétexte. Il y a deux ans, l'hebdomadaire "Tel Quel" a été interdit pour avoir osé évaluer le bilan du monarque. Le sondage montrait pourtant que 91% des Marocains le jugeaient positif ou très positif !

Pourquoi ce respect qui semble s'imposer à tous ?

Comme le Seigneur des Ténèbres dans "Harry Potter", Mohammed VI est celui dont on ose à peine prononcer le nom. Pourquoi tant de mystère ? Pourquoi ce respect qui semble s'imposer à tous ? Bien sûr, "le peuple l'aime". Le 1er juillet, les Marocains ont plébiscité par référendum son projet de révision constitutionnelle, avec un enthousiasme et un score (98%) qu'un Ben Ali ou un Kadhafi n'obtenaient qu'en bourrant les urnes et en achetant les voix. Mais cette popularité n'explique pas à elle seule la "sanctuarisation" de celui que l'on surnomme ici "M6". Le roi lui-même entend se protéger. Surtout, sa cour et la classe dirigeante marocaine travaillent de concert pour le soustraire aux curiosités. Plus encore aujourd'hui, en ces temps troubles de printemps arabe aux révoltes contagieuses, il faut gommer l'homme pour consolider le mythe.

Magique aux yeux de ses sujets

"Sous Hassan II, on avait peur du roi, aujourd'hui, on a peur pour lui", avaient coutume de dire les Marocains au début du règne de Mohammed VI. Désormais, face au pays qui gronde, l'élite marocaine a aussi peur pour ses privilèges et se retranche derrière la monarchie consensuelle, ses rites et ses fastes. La hiba, ce sentiment de crainte et de déférence qui faisait courber l'échine aux sujets de Hassan II, a rejailli sur son fils parce que le makhzen, l'"Etat" marocain, y trouve son compte. Il suffit pour s'en convaincre d'observer ces directeurs d'entreprise qui, recevant un coup de fil du palais, se dressent soudain au garde-à-vous alors que leur interlocuteur ne peut pas les voir... Dans ce pays où l'identité nationale s'est construite autour de la monarchie, M6 a beau avoir abdiqué son caractère sacré, il reste magique aux yeux de ses sujets. Après le résultat du référendum, malgré la chaleur de l'été, l'aristocratie respire. C'est la monarchie et la vénération qu'elle suscite chez les Marocains qui retarde l'heure des comptes.

M6 a toujours détesté parler en public

Voilà pourquoi, dès qu'on pose la question la plus anodine sur Sa Majesté, on vous regarde comme si vous aviez commis la pire des inconvenances. Il ne faut pas donner un "corps au roi". L'homme, pourtant, a une histoire, lourde et pleine de secrets. Il fallait le voir le 17 juin dernier. C'était le jour le plus important de son règne. Mais, comme souvent, il donnait l'impression de vouloir être ailleurs... Ce soir-là, vers 20 heures, le Commandeur des Croyants s'engage à limiter ses pouvoirs et à instaurer une monarchie parlementaire. Un discours historique. Mais le roi avale péniblement sa salive et se lance dans une récitation fastidieuse des articles de loi, les yeux rivés sur ses papiers. "Cher peuple, je m'adresse à toi pour renouveler notre pacte par une nouvelle Constitution..." M6 a toujours détesté parler en public. Son premier discours, il l'a prononcé en tremblant à l'âge de 7 ans devant des agriculteurs, sous le regard impitoyable de son père.

Ce trône démesuré se profilant derrière lui comme une menace

L'ombre d'Hassan II est toujours là, écrasante. Et chaque péroraison ravive le souvenir de ces moments solennels où l'effroi le disputait à l'ennui quand le petit Mohammed n'était que le figurant de son célèbre géniteur. En 1974, à 10 ans, il avait été chargé de le représenter à l'enterrement de Georges Pompidou. Un enfant habillé d'une djellaba blanche et coiffé d'un tarbouch grenat, l'air perdu sur les bancs de Notre-Dame. "J'avais l'impression d'être une petite virgule rouge dans la cathédrale...", dira plus tard Mohammed VI. Ce 17 juin 2011 aussi, devant les caméras qui filment ses promesses de "révolution tranquille", il a l'air au supplice. Engoncé dans un costume trop ajusté, flanqué pour symboliser la pérennité de la monarchie des deux héritiers du trône, son fils, le prince Moulay el-Hassan, et son frère, le prince Moulay Rachid, aussi raide que lui. Et puis il y a ce trône démesuré, rose et doré, qui se profile derrière lui, comme une menace. Avant d'y accéder, Mohammed VI a beaucoup enduré.

Convoqué à 5 h du matin par son père pour être sermonné

Son père Hassan II n'a jamais vu en Mohammed un fils, mais un successeur. Dès sa plus tendre enfance, il l'oblige à assister à toutes les audiences royales, tout en lui interdisant d'y prononcer un mot. Lorsque le prince a un accident de voiture à l'âge de 22 ans, il lâche : "L'inquiétude du roi a été supérieure à celle du père... Je voyais vingt années d'éducation, de formation complètement anéanties." Pour le former au métier de roi, Hassan II a appliqué les méthodes héritées de son père, Mohammed V. Contrôle serré des résultats scolaires, sélection sévère de ses camarades de classe - qui sont aujourd'hui devenus ses conseillers -, surveillance étouffante de ses loisirs... Mais Hassan II y a ajouté une dose de cruauté. Il convoque son fils à 5 heures du matin pour le sermonner, l'humilie publiquement. Sur les photos d'époque, on voit le jeune Mohammed, petit garçon tendre et rêveur, qui se tient craintif aux côtés de son père, avec ce rictus d'inconfort qui ne le quittera plus, comme s'il redoutait toujours de recevoir une correction. "Dans la société marocaine, Freud, nous ne connaissons pas, a dit un jour Hassan II dans une interview au "Figaro". On manipule ses enfants directement, même si ça fait mal à une jointure..."

Une violence qui a façonné le futur roi et son rapport au pouvoir

C'est cette violence, exercée par un père à la fois haï et admiré, qui a façonné le futur roi et son rapport au pouvoir. "Comme si Hassan II avait voulu faire payer à son fils le fait qu'un jour il allait lui succéder", explique un proche. La perversité du monarque est inépuisable. Ainsi il laisse entendre au prince héritier qu'il pourrait bien céder le trône à son cousin, le prince Moulay Hicham, un brillant jeune homme qu'il élève comme son fils depuis la mort de son père, et qui se montre passionné par cette chose publique qui assomme tant le petit Mohammed. Dans ces rivalités d'enfance vont naître les prémices d'une dissidence qui sera d'autant plus nocive pour le futur roi qu'elle vient du cercle le plus intime du palais. Plus tard, Moulay Hicham, qui appelle de ses voeux une réforme de la monarchie, ne ménagera pas ses critiques contre Mohammed VI. La presse, qu'il aime autant que son cousin la fuit, l'appellera "le prince rouge".

Sara Daniel – Le Nouvel Observateur

Retrouver l'intégralité de cet article dans Le Nouvel Observateur du 28 juillet 2011

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http://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/583-nouvel-os-enquete-sur-mohammed-vi-extraits.html

Le Nouvel Observateur enquête sur Mohammed VI -Extraits

Jeudi, 28 Juillet 2011 13:44 lakome.com

Le nouvel Observateur a eu accès à des sources proches du palais pour mener son enquête sur Mohammed VI. Pas tendre pour la monarchie et pour les élites du pays. Extraits. (Les intertitres sont de la rédaction de Lakome)

Mohammed VI et son image

…En Occident il incarne la modernité et l'ouverture. Mais dans son royaume, il est l'objet d'une étrange vénération. « Faire un portrait du roi, vous n'y pensez pas! C'est impossible. Le rencontrer ? Il serait plus facile de rencontrer Dieu.. » s'exclame un diplomate proche du palais ..

..Mohammed VI et C'était le jour le plus important de son règne. Mais, comme souvent, il donnait l'impression de vouloir être ailleurs…Ce soir là, vers 20 heures, le commandeur des croyants s'engage à limiter ses pouvoirs et à instaurer une monarchie parlementaire. Un discours historique. Mais le roi avale péniblement sa salive et se lance dans une récitation fastidieuse des articles de loi, les yeux rivés sur ses papiers…

..Comme le seigneur des ténèbres dans « Harry Potter », Mohammed VI est celui dont on ose à peine prononcer le nom..

Mohammed VI, Hassan II et Moulay Hicham

..Pour le former au métier de roi, Hassan II a appliqué les méthodes héritées de son père Mohammed V…Mais Hassan II y a ajouté une dose de cruauté. Il convoque son fils à cinq heures du matin pour le sermonner, l'humilie publiquement...

…C'est cette violence exercée par le père à la fois haï et admiré, qui a façonné le futur roi et son rapport au pouvoir. « Comme si Hassan II avait voulu faire payer à son fils le fait qu'un jour il allait lui succéder », explique un proche. La perversité du monarque est inépuisable. Ainsi il laisse entendre au prince héritier qu'il pourrait bien céder le trône à son cousin, le prince Moulay Hicham.... Dans cette rivalité d'enfance vont naître les prémices d'une dissidence d'autant plus nocive pour le futur roi qu'elle vient du cercle le plus intime du palais. Plus tard Moulay Hicham qui appelle de ses vœux une réforme de la monarchie, ne ménagera pas ses critiques contre Mohammed VI…

Les pièges du Pouvoir et les mœurs du Makhzen

…M6 rattrapé par le fantôme d'Hassan II. Les lourdeurs de la monarchie et d'une courtisanerie d'un autre âge. Comment résister lorsque vos anciens amis se prosternent devant vous, que vous vivez dans un monde où l'on dore à l'or fin les sabots de vos chevaux et que vous pouvez d'un froncement de sourcils décider des fortunes ou du malheur de vos sujets ?..

…« Mais le pire, c'est quand vous n'êtes même pas congédié. Vous l'apercevez encore, mais lui ne vous voit plus. Vous faites anti-chambre en vous gavant de clubs-sandwichs au homard, vous prenez du poids, malheureux en espérant regagner ses faveurs. Cela peut durer des mois » un membre du sérail qui a fait les frais des bouderies royales. Ces disgraciés, on les croise, mal peignés, presque en deuil, dans les salons de la haute bougeoisie marocaine. Il y a même une série de noms pour désigner leur triste condition : Le Moharem, le roi ne le voit plus ; le Penek, il ne lui parle plus…les bannis sont privés de fêtes nomades et de voyages officiels…

Le roi et l'argent

…Le roi des pauvres qui voulait pourtant rompre avec les habitudes de son père grand amateur de bijoux et de Rolls, ne cache désormais plus ses goûts de luxe. Il a ses habitudes dans les boutiques de la rue Saint Honoré à Paris et de Madison Avenue à New York...

…Sa dernière folie ? La construction du magnifique hôtel Royal Mansour à Marrakech, qu'il a supervisée lui-même jusqu'aux plus infimes détails. Les suites les plus luxueuses, vitrines des chefs-d'œuvre de l'artisanat marocain, abritent souvent la famille royale et sont facturées plusieurs dizaines de milliers d'euros la nuit…

...« Hassan II se servait de son argent pour consolider son pouvoir, M6 maximise ses richesses, il est de son temps » selon un grand banquier marocain...

...Selon les calculs de Forbes, l'entretien et la maintenance des palais royaux coûteraient 1 million de dollars par jour...

Mohammed VI et la bourgeoisie marocaine

..Cette captation des richesses par le palais a exaspéré « le makhzen économique », autrement dit la grande bourgeoisie marocaine. L'un de ses représentants enrage : « Les nouveaux conseillers bling-bling du roi ont pété les plombs. Nous au moins, nous avons l'argent discret. Un peu comme la bourgeoisie lyonnaise, si vous voulez. Et ils nous ont fait honte. ».

...Pour l'instant, "son peuple" lui a fait la politesse de croire que seuls ses deux conseillers (Majidi, El Himma) étaient responsables des maux dont souffre le Maroc. Jusqu'à quand? Et l'Homme d'affaires de la vieille école de paraphraser Giuseppe Tomasi, qui décrit dans "le guépard" une Sicile aux prises avec les tourments de la révolution: « Aujourd'hui, au Maroc, pour que rien ne change, ce que nous voulons tous, il faut que tout change. La constitution, mais surtout la redistribution des richesses »…

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http://www.slateafrique.com/345/mohammed-vi-maroc-dictateur-occident

mise à jour 10/02/2011,

Mohammed VI passé au détecteur de dictateurs

Auteur de l'ouvrage «Mohammed VI, le grand malentendu» le journaliste marocain Ali Amar s'interroge: l'Occident est-il trop indulgent avec le roi du Maroc?

L'Occident est-il trop indulgent avec un monarque féodal qui cultive une image de roi moderne, au moment où la rue arabe s'embrase?

Agé de 70 à 80 ans, dont en moyenne 30 ans au pouvoir, une carrière dans l'armée, un rejeton en attente de lui succéder, un régime de parti unique, une opposition laminée, un clan prédateur des richesses de son pays; voici le portrait-robot du dictateur arabe dans l'imaginaire occidental. On y reconnaîtra Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi.

Depuis que le maître de Carthage a pris la poudre d'escampette et que le raïs vacille sous les coups de boutoir du peuple cairote, les plus fins commentateurs de la rue arabe rivalisent d'analyses pour expliquer que dorénavant, le règne sans partage des potentats arabes ne garantit plus la sacro-sainte «stabilité» des pays qu'ils cadenassent de leur pouvoir jupitérien.

A la pointe septentrionale de ce monde qui ne connaît pas la démocratie, il existe aux yeux de l'Occident un «royaume acceptable» dont on ne parle presque pas depuis l'embrasement de Tunis et du Caire: le Maroc. Les aveux d'aveuglement sur le régime policier de Ben Ali, et sur le cynisme géostratégique qui fait jouer aux funambules diplomatiques les chancelleries occidentales au Proche-Orient ne concernent pas ce pays jugé à part. Pourquoi? Est-ce justifié?

Pour s'en assurer, il suffit de passer Mohammed VI au «détecteur de dictateurs».

Est-il un autocrate comme les autres?

Il a à son avantage sa jeunesse relative (47 ans) et d'être monté sur le trône il y a douze ans, après 38 ans de règne sans partage d'Hassan II, roi autocrate à l'ancienne. L'absolutisme du régime s'est régénéré, passant d'une monarchie ouvertement répressive à une «hypermonarchie». Celle-si s'emploie à assurer une continuité de ses institutions, avec une concentration inégalée des pouvoirs politique et économique tout en peaufinant son image de despote éclairé —et certainement moins caricatural que bien des tyrans arabes. Pourtant, le pouvoir très personnalisé du roi s'appuie presque exclusivement sur les hommes de son sérail.

Les plus en vue, qui sont deux de ses amis d'enfance, phagocytent des pans entiers du pouvoir: Fouad Ali El Himma en politique et Mohamed Mounir Majidi dans le monde des affaires. Aujourd'hui, le Cabinet royal, centre névralgique du pouvoir de Mohammed VI qui dirige en sous-main l'administration, a plus de suprématie que toutes les institutions représentatives cumulées —mettant ainsi à mal la redistribution des richesses, et ce malgré le lancement de grands chantiers d'infrastructure et d'initiatives dans le social, censées combler l'énorme retard du pays en matière de développement humain. A ce titre, le Maroc continue de végéter dans le bas des classements mondiaux.

L'effeuillage des prérogatives du gouvernement et la déliquescence des partis politiques expliquent d'ailleurs en grande partie la désaffection des Marocains pour les urnes.

D'où tire-t-il sa popularité ?

Mohammed VI a su profiter de l'image révulsive de son père en matière de droits de l'homme —sans renier l'essentiel de son héritage. Si son empathie pour les démunis ne semble pas feinte, elle est en tout cas savamment orchestrée par un culte de la personnalité exacerbé et une propagande d'un autre âge. Les Marocains redoutent aussi presque inconsciemment la fitna, un chaos social et identitaire qui naîtrait de la désagrégation de la Couronne, qui les unit culturellement. Le roi est de ce point de vue très largement plébiscité. Un récent sondage inédit le prouve, mais, comble de l'irrationnel, ce dernier a été interdit. Car au royaume du Maroc, la liberté d'expression s'arrête aux marches du Palais.

Est-il pour autant démocrate dans l'âme?

Le régime marocain est —sur le papier— une monarchie constitutionnelle. Mais il suffit de lire sa Constitution pour se rendre compte qu'il n'est assurément pas démocratique. Le principe de séparation des pouvoirs n'est pas reconnu. Le roi définit lui-même son régime comme étant une «monarchie exécutive», amalgamant son statut sacré de Commandeur des croyants avec celui temporel de chef de l'Etat. Le multipartisme existe depuis l'indépendance du pays, mais le Parlement est réduit à un rôle de caisse de résonnance des volontés du Palais, notamment lorsqu'il s'agit d'entériner le budget de la Cour royale ou celui de l'appareil sécuritaire. Les élections sont toujours largement manipulées, et le pouvoir du Premier ministre confine à de la figuration.

Désavouer la politique du monarque ou celle de son Cabinet, mettre en lumière la prédation économique de la classe dirigeante (et celle du roi lui-même), dénoncer la pratique de la torture par les sécuritaires, fustiger la justice d'abattage, la corruption rampante autant d'actions interprétées comme subversives pour justifier les châtiments infligés aux voix discordantes accusées de nihilisme.

Dans les faits, personne ne peut remettre en question ce que le Palais et son gouvernement définissent comme les «constantes de la nation», c'est à dire le caractère sacré du trône —y compris ses choix de gouvernance—, l'islam en tant que religion d'Etat, la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental et la sanctuarisation de l'appareil sécuritaire. Quant à la sphère privée du roi, elle demeure inviolable même lorsqu'elle interfère avec la politique de l'Etat.

Est-il à la tête d'un Etat répressif?

Après la disparition d'Hassan II, démocrates et réformateurs avaient parié sur une accélération de la dynamique qu'ils croyaient assurée avec un pouvoir rénové. L'opinion internationale a voulu croire aussi que la stabilité du pays s'accompagnerait d'une réelle tempérance du régime et d'une transition démocratique en douceur.

Ce ne fut pas le cas: la liberté de la presse, marqueur essentiel d'une telle promesse, a été bien souvent malmenée, la censure ayant rapidement repris le dessus. Les rares bastions de la presse d'investigation sont désormais en voie de disparition. A quelques rares exceptions, c'est le règne de la complaisance et du non-dit qui prévaut.

Si des gages ont été donnés sur le statut de la femme, qui s'apparente davantage au «féminisme d'Etat» tunisien, les libertés individuelles —dont celle du culte— sont loin d'être acquises. D'ailleurs, le processus de réconciliation n'a pas été mené jusqu'à son terme (la vérité sur les exactions commises sous Hassan II n'a été que partiellement dévoilée, sans mise en cause de certains responsables encore au pouvoir) et le Maroc embastille toujours ses opposants politiques qui se comptent parmi les militants des droits de l'homme, ainsi que les indépendantistes sahraouis et les islamistes.

Les ONG locales, les mouvements associatifs et contestataires, la presse, les réseaux sociaux et certains partis politiques canalisent les frustrations, voire servent d'alibi et de soupapes sociales. Les poussées de fièvre récurrentes au Maroc depuis quelques années prouvent que la hogra, ce sentiment d'injustice permanent ressenti dans tout le Maghreb, peut pousser à la révolte.

Bénéficie-t-il de l'indulgence de l'Occident?

Au-delà des intérêts stratégiques avec l'Occident et la France en particulier, et à l'instar d'autres régimes arabes, Mohammed VI joue à fond la carte du péril islamiste et d'un certain volontarisme économique et social pour justifier les scories féodales de son régime. Avec Paris, les attaches politiques sont quasi incestueuses. L'Europe a accordé le statut avancé au Maroc, un privilège qu'il ne partage qu'avec Israël au sud de la Méditerranée. Le Trône est aussi l'un des alliés inconditionnels des Etats-Unis dans sa guerre contre la terreur, au point d'avoir accepté comme Moubarak par exemple (et on l'oublie trop souvent) de participer à son programme de torture délocalisée sous Bush Jr.

Dans ce contexte de realpolitik, l'aspiration de voir enfin un des pays arabes les plus aptes à s'engager vers la démocratie —comme ont pu le faire l'Espagne après Franco, le Portugal après Salazar, la Grèce après les Colonels ou certains pays d'Amérique Latine après les dictatures militaires— a été vaine.

Ali Amar

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http://www.slateafrique.com/1129/in-bed-with-hassan-ii

mise à jour 02/04/2011,

In bed with Hassan II

Fin connaisseur du royaume, le journaliste Ignace Dalle vient de signer la plus intime biographie du plus absolu des rois du Maroc.

Douze ans après sa disparition, Hassan II ne laisse toujours pas indifférent. Loin de là. De nombreux ouvrages, dont celui célèbre Notre ami le roi de Gilles Perrault, ont retracé le très long et tumultueux règne de cet exceptionnel témoin de son siècle, marqué par tant de tragédies et d'histoires extraordinaires.

L'imposante biographie —un pavé de 700 pages— que lui consacre cette année le journaliste Ignace Dalle se lit comme un roman où l'on découvre un sultan des temps modernes, qui a élevé le raffinement dans la cruauté gratuite au rang de style de gouvernance, et avec qui seuls les grands mafieux, esthètes du crime et de la luxure, peuvent rivaliser. Et c'est probablement là où le travail de biographe de l'extrême, abattu avec brio par Dalle, trouve tout son intérêt.

Petites fripouilleries et esprit canaille

A la lecture de cette exploration fascinante des facettes les plus secrètes d'Hassan II, on y retrouve un Louis XI, pour son flair politique et pour son sens aigu de l'Etat, un Louis XIV dont le bon plaisir dictait seul la conduite de la cour, ou encore un Bonaparte pour ses stratégies de conquêtes du pouvoir. Il tenait de tous, mais aussi des sultans ottomans se délectant d'un monde secret et oppressant, celui des palais et de ses intrigues d'alcôve vénitiennes, notamment lorsqu'il s'éprend de la comédienne française Etchika Choureau, un temps égérie du réalisateur Antonioni et pour laquelle il a failli perdre le trône de ses ancêtres.

«Etchika s'est éprise de Moulay Hassan, autre "prince oriental" selon la presse people. Elle l'a rencontré à Cannes, où le prince se remet fastueusement d'une pénible ablation des amygdales. Un amour compliqué! Elle reprend le travail en 1958, avec deux films tournés aux Etats-Unis, qui font un flop. Le succès ne reviendra plus. Elle disparaît ensuite pendant quelques années, passant le plus clair de son temps au Maroc en compagnie du prince héritier. Ainsi, en ce milieu de l'année 1960, non seulement Etchika est enceinte mais, selon ce qui est rapporté au souverain, elle se bercerait d'illusions et se verrait déjà reine! Mohammed V se doit, lui, de veiller au respect des coutumes de la dynastie alaouite. Il tente de ramener son fils à la raison, menace de le destituer au profit de son jeune frère Moulay Abdellah.»

Dalle nous fait découvrir l'esprit canaille d'un jeune prince héritier, dont l'ambition s'est d'abord exprimée par des accommodements avec une vie oisive et délétère.

Comme sa petite arnaque à l'assurance sur une automobile américaine dont il prétend le vol, alors qu'il était en quête d'argent facile durant l'exil de la famille royale à Madagascar sous le Protectorat:

«A Madagascar, comme au Maroc ou ailleurs, les besoins d'argent du prince héritier sont permanents. A la fin du mois de juin 1955, une superbe Buick importée du Maroc par le sultan est volée à Tananarive. Curieusement, le prince l'avait assurée quelques jours auparavant auprès de la compagnie Descours et Cabo. Très rapidement, il se rend dans la capitale malgache et réclame à la compagnie d'assurances la somme de 1,8 million. Il demande en outre que les papiers établis ne fassent état que d'un remboursement de 1,1 million. Pour quelle raison? Parce que, comme il le déclare un peu plus tard, "cette différence me permettra ainsi de régler quelques dettes". "Le prince, conclut l'auteur de cette note, a évidemment demandé à la personne qui a bénéficié de ses confidences de faire preuve de la plus grande discrétion, notamment vis-à-vis des membres de sa famille.»

Ou encore ses goûts de luxe, lorsqu'il exige de la France un petit pactole pour se payer un hélicoptère et deux aéronefs:

«Dirigé par Si Bekkai, proche de la famille royale, le gouvernement marocain propose, début juillet 1956, d'offrir un avion au prince impérial à l'occasion de son 27ème anniversaire. Convaincue des bonnes dispositions du prince à l'égard de Paris, la France se résout, au mois de septembre, à lui offrir un hélicoptère. Mais, sans doute trop inconfortable ou bruyant, l'engin ne suffit pas au bonheur du prince. Le 30 octobre 1956, il envoie un émissaire au conseiller financier de l'ambassade de France pour lui demander confidentiellement 120 000 dollars… afin d'acheter deux avions.»

Farceur de mauvais goût

Sa farce de jeune monarque lorsqu'il décide de droguer les femmes de notables lors des festivités de son intronisation:

«Peu de temps après avoir pris le pouvoir, Hassan II se rend à Fès, la capitale spirituelle, afin de sacraliser son intronisation. C'est l'occasion des grandes festivités. Après celui des hommes vient le jour consacré aux réjouissances réservées aux femmes, toujours en présence du roi. Les épouses des ministres, des dignitaires du royaume, des ambassadeurs des pays arabes, des notables de haut rang partagent les joyeuses agapes avec les membres de la famille royale. A la fin du repas, on amène le gâteau du roi, une monumentale pâtisserie. Bientôt, toutes ces femmes sont prises de malaises, vomissent, s'agitent, convulsent dans ce que le docteur François Cléret qualifie de "manifestations de délire onirique".
"Ce furent, se souvient le vieux médecin, deux journées épouvantables. Les épouses des ambassadeurs arabes étaient compromises… Le gâteau était drogué. Je me débattais seul au milieu de deux cents femmes! Il a fallu qu'avec mon chauffeur nous dévalisions le plus discrètement possible les pharmacies de Fès pour récupérer un antidote à base d'atropine et tous les contre-poisons disponibles. C'est Hassan II qui était à l'origine de cette malheureuse initiative, et il ne pensait pas que cette grosse farce prendrait une telle ampleur. Je commençais à découvrir le nouveau roi.»

Francophile de culture… et de sang?

Féru de culture et d'histoire, il connaissait bien celles de l'Hexagone, dont il évoquait volontiers devant ses interlocuteurs les grandes figures, émaillant ses phrases de citations empruntées à la littérature française, maîtrisant parfaitement son image cathodique. Une bonne part de la fascination qu'exerça Hassan II tout au long de son règne tient à ce mélange de culture dont il avait hérité et dont il sut jouer avec un art consommé. Arabe et musulman lorsqu'il régentait les affaires intérieures du royaume; pur produit de la France dès lors qu'il avait affaire à des Occidentaux, il était, de ce point de vue, une sorte de Janus.

Mais ce que révèle Dalle est que son biculturalisme assumé tient autant de son éducation que de sa probable filiation secrète:

«Une confidence faite par Mohammed V à son ami le docteur François Cléret ajoute un élément étonnant à la biographie de Hassan II: si l'on en croit le médecin français, la grand-mère paternelle de Hassan II aurait été d'origine française. "A la fin de l'année 1955, quelques jours après son retour au Maroc après vingt-sept mois d'exil, Mohammed V m'a confié un secret: "La joie profonde que je ressens aujourd'hui d'être au milieu de mon peuple, me dit-il, est un peu assombrie par la mort de ma mère, Lalla Yacout, la veille de mon retour au pays. Cette femme, que j'ai beaucoup aimée, a eu une grande importance dans ma vie. Aujourd'hui, je vais vous faire une révélation. Ma mère était française. Elle a été enlevée à la fin du XIXème siècle près de Hyères, en Provence, par les derniers barbaresques de Tunisie, qui l'ont revendue aux pirates de Salé. Finalement, des tribus du Haouz l'ont offerte à mon père, Moulay Youssef". Une fois monté sur le trône, poursuit le médecin, le jeune sultan a donné à sa "mère" des conditions de vie décentes. Toute sa vie, y compris à Madagascar où il n'avait pu l'emmener, il est resté en contact avec elle. Grâce à elle, le sultan parlait un bon français et, s'il avait recours à un interprète ou s'exprimait volontairement dans un français approximatif, c'était pour donner le change à ses interlocuteurs français ou pour gagner le temps de la réflexion". Mohammed V n'a plus jamais évoqué sa filiation avec son ami médecin. Hassan II était-il au courant de l'existence de cette ascendance étrangère?»

Un César oriental, cynique et manipulateur

Le harem, les esclaves du feu, les facéties de potache du monarque amateur de déguisements fantasques, les châtiments corporels… Hassan II a vécu dans un univers étranger au XXe siècle. Il a fait construire des palais dignes des Mille et Une Nuits qu'il a si peu habités, acheté des centaines de voitures de collection qu'il n'a jamais conduites, aimé, courtisé, entretenu des concubines sans compter.

Dans ce monde clos, véritable univers interdit où la justice des hommes n'avait pas droit de cité, le roi, tout-puissant, était capable d'emmurer dans les oubliettes de son palais et dans ses bagnes secrets quiconque lui déplaisait, comme il pouvait anoblir et couvrir de richesses son plus vil esclave.

Encore bambin, Hassan II, alors prince héritier, se complaisait déjà dans son statut de personne sacrée et omnipotente:

«Président d'honneur à l'âge de 4 ans du mouvement scout créé en 1933 à Salé, colonel de la Garde sultanienne à l'âge de 7 ans, le jeune prince a tendance à se prendre un peu au sérieux. De fait, le sultan ne ménage guère le prince: "Mon fils, je t'ai observé tout à l'heure lorsque tu traversais la place devant le palais et que tu tendais ta main à baiser.»

Ce roi, attaché aux traditions d'un autre âge, peut-être le plus puissant d'une dynastie qui règne et gouverne sur le Maroc depuis 1666, a réussi malgré les vicissitudes d'une époque marquée par les troubles à conforter et léguer son trône à son fils aîné.

Un véritable tour de force pour une monarchie dont la pérennité a si souvent été malmenée par les soubresauts de l'Histoire.

Playboy dépensier, il a acquis un sens politique remarquable que seuls les initiés soupçonnaient lorsqu'il monta sur le trône à la mort de Mohammed V, son père.

Coups d'Etat, rebellions tribales, complots à répétition, turbulences identitaires, émeutes sociales, menaces extérieures, épreuves de forces politiques, intrigues sordides; rien n'a pu faire déchoir Hassan II de son piédestal. Le destin n'épargna pas le souverain alaouite, qui, aidé par une chance inouïe —cette baraka des puissants au sang bleu—, réussit à conjurer le mauvais sort. Pourtant, le régime de ce souverain oriental, peu intéressé par l´intendance de son royaume et qui a largement échoué dans les domaines économique et social, a plongé tout un peuple dans les affres de la misère.

Manipulateur habile et cynique manœuvrier, investi d'une triple mission religieuse, nationale et politique, il s´est appuyé toute sa vie sur un terrible appareil sécuritaire, sur l´achat des consciences et les prébendes pour régner. Disparitions, tortures, arrestations arbitraires, violations des libertés ont jalonné son règne et bondé les prisons ténébreuses de son jardin des supplices d'un interminable cortège de bagnards, dont peu purent s'extraire vivants.

Si à son époque, au sein d'un monde arabe régenté par des régimes autoritaires —voire sanguinaires— il avait fini par faire figure de libéral, son bilan institutionnel est caduc en ces temps révolutionnaires.

Soignant son image, Hassan II était très présent sur la scène internationale au temps où l'ordre mondial était favorable aux suppôts du monde libre. Il a très jeune côtoyé les monstres sacrés de la diplomatie mondiale et en conserva le goût jusqu'à sa mort.

Parce qu'il pouvait apparaître comme un des leurs, partageant leurs valeurs, leurs préoccupations, Hassan II a réussi à s'imposer dans le monde occidental comme un chef d'Etat incontournable, notamment sur les conflits qui agitent encore aujourd'hui le Moyen-Orient. A défaut d´être toujours entendu, le Maroc était à ce titre écouté. Et sur ce plan, le royaume ne lui a pas encore trouvé de successeur.

A l'instar de ses piètres alter ego sud-américains honnis par l'Histoire, ce dictateur féroce, champion de l'Occident contre le socialisme tiers-mondiste, a été des années durant promu exorciseur de l'islamisme, le spectre qui hante toujours l'Europe. De ce point de vue, il a même suscité de tristes vocations, à l'image de la dictature policière de Ben Ali en Tunisie qui a usé de cet épouvantail angoissant pour qu'on ne se soucie guère de ce qui se trame en son pays.

Il faut savoir aussi que son règne de 38 ans s'est achevé mieux qu'il n'avait commencé: n'est-il pas, et on l'oublie trop souvent, celui qui s'éclipsa au profit de son fils alors qu'il avait réglé sa succession en desserrant l'étau de son pouvoir absolutiste?

De ce point de vue-là, si le marketing politique n'existait pas, il l'aurait inventé. Un héritage que la propagande actuelle ne lui reconnaît presque pas. Le style du monarque à la fin des années 90, vieillissant, sage, paternel et au regard las, visage buriné, marqué par la maladie, contrastait singulièrement avec celui du beau prince Moulay Hassan, fringant et arrogant, dont Dalle raconte l'intimité, et qui avait succédé, en 1961, à Mohammed V, le père de la nation marocaine moderne.

Le souvenir du jeune roi flambeur et impulsif des années 60 s'est très vite estompé dans les mémoires, tandis que s'imposait à partir du milieu des années 70 l'image de l' «unificateur» de la patrie et défenseur de son intégrité, titre auquel il aspirait pour devenir le continuateur de son père, surnommé le «libérateur» par les hagiographes du royaume.

Le tacticien fougueux, avant tout préoccupé de préserver les privilèges de l'absolutisme royal, s'est mué en stratège soucieux de l'avenir de la dynastie alaouite dont il fut dix-septième souverain. Nul doute que les deux tentatives de régicide auxquelles, grâce à son sang-froid, il a échappé par miracle en 1971 et 1972, ont favorisé cette métamorphose. Hassan II a ensuite compris que la politique est une longue patience. Un combat.

Au soir de sa vie, il était trop avisé pour ne pas avoir conscience des menaces qui guettaient le royaume? et c'est certainement grâce à lui seul que son fils Mohammed VI est aujourd'hui le roi du Maroc.

Mais l'histoire a cette fichue manie de se répéter à l'identique lorsque le courage des hommes se flétrit. C'est pourquoi l'ouvrage de Dalle sur un roi mort au siècle dernier est d'une actualité brûlante.

Ali Amar

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6. MAROC-NARCO ÉTAT
http://www.tsa-algerie.com/divers/cinq-tonnes-de-cannabis-saisies-a-la-frontiere-marocaine_16519.html

Cinq tonnes de cannabis saisies à la frontière marocaine

AFP

Cinq tonnes de cannabis ont été saisies par l'armée et les garde-frontières dans la région frontalière de Bechar avec le Maroc, a rapporté ce mercredi 13 juillet la radio Alger Chaîne 3. Les narcotrafiquants se sont enfuis face aux éléments de la gendarmerie et de l'arméelaissant derrière eux leur cargaison de drogue.

La route nationale ouest, reliant le triangle Bechar-Abadla-Beni Abbès est prisée des convoyeurs qui y font transiter leur marchandise vers les pays voisins, selon la même source. Le 19 juin, neuf tonnes de cannabis avaient été saisis dans la même région.

Lors de la dernière réunion ministérielle du G8 sur le trafic de drogue en mai à Paris, le ministre de l'Interieur Daho Ould Kabia avait fait état de la saisie annuelle de 64 tonnes de cannabis. Les autorités ont renforcé le dispositif de lutte contre le trafic de la drogue marocaine. Le cannabis est considéré comme source de revenu pour Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi) qui sévit dans la région du Sahel.

13/07/2011 à 18:40

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7. CORRUPTION DU MAKHZEN
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5156095&archive_date=2011-07-27

Lettre d'un cadre marocain marginalisé au roi Mohamed VI: Vous protégez «des escrocs et des malfrats !»

par Salem Ferdi

Si, après le 20 février, le concept de l'allégeance au roi garde encore quelque signification, j'ai le regret de vous informer que, pour ma part, j'ai décidé de rompre toute relation d'allégeance vis-à-vis de vous ». C'est le début d'une lettre adressée par Ahmed Benseddik au roi Mohamed VI, et mise en ligne hier. L'homme est un ingénieur qui a dirigé la société thermo-médicale Moulay Yacoub, filiale de la CDG (Caisse des dépôts) et en a été éjecté après avoir dénoncé la mauvaise gestion et la corruption qui y sévissait. Il a été aussi le concepteur d'une vaste commémoration du 1200ème anniversaire de la ville de Fès. Projet dont il a été éjecté aussi avec l'aval du cabinet royal. C'est tout simplement la révolte d'un cadre marocain en proie au mur du système. Mais sa lettre contient des éléments qui touchent directement le souverain marocain. Pourquoi a-t-il été éjecté du projet de Fès au profit de Saad Kettani, fils de moulay Ali Kettani, fondateur du groupe Wafabank, en qualité de haut-commissaire à la célébration du 1200ème anniversaire de Fès ? La réponse est aussi simple que vénale. « Votre chambellan, M. Brahim Frej, m'a bien expliqué, sans détour aucun, que votre décision de nommer M. Saad Kettan en qualité de haut-commissaire à la célébration du 1200ème anniversaire de Fès était sous-tendue par la docilité dont il avait fait montre lors de la vente de Wafabank à votre holding. Une manière de le récompenser en somme… ».

Soupçons de corruption

La charge est rude. La vente de la Wafabank en 2003 a donné naissance à Attijari Wafabank, hyper-présente dans l'économie marocaine et qui est un des principaux instruments du conglomérat du roi. Car le roi et sa famille sont très présents dans l'économie marocaine et contrôlent de nombreuses entreprises à travers l'Omnium nord africain (ONA) (Attijari Wafabank, première banque du Maroc et la septième en Afrique, etc.) et la Caisse des dépôts, soit le cœur de l'économie marocaine. En mettant en cause les conditions de la cession de la Wafabank, l'auteur de la lettre ouverte jette le soupçon sur le roi et ses proches. D'ailleurs, écrit-il, sans ambages, « dois-je rappeler aussi que votre conseiller, M. Abbès Jirari, avait fait une déclaration retentissante sur les «clous de votre table» et sur ces vautours qui vous entourent et dont l'influence a fini par vous rendre pratiquement dans l'incapacité d'assumer votre obligation d'équité et d'être à même de pouvoir réparer leurs dégâts. Aussi, d'aucuns s'accordent à admettre qu'ils ont, désormais, plus de pouvoir que vous ».

Tuez-moi autant de fois que vous le voudrez !

Ahmed Benseddik révèle aussi que le cabinet royal est intervenu pour maintenir le couvercle fermé dans l'affaire de la station thermale Moulay Yacoub. « M. Abdesslem Aboudrar, président de l'Instance de Prévention Contre la Corruption, a fini par avouer, pour sa part, que le Cabinet royal lui a demandé de ne pas « ouvrir » le dossier Moulay Yacoub ». L'auteur de la lettre reproche au roi d'avoir « protégé des escrocs et des malfrats » et d'avoir abandonné « à leur triste sort, bien avant moi, le capitaine Mustapha Adib qui, comme tout un chacun le sait, a été emprisonné au seul motif qu'il avait dénoncé abus et corruption, et M. Khalid Oudghiri, le président d'Attijari Wafabank, injustement condamné par un appareil de Justice instrumentalisé par votre secrétaire particulier, M. Mounir Majidi, qui tenait à assouvir une vengeance ». Benseddik se dit profondément déçu de « l'injustice du roi ». « J'ai perdu tout espoir de vous voir me rendre cette justice que je ne cesse de revendiquer, à juste titre, depuis… Un contrat ne devient-il pas caduc, donc nul et non avenu, dès lors que l'une des parties contractantes n'en remplit pas, avec entêtement, les obligations » pour expliquer sa décision de rompre toute relation d'allégeance. Le constat politique est tout aussi sévère : «Je suis au regret de constater qu'au terme de votre douzième années de règne votre ligne de conduite est restée désespérément la même ; une ligne de conduite qui consacre l'impunité des lobbys qui menacent grandement, faut-il le préciser ?, l'avenir de notre pays. Un constat que corrobore votre persistance à laisser délibérément la corruption ronger la société et l'Etat. Cette gangrène fait classer notre pays dans un rang peu honorable au titre de l'indice de la corruption ». Le cadre marocain qui s'est retrouvé mis dans la marge accuse le roi d'avoir nui, par son silence et son mépris, à l'avenir de ces enfants et lui annonce qu'il rompt l'allégeance envers lui. « Je me libère de tout lien et de tout engagement à votre égard. Faites ce que bon vous semblera. Tuez-moi autant de fois que vous le voudrez ! Sans vous soucier des conséquences… Comme, malheureusement, cela est dans votre habitude. Paix sur celui qui connaît sa valeur et se soumet à son Dieu ».

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